Mémoires et Plaidoyers, l. VIII, p
2. Registres du Conseil secret du Parlement de Paris, 2 juil- ;let 1173.
(( inexcusable!... L'indécence est à son comble : que « pouvons-nous pour son auteur? Nous pouvons le « plaindre comme hommes, nous ne pouvons plus c( le tolérer comme magistrats. »
Ces conclusions étaient rigoureuses. Elles auraient eu pour résultat de priver le comte de Morangiès de son défenseur en plein procès, en pleine crise. Le Parlement ne voulut pas, ou n'osa pas les suivre. Par son arrêt du 2 juillet 1773, la Cour décida seulement que le mémoire de Linguet serait « supprimé « comme contraire au respect dû aux Gens du Roy, « et que ledit Linguet serait tenu d'être plus circonsc( pect à l'avenir, à peine de radiation ». C'est chargé d'un tel blâme que le défenseur du comte de Morangiès avait dû poursuivre sa tâche, et qu'il avait enfin, malgré les Gens du Roy, obtenu la victoire. Mais tandis qu'il comptait ses lauriers, tout le barreau jurait sa perte, et s'employait à la préparer dans des conjurations dont Gerbier était l'âme.
En ce temps-là, une fort grande dame, qui était aussi une plaideuse acharnée, Mme la comtesse de Béthune, avait à la Grand'Ghambre un procès de famille très embrouillé qu'elle venait de perdre au Ghâtelet.
La comtesse avait affaire à forte partie : elle plaidait contre le marquis de Béthune, le duc de Lauzun et le maréchal de Broglie. Il lui fallait un avocat célèbre pour mener à bien une affaire si difficile : elle confia sa cause à Linguet.