CONCLUSIONS DE M^ DE VERGÉS
phie du moi, la mégalomanie apparaissent ici en symptômes certains et graves.
« Le défenseur du comte de Morangiès», s'écrie Linguet S (( a trente-six ans et demi. Il n'y a pas encore (( huit ans qu'il a eu l'imprudence d'embrasser la « cruelle profession d'avocat.
(( Dans ce court intervalle, il a composé cent dix ce ouvrages, tant Mémoires que Plaidoyers, manus- (( crits ou imprimés. Il n'y a pas eu une affaire qu'il « n'ait examinée, avant que de l'accepter, avec un (( scrupule qui a été plus d'une fois jusqu'à paraître « indiscret. . . . L'année dernière, il a traité à l'audience « ou par écrit, au Ghâtelet ou au Parlement, dixce sept causes. Il en a gagné treize... », etc.
Ce moi est haïssable, et Linguet, dès qu'il fait son apologie, devient lourd, confus, incohérent. Mais enfin, cela n'est point pendable. Qu'y a-t-il, dans cet écrit, dont le Parquet ait pu s'émouvoir si fort?
Des querelles juridiques, avec latin à l'appui; çà et là quelques mots vifs, mais non injurieux.
C'est pourtant sur ces « Réflexions » que le Parquet jeta feu et flamme et décida la perte de Linguet.
Les c( Gens du Roy » prirent des conclusions, et les portèrent, le 2 juillet, à la Grand'Ghambre. M. de Vergés conclut à la radiation.
c( Notre ministère, dit-il -, est aujourd'hui insulté ce outragé de la manière la plus notoire. Maître Lin- « guet a osé faire imprimer des observations contre ce nos conclusions; démarche inouïe, scandaleuse,