‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 185 sur 215 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Mort de Louis XV; bienveillance du nouveau roi et de la reine pour Linguet. — 1. Une lettre de M. de Vergennes. — imprudence du duc de la Vrillière; les deux lettres à d'Aiguillon ; menaces de procès. — Scènes avec JMaurepas. —

II. Linguet journaliste; son traité avec Panckoucke. — Le Journal de politique et de littéralure ; \ennes collaborateurs, Brissot, Mallet-Dupan. — Le censeur Cadet de Senneville. —

III. Rappel de l'ancien Parlement. — Arrêt du 11 janvier 1773 qui autorise Linguet à continuer ses fonctions d'avocat. —

IV. Protestations de l'Ordre; réunions et scènes violentes; le bâtonnier Lambon ; assemblées des députés des Bancs; les quinze griefs. — Supplément aux Réflexions; Linguet est renvoyé à l'assemblée générale de l'Ordre. — V. Assemblée générale; scène du 3 février; émeutes au Palais; la radiation de Linguet est votée par le barreau. — VI. Les variations de « Messire Antoine » ; arrêts contradictoires du Parlement; une agonie d'avocat. — Le plaidoyer de Mme de Béthune. — La Grand'Chambre cède au vœu du barreau; par arrêt du 29 mars 1775, Linguet est définitivement rayé. — Linguet martyr; vers à sa louange; le Pot Pourri de Brissot; étoffes et bonnets rayés. — VU. Retour à la vie de bohème.

Rayé du tableau, et subjugué par une maîtresse ^^L impérieuse, Linguet voyait s'écouler tristement l'an- ^H née 1774, quand éclatèrent de grands événements. ^B Au Palais, le bruit se répand tout à coup que

Louis XV est gravement malade. Le Parlement, anxieux, et se sentant lui-même aussi malade que le roi, s'assemble extraordinairement.

Le mardi 3 mai \ « Messieurs » envoient leur secrétaire, le sieur Vandive, à Versailles pour prendre des nouvelles du roi.

Le sieur Vandive, à son retour, déclare qu'il a été reçu par le duc d'Aumont, « lequel a bien voulu lui c( dire que l'état du roi est meilleur ».

Le 4 mai, M. de la Vrillière, ministre de Paris, écrit au Parlement « que le roi désire que la châsse ({ de Sainte Geneviève soit découverte )).

Aussitôt, (( le Procureur général entendu », la Cour prescrit des prières publiques, et ordonne « que la châsse sera découverte ».

Malgré cela, le 10 mai, on apprend que le roi est mort.

Et avec lui vont entrer au tombeau plusieurs des personnages qui ont figuré dans ce récit : le chancelier Maupeou et tous ses juges, Mme du Barry et le duc d'Aiguillon.

Quant à Linguet, il sent renaître l'espérance. Ne sait-il point que Louis XVI et la reine sont animés à son égard de dispositions bienveillantes?

Le nouveau roi, et cela est connu, goûte très vivement les œuvres de Linguet. Ce goût, on le verra plus loin, ne fera que s'accroître malgré les incartades de celui qui l'a inspiré.

Louis XVI, qui ne lit guère, et dont le cerveau lourd souffre malaisément les besognes intellectuelles,

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