LE JOURNAL DE PANCKOUCKE
(( Linguet, nous dit M. Henry Martin \ son hon- « nête biographe, est le chef du journalisme police tique, non seulement parce qu'il a, le premier, c( donné une publicité périodique aux jugements d'un « particulier sur les affaires de l'État, mais parce (( que nul, jusqu'à ce jour, n'a poussé plus loin que « lui, dans ce genre, le franc parler, le bon sens et (( l'éloquence. »
Aux derniers traits de ce morceau, il faudra plus d'une retouche. Quand nous suivrons à Londres, « à (( l'Ours Blanc, en Piccadilly », l'auteur des célèbres Annales politiques et littéraires, noussiuronsk peindre un Linguet qui a été en effet le bruyant précurseur du journalisme le plus moderne, l'aïeul terrible et peu vénérable des sagittaires de ce temps-ci. Montesquieu n'avait fait que décrire, après Aristote, le système des trois pouvoirs. Linguet a fait bien mieux : il a trouvé le quatrième! Il a fondé cette institution da Journalisme politique avec l'éclat qui convenait à ses destinées dans le monde; il l'a poussée du premier coup aux dernières limites du scandale et de la violence, il a conquis par elle la fortune, l'exil, la. Bastille, douze contrefacteurs, et des légions d'abonnés.
Par le journal, comme on le verra dans la seconde partie de cette étude, Linguet fut un grand semeur d'idées, le plus hardi et le plus intelligent « des aven- « turiers de lettres, bons à tout faire et à tout dire »,