‹ Un avocat journaliste au 18e siècle, LinguetChapitre 24 sur 215 · LE FANATISME DES PHILOSOPHES · texte numérisé non relu

LE FANATISME DES PHILOSOPHES

« casques et les cuirasses des gardes, on distinguait « le petit manteau des stoïciens et la barbe pointue « des cyniques. Les cabinets furent bientôt déserts. « Chacun se hâtait d'apporter à la cour des instruc- (( tions chèrement payées, et ces mains, occupées « auparavant à manier le stilet et le compas, ne s'ou- (( vrirent plus que pour recevoir des présents, ou « pour en solliciter. »

En résumé, les philosophes de tous les temps sont une engeance pernicieuse, qui tend à détruire la ({ favorable ignorance» et, parla, l'obéissance qui est la vertu des républiques. Il n'est jamais utile d'éclairer les hommes, dit Linguet: quant aux souverains, s'il faut absolument leur donner quelque instruction, qu'on se garde de confier ce soin à des hommes de lettres illustres!

Ils feraient tous comme cet usurier de Sénèque, qui fabriqua Néron de toutes pièces, et qui poussa le cynisme jusqu'à écrire un Traité sur la clémence pour ce monstre qu'il avait couvé!

Tout cela parut insupportable à Grimm. Il fut terrible pour la brochure, qui avait paru sans nom d'auteur. Quelques-uns l'attribuèrent à Gresset.

« J'ai peine aie croire si plat », déclara Grimm *.

Linguet ne répondit pas aux attaques; il était absorbé par la composition d'une tragédie en cinq actes sur la Mort de Socrate ^

Quelle fureur d'écrire chez un homme qui vient de renoncer aux lettres! Les vers, comme la prose, coulaient sans effort de sa plume vertigineuse. Au

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