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ulcération qui atteint jusqu'aux muscles, à bords taillés à pic.
L’épithélium a disparu à quelque distance sans aucune prolifération papillaire : le derme avoisinant est très congestionné. Les capillaires sont dilatés avec nombreux leucocytes presque tous à type de polynueléaires. On y relrouve des macrophages en circulation.
L'endothélium y est légèrement proliféré. Il n'existe pas de lésions d’artérite. Le fond de l’ulcération est constitué par le muscle. à
Par places, on observe des îlots de sclérose autour d’une artériole qui présente une irritation de l’endothélium en voie de desquamation, sans qu'il y aitépaississement de l’endartère. Les débris du fond de l’ulcération sont constilués par des leucocytes polynucléaires le plus souvent altérés et aussi par de nombreux éléments chromatiques étirés, le tout tendant à faire avec le tissu interstitiel une coloration foncée un peu sale par les colorants basiques. Les zones mortifiées ont une vague ressemblance à une caséification, mais sans altération des noyaux qui conservent leur coloration.
Il existe quelques mastocytes de petite dimension dans lesquels les granulations sont rarement égrenées au dehors.
En définitive, dans ces ulcérations, on trouve un infiltrat abondant mais peu profond s’arrêtant au tissu musculaire. On y voit souvent des bacilles de la gangrène dans la couche superficielle de l’ulcération. IT n'existe pratiquement pas de lésion d’artérite; dans un seul cas nous avons trouvé des lésions notables des artérioles, mais le malade (obs. V) avait eu primitivement des lésions purpuriques, puis des lésions bulleuses et enfin gangréneuses ; nous pensons donc que ces lésions d’artérite sont antérieures aux lésions produites par le germe qui nous intéresse ; dans tous les autres cas, il a été impossible de meltre en évidence des lésions nettes d'artérite.
2° EXAMEN HISTOLOGIQUE DES ORGANES. — Foie. — Dans les autopsies des malades morts d'infection gangréneuse, nous avons toujours constaté des lésions hépatiques importantes avec des zones de congestion à lype à la fois périportal et périlobulaire, ainsi qu'une dégénérescence graisseuse marquée.
Sur le lapin mort d'infection expérimentale, le foie est violem-
ment congestionné, il existe une dilatation énorme des vei sus-hépatiques qui sont gorgées de sang: la congestion porte également sur les veines portes et sur les capillaires ; il existe de l'hépatite parenchymateuse. Les cellules hépatiques sont
, F16. 9. — Taches pigmentaires dans la rate d'un lapin mort quinze jours après l’inoculation d'une culture virulente. Grossissement : 220.
envahies par une série de grains colorés par la /thionine.
Rate. — La rate du même lapin montre la pulpe rouge encombrée de macrophages (cellules endothéliales desquamées) chargés de pigments sanguins. Ces macrophages sont de forme quadrilatère ; ils possèdent un noyau rond et clair avec quelques
LAS grains de chromatine et un nucléole. Le noyau est quelquefois réniforme et les cellules sont soudées au nombre de 2 ou 3 bout à bout donnant l'impression d’une travée hépatique. On peut même trouver des plages de 4 ou 5 cellules formant un carrelage et, à la périphérie, on voit les cellules endothéliales de la pulpe rouge un peu hypertrophiées. ;
Certaines commencent à se charger de pigment. Le pigment lui-même est répandu dans le protoplasma sous forme de granulations bien rondes (fig. 9). Il est de couleur brunâtre. Il s’agit certainement de pigment sanguin (pigment ocre). Le tissu intermédiaire est légèrement scléreux.
Quant aux glomérules de Malpighi, ils ne sont pas modifiés ; leurs cellules sont un peu augmentées de volume ; on ne voit aucun dépôt pigmentaire.
Dans ces capillaires sanguins il n'existe que de rares lymphocytes et pour ainsi dire pas de globules rouges, tant ces cellules pigmentaires les encombrent. Dans ces lésions il y a des vacuoles rondes de volume variable qui résultent vraisemblablement de l'évacuation de grains pigmentaires.
Les bacilles paraissent rares, et sont presque tous phagocytés par ces mêmes éléments.
L'examen des poumons et des reins ne montre pas habituellement de lésions importantes.
SÉROLOGIE
Nous avons préparé des immunsérums de lapins par des méthodes diverses dans le but d'étudier les agglutinines, les anticorps spécifiques par la réaction de déviation du complément et enfin le pouvoir anti-infectieux.
Ces sérums ont été préparés soit avec des cultures chauffées une heure à 60°, soit avec des cultures tuées par addition de formol à 3 p. 1.000. Chaque lapin a reçu 6 injections intraveineuses à cinq jours d'intervalle; les 4 premières injections ont été de : 1/4 de centimètre cube, 1/2 cent. cube, 1 cent. cube et 1 cent. cube de cultures tuées; les 2 dernières ont été faites avec 1 cent. cube de culture, en bouillon de vingtquatre heures de bacilles vivants.
I. AGcLurinarions. — Les agelutinations ont été faites par la méthode macroscopique, d’une part avec le sérum de malades atteints de gangrène cutanée, d'autre part avec le sérum d’animaux spécialement préparés. Habituellement, nous observons les résultats obtenus au bout d’une heure d'étuve: quand ces résultats ne sont pas nets, nous laissons à l'étuve pendant quatre heures et à ce moment nous considérons les résultats comme définitifs.
Nous n'avons pas trouvé d’agglutinines spécifiques vis-à-vis du bacille de la gangrène cutanée dans le sérum de malades atteints d'infection gangréneuse (obs. IL et VI).
Chez le lapin, le pouvoir agglutinant du sérum est souvent très élevé; ordinairement il atteint le 1/2.000 ; un sérum préparé avec la souche IT agglutinait même le microbe au 1/20.000.
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