I. — Lésrons MACROSCOPIQUES
Nous avons pu praliquer quelques autopsies de malades morts de septicémies dues au bacillus gangrenæ cutis et nous avons pu étudier ainsi les lésions locales et générales produites par ces infections. Localement le processus gangréneux et ulcéreux s'arrêlait en général aux couches superficielles et n'atteignait jamais profondément le tissu musculaire. Les vaisseaux sousjacents semblaient macroscopiquement indemnes : en somme, l'anatomie pathologique permet de confirmer le diagnostic clinique : ce processus gangréneux reste superficiel : il s'étend à la peau en surface, mais pas vers les plans profonds : il ne semble pas s'accompagner de lésions importantes d’artérite. Dans un cas (obs. IIT) de maladie de Duhring avec ulcération et gangrène des lésions bulleuses, nous avons trouvé à l'autopsie un très gros ganglion iliaque rempli d’un pus mal lié d'odeur fétide.
Les lésions des organes sont relativement discrètes : en aucun point on ne note de processus hémorragiques. Dans l’observation I, il existait des lésions considérables de glomérulo-néphrite, mais l'atteinte rénale avait précédé de longtemps la gangrène.
Les poumons et le cœur étaient peu altérés : il n'y avait pas de lésions valvulaires; l'aorte était normale.
Souvent le foie et la rate sont un peu augmentés de volume ; mais, ce qui frappe surtout à la coupe de ces deux organes, c'est l'aspect noirâtre qu'ils présentent d'une façon presque constante ; cel aspect est en tous points identique à celui du foie et de la rate d'animaux morts d'infection gangréneuse expéri-
splénique, se montre à un examen plus approfondi non pas uni-
mentale. Cette teinte noirâtre, surtout nette à la coupe du tissu
forme, mais répartie en des zones d'inégale étendue séparées par des zones de tissu à peu près sain, surtout au centre de l'organe.
MM. Milian et Delarue ont trouvé dans une autopsie identique le bacille dans tous les organes: cœur, foie, rate, pancréas, reins.
LS
IT. — MicROSCOPIQUEMENT.-
Nous avons étudié de nombreuses lésions gangréneuses par biopsie, par prélèvement de tissus sphacélés au cours des autopsies, enfin sur les animaux qui ont servi aux expériences.
Dans tous les cas nous avons fait, en plus des colorations usuelles (hématoxyline, éosine-orcéine), des colorations à la thionine ou au Gram et des imprégnations à l'argent pour chercher à mettre en évidence les spirilles. Nous n'avons d’ailleurs pas pu mettre en évidence de spirilles dans le fond des ulcérations par ce procédé, dans les cas où l'examen de la sérosité à l’ultra-microscope avait été négatif.
4° Lésrons LocaLes (obs. III). — La coupe a été faite à cheval sur la région ulcérée et la peau normale.
A distance de l’ulcération, dans le derme papillaire il existe une dilatation capillaire surtout à type lymphatique (peut-être en rapport avec des lésions érysipélateuses surajoutées).
L'endothélium vasculaire est proliféré, quelques rares capillaires sont dilatés. Le tissu conjonctif intermédiaire montre des cellules hypertrophiées et proliférées. Les vaisseaux capillaires des papilles sont tous très dilatés et ont des parois à tendance scléreuse.
En approchant de l'ulcération, ces lésions augmentent de nombre et d'importance.
Dans le derme profond, quelques vaisseaux sont un peu volumineux. Mais en somme nulle part il n'existe de lésions d'artérite allant jusqu’à l’oblitération. Les lésions de périartérite sembleraient un peu plus importantes.
Le fond de l’ulcération est marqué par un infiltrat considérable. À un plus fort grossissement on ne voit pas de microbes.
LÉSIONS LOCALES EXPÉRIMENTALES CHEZ LE LAPiN (fig. 8). Si nous comparons maintenant ces lésions à celle de la
Fic. 8. — Infltration massive au voisinage de l'ulcération produite sur la peau du lapin, quinze jours après inoculation de culture virulente. Absence de lésions d’artérite. (Photo Jeantet.) Grossissement : 90.
peau d'un lapin mort quinze jours après l'inoculation d'une culture pure de bacilles (souche 'IT), nous voyons une