‹ Un bacille des gangrènes cutanéesChapitre 26 sur 27 · AGO M · texte numérisé non relu

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cultures ont donné une teinte très légèrement verdâtre..

Nous avons également cultivé le bacille dans le milieu suivant pour chercher s’il ne pouvait pas récupérer un pigment fluorescent :

Succinate d'ammoniaque (en grammes) . . . . . 3 Phosphate de potasse, RS A TON 5 Sulfate de magnésie, ET ET PE 2,5 Eau, en centimètres cubes. . . . . . et DE 1.000

Aucune des souches n'a présenté de pigment fluorescent, même en additionnant la culture de quelques gouttes de soude.

Par contre, nous avons été frappé de l’odeur qui se dégageait ainsi de la culture et qui rappelait à s’y méprendre l'odeur du B. pyocyanique en culture, ou dans les plaies.

Nous avons cherché également, comme le conseille Launoy, s'il ne s’agissait pas d’un bacille susceptible d’entrer dans l'espèce pyocyanique par les épreuves du sérum antiprotéasique. Les résultats ont été assez inconstants ; cependant, dans quelques cas, les sérums préparés avec des bacilles de la gangrène cutanée et des bacilles pyocyaniques ont empêché le pouvoir protéasique de Ja toxine pyocyanique, alors que d'autres sérums, tel un sérum préparé avec un vibrion septique, ne s'opposaient pas à ce pouvoir (tableau VII).

De tous les travaux bactériologiques ayant rapport aux gangrènes cutanées, il résulte que seul le bacille de Milian permet de reproduire constamment et régulièrement des escarres sur le cobaye et Le lapin.

Ce bacille semble donc bien responsable de l'élément sphacèle dans les diverses lésions observées.

Dans les gangrènes primitives, le bacille peut- “1 mnt seul expliquer toute la pathogénie du processus infectieux? C'est peu probable; il faudrait admettre alors une contamination massive par des bacilles virulents, analogue à celle que l’on réalise artificiellement par l’inoculation de cultures pures sous la peau de l'animal. I1 semble plus probable d'admettre qu’il s'agit d’une infection secondaire à un processus ulcéreux méconnu, de même que dans les gangrènes consécutives à une dermatite ulcéreuse ou bulleuse le bacille de Milian se greffe secondairement sur des lésions préexistantes ; mais là encore il constitue un élément de gravité; il semble transformer en lésion gangréneuse une lésion simplement ulcéreuse, qui peut dès lors s'étendre indéfiniment en surface et qui a peu de tendance spontanée à la guérison.

Un bel exemple de cette évolution est fourni par l’observation V.

Au stade initial de phlyctène, le streptocoque existe seul dans les bulles à l'examen direct et en culture ; au stade de nécrose, il est associé au bacille de la gangrène cutanée.

Ce bacille peut en outre occasionner une septicémie mortelle. Dans les gangrènes génitales, qu'il s'agisse de la gangrène foudroyante telle que l’a décrite Fournier, ou qu'il s'agisse de gangrènes atténuées (tout au moins en ce qui concerne les signes généraux), le bacillus gangrenæ cutis paraît jouer un rôle très important ; il y existe en très grande abondance et il est souvent très virulent. Pour M.-Milian, qui s’est attaché depuis plusieurs années à l’étude de cette question, « la gangrène foudroyante des organes génitaux est une maladie idiopathique due à un germe idiopathique : le bacillus gangrenæ cutis ». Dans les ulcères de jambe, surtout dans les formes qui s’'accompagnent de petites zones sphacéliques escarrotiques, ce bacille existe fréquemment; bien entendu il n'intervient qu’à titre d'infection secondaire, mais il contribue certainement pour une large part à l'évolution lente, traînante, indéfinie, de ces ulcères.

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