‹ Un bacille des gangrènes cutanéesChapitre 27 sur 27 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

1° Le bacille décrit par M. Milian, sous le nom de Bacillus gangrenæ cuts, se rencontre avec une extrême fréquence dans les gangrènes disséminées, primitives ou secondaires, de la peau, dans les gangrènes génitales, accessoirement dans les escarres de causes diverses et dans les ulcères de jambe.

2° Ce bacille est constamment pathogène localement pour le lapin et le cobaye. Par inoculation sous-cutanée de cultures pures, il produit des escarres sèches et noirâtres soit d'emblée, soit après un passage sur l'animal.

3° Le diagnostic en sera basé sur les caractères suivants : coccobacille faiblement mobile, Gram négatif, présentant souvent une coloration bipolaire, porteur de cils très longs et flexueux. En bouillon, il donne des cultures abondantes extrémement fétides. Sur gélose, ensemencé dans l’eau de condensation, il grimpe jusqu’en haut de la surface inclinée en vingtquatre heures. Anaérobie facultatif. Fortement protéolytique, en général, il liquéfie la gélatine et digère le lait. I attaque toujours la gélose glucosée tournesolée, ainsi que la gélose glycérinée, et reste habituellement sans action sur la gélose lactosée tournesolée. Il ne donne généralement pas d’indol. Il

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n’est pas hémolylique ir vitro, mais il est hémolytique in vivo. La gélose au rouge neutre est fragmentée et décolorée ; la gélose au plomb noircit. Enfin le pouvoir pathogène expérimental, par la reproduction d’escarres, constitue un gros appoint au diagnostic.

4° Par ses caractères culturaux, ce bacille doit être rapproché du groupe des B. proteus. Si par certains caractères, en particulier par le pouvoir pathogène expérimental, il présente des AHIOGIES avec le groupe des B. pyocyaniques et fluorescents, il n'en reste pas moins vrai qu'aucune souche n'a pu fournir de pigment bleu, ni même de pigment fluorescent; il semble, par conséquent, impossible de l’assimiler à un P. pyocyanique. 11 s’agit donc bien vraisemblablement d’une variété de B. proteus. Peut-être peut-on admettre un de ces nombreux cas de transformisme microbien, ce germe constituant une forme de transition entre ces deux groupes.

Les agglutinines et les sensibilisatrices sont habituellement rigoureusement spécifiques, propres à la souche envisagée et ne permettent pas de tirer des conclusions pour le diagnostic de l'espèce, ni même pour l’individualisation de races sérologiques. Les épreuves de neutralisation croisée sont également négatives.

5° Ce bacille doit être considéré la plupart du temps comme un germe d'infection secondaire, mais souvent responsable, à lui seul, de l'élément gangréneux des lésions qui, vraisemblablement, en resteraient au stade ulcéreux sans son intervention surajoutée. :

Lorsqu’il est très virulent, il peut provoquer des septicémies mortelles.

° Expérimentalement, la neutralisation du pouvoir infeclieux peut être obtenue par un sérum spécifique préparé soit avec des microbes tués par chauffage, soit avec une culture formolée.

1 Les données expérimentales, en conformité avee les résultats thérapeutiques observés en clinique, ont montré que,

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même en l'absence de toute infection spirillaire suraJoutée, l’arsénobenzol intraveineux a une action empêchante sur le développement de la gangrène cutanée et une action curatrice sur la gangrène constituée par neutralisation de l’action du bacille précédemment décrit.

Vu : Le Président de la. Thèse,

Ch. ACHARD.

Vu : Le Doyen de la Faculté, H. ROGER.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l'Université de Paris,

S. CHARLÉT Y.

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