SCÈNE SIXIÈME
HENRIETTE
C’est à le battre! Mais pourquoi moi plutôt qu’une autre?
. - LUCIE, se levant.
Tu vas le savoir, et c’est ici que je dois implorer toute ton indulgence.
HENRIETTE
Comment ! il y a donc eu autre chose?
Oui!
HENRIETTE
Quoi?
LUCIE
C’est difficile à dire...
HENRIETTE
Mais parle... parle donc... tu me fais une peur!
LUCIE
Eh bien...
HENRIETTE
Eh bien?...
LUCIE
Au moment où je montais en voiture...
HENRIETTE
Il est capable d’y être monté avec toi ?...
LUCIE
Non... mais comme je l’aperçüs à deux pas de moi, caché derrière une draperie du vestibule, voulant égarer ses soupçons...
HENRIETTE
Ah ! mon Dieu ! c’est mon adresse que tu as donnée au cocher?
LUCIE
Juste!
HENRIETTE
Il n’y a que les honnêtes femmes pour compromettre ainsi leurs amies! Et lu crois que je le pardonnerai?
LUCIE
Je l’espère.
HENRIETTE
N'v compte pas.
LUCIE
Je l’en prie, ma bonne Henriette!
HENRIETTE
Nous verrons... mais à une condition absolue.
LUCIE
J’y souscris d’avance.
HENRIETTE
Tu conçois que mon amnistie ne saurait s’étendre jusqu’à M . de Marsac.
Je le le livre tout entier... sauf les yeux. N’y touche pas... Je les aime !
HENRIETTE
J'ai la faiblesse de te faire cette concession ; cependant il do>t être puni. 11 a péché par fatuité; c’est dans sa fatuité qu’il fau* l’atteindre.
LUCIE
Ne sois pas trop cruelle.
HENRIETTE
Quoi que je dise, ne me démens pas. Songe à ses yeux. Est-ce convenu?