SCÈNE ONZIÈME
colonne Vendôme, les charrettes de foin, le danger d’épouser les veuves, le refus d’arborer la cravate blanche...
RENÉ
Mais Gaston ne refuse plus, tout au contraire.
Oui ; il accepte, parce que je lui ai dit que c’est avec ma tante qu’il a coqueté chez les Barny... Mais lorsqu’d apprcndia qu’elle n’a pas quitté Nice, il recommencera à croire que c’est moi qui me suis jetée à son cou..- et alors...
RENÉ
Comment ! Une femme s'est jetée au cou de Gaston? et il a soé...
* LUCIE
Calmez-vous, monsieur de Tavenay : celte femme, c’est la sienne.
RENÉ
Vous, Madame?
LUCIE
Moi, en personne.
RENÉ
Et il ne vous a pas reconnue?
LUCIE
Il m’a fait cet affront.
HENRIETTE
L’affront qu’il m’a fait, à moi, est autrement grave, et j’estime que le châtiment n’est pas en rapport avec l’offense.
LUCIE
Tu lui liens toujours rigueur ?
* KCnè, 'Lucie, Henriette.
HENRIETTE
J’ai moins de miséricorde que loi, ma chère, cl tu me permettras de lui faire sentir une seconde fois la pointe de mes griffes.
LUCIE
Il est toujours entendu que tu respecteras scs yeux ?
HENRIETTE
Oui, tu les aimes ; on le sait.
) RENÉ
Que comptez-vous faire, Henriette?
HENRIETTE
Je n’en sais rien ; je m’inspirerai du moment, de la situation, de la tournure que prendront les choses.
RENÉ
Chut ! J’entends Gaston ?...
HENRIETTE
Tenez-vous aux écoutes dans une pièce voisine. GesU u n vieux moyen, -mais-il -réussât-loujau rs. L’un et l’autre, vous êtes trop fins pour ne pas deviner ce que vous aurez à dire, et l’instant précis où vous devrez entrer en scène. Allez, et soyez attentifs à VOS répliques. (Lucie et René eortent & gauche.)