SCÈNE DOUZIÈME
GASTON
Donc, si elle est à Nice, elle n’est pas à Paris.
HENRIETTE
Si la logique était bannie des raisonnements humains, t'es dans les vôtres qu’elle trouverait un dernier refuge.
GASTON
Donc, si elle n’est pas à Paris, elle n’était pas au bal.
De plus en plus fort.
GASTON
Donc, si elle n’était pas au bal, elle n’a embrassé personne.
HENRIETTE
D'où vous concluez ?
GASTON
Nous sommes seuls; la présence de Lucie ne nous oblige plus à charger Dotre conscience d’un gros mensonge... •
HENRIETTE
Quel gros mensonge ?
GASTON
Avouez que c’est vous qui m’avez charmé sous le misquo...
HENRIETTE
Alors ce serait moi qui vous aurais mis un baiser au front?... moi qui vous aurais dit : « Je t’aime, Gaston! » En vérité, monsieur de Marsac, vous ôtes un modèle d’impertinence. (eii«
83 1ère.)
* GASTON, «e levant et cherchant à lui prendre la main.
Me refuserez-vous cette petite main que vous m’abandonuiez cette nuit avec tant de confiance?
HENRIETTE, gaiement.
Finissez... ou j’appelle votre femme
GASTON
Depuis quand les incendiaires vont-ils sonner le tocsin cl réveiller les pompiers?
HENRIETTE
Je vous affirme que je ne suis coupable d’aucun incendie.
GASTON
Pardon, Madame, ma tête brûle et c’est par votre faute, votre très-grande faute. Vous cherchez en vain à me tromper ; je vous ai reconnue.
HENRIETTE
Pardon, monsieur; me suis-je démasquée?
GASTON
Non, et pourtant c’était bien vous. Qui donc a cet esprit, cet enjouement, cette grâce souveraine? Et d’ailleurs, c<ltc adresse donnée au cocher : Rue de Varennes, n° 120, n ; erezvous qu’elle soit la vôtre?
Monsieur de Marsac, la patience a des bornes ; la palicnre féminine surtout. Vous me forcez dans mes derniers retranchements... eh bien, vous allez savoir la vérité vraie.
* Henriette, Gaston.