SCÈNE DOUZIEME
GASTON
Ah! enfin!
HENRIETTE
Ne vous réjouissez pas à l’avance. Cet aveu, le ciel m’est témoin que je ne voulais pas le faire; et c’est dans le but charitable de vous l’épargner que j’avais imaginé l’intervention providentielle de la chanoinesse. Futie deux -naau* r -e : «6t-le moindtfrxpüil.faiil choisir... Mais votre insistance incroyable m’oblige à parler. Si je vous humilie, si je vous blesse, ne vous en prenez qu’à vous-même.
GASTON
Dieu bon! Dieu clément! Qu’y a-t-il donc?
I! y a, qu’abusant de ma confiance et de mon sommeil, une personne de ma maison a osé revêtir mon domino et s’est rendue à ma place au bal dont vous étiez l’ornement.
GASTON
Une personne de votre maison?
HENRIETTE
Ma femme de chambre, mon pauvre monsieur de Marsac! Et c’est avec cette impudente créature que vous avez marivaudé une partie de la nuit.
GASTON
Allons donc ! c’est impossible !
HENRIETTE
Prise d’un remords tardif pour un tel excès d’audace, c’est
en m’habillant qu’elle m’a avoué son équipée; et, vous l’avez vu, je suis accourue ici toute affaire cessante.
GASTON
Vous comptez trop sur ma crédulité, Madame ; une femme de chambre ! fi donc !
HENRIETTE
Oh! mademoiselle Justine est une fille d’esprit! Elle lit les chroniques et les romans-feuilletons.
GASTON
Non, je me refuse à croire... *
HENRIETTE
Comprenez-vous à présent l’adresse donnée au cocher? Pour vous, plus encore que pour moi, il importe qu’une telle aventure ne tombe pas dans les petits journaux. Un baiser de chanoinesse passe encore; mais un baiser de femme de chambre ! Vous n’auriez plus qu’à allumer un réchaud de charbon et à vous périr , comme disent les grisettes.
GASTON
Mais qui m’assurera que je ne suis pas encore une fois la dupe de vos inventions?
HENRIETTE
Qui? (Elle se tourne vers la porto de gauche.) René, que j’attends
et qui va venir me rendre compte de la mission que je lui ai confiée.
GASTON
Oui, il y aurait de quoi sombrer sous le ridicule... Si je ne doutais encore.
* Gaston, Henriette.