‹ Un Baiser anonymeChapitre 4 sur 34 · SCÈNE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE DEUXIÈME

RENÉ

Un poème en satin!

Et elle me sied?

RENÉ

A ravir la pensée! — Et pourtant j’en sais une autre qui me plaira davantage, mon cher Gaston.

GASTON

Oh! oh! comment sera-t- elle donc?

RENÉk

Beaucoup plus simple, infiniment moins chatoyante. On l’aura découpée dans la sainte mousseline.

GASTON. . . t

Je ne le comprends pas.

RENÉ

Je parle de la cravate blanche que je viens te prier de vouloir bien me faire l’honneur de nouer à tou cou, le 2 février prochain, à midi très-précis.

GASTON

Qui? moi? j’arborerais une cravate blanche à midi... comme mon notaire? N’y compte pas !

RENÉ

Il le faudra bien cependant, puisque je demande à ta vieille .amitié de me servir de témoin.

GASTON

Tu as une affaire? A que! propos?

n en É.

Tl n’y a aucun duel sous roche, mon ami ; le 2 février est la date fixée pour mon mariage.

UN BAISER ANONYMii

GASTON

Comment! tu songes à te marier, toi, René de Tavenay?

RENÉ

Je ne suis pas chevalier de Malle, mon cher.

GA3TON

C’est sérieux?

RENÉ

C’est officiel.

GASTON

Et tu épouses?

RENÉ

Ta surprise m’étonne. Eh quoi! tu ne devines pas un peu?

GASTON

Ni un peu, ni pas du tout.

Eh bien! j’épouse... Voyons, sois franc; avoue que tu sais le nom de ma fiancée?

GASTON

Sur ma parole, je ne le connais pas.

RENÉ

Connais-le donc alors : madame Henriette de Chailly me fait La faveur de m’accepter pour son mari.

GASTON

Hein! Tu as dit?

Madame de Chailly.

RENÉ

Page 1