SCÈNE SEPTIÈMR
IIENRIETTE.
Le passé a son charme poétique. L'élé de la Sainl-Martin nous donne encore de belles journées.
GASTON, bps.
Que veut-elle dire? A quel été de la Sainl-Marlin Lil-elle allusion ?
HENRIETTE
Puisque vous ne savez rien, ou qu'il vous plaîl de ne rien dire, c'est donc moi qui parlerai.
GASTON, bas.
Je ne peux pourtant pas raconter devant ma femme qu'elle a
mis un baiser sur mon front. (ll prend une chaise et s'assied en face d'Henriette.)
HENRIETTE
Il est étrange, monsieur le hallebardier, que vous n'ayez aucun soupçon de certaine aventure...
• LUCIE
Une aventure?...
Dont tout Paris, vous savez, le fameux tout Paris, s'amusera avant deux jours.
LUCIE
No nous fais pas languir, chère Henriette, j'ai hâte de m'amuser ayant tout Paris.
GASTON
Étant restée, chez vous, qui donc vous a si vile et si bien renseignée, Madame?
HENRIETTE
Ma tante, la chanoincs?e Hermangilde de Beaufauis. qui était de la fêle, malgré ses cinquanie ans sonnés.
GASTON
Sonnés depuis dix ans, tout au moins.
HENRIETTE
Soyez respectueux envers la chanoinesse, monsieur de Marsac; ma tante a toujours eu un fond d'affection pour vous.
GASTON
El je lui en suis reconnaissant comme il convient, Madame. Je m'étonne seulement qu'à son âge...
HENRIETTE
La chanoinesse aime le monde; elle a conserve? une taille élégante ; elle se gante et se chausse coquettement. Je vous assure que, sous le masque et le domino , elle peut encore charmer.
GASTON, bas.
Un aveugle !
HENRIETTE
Ayant rencontré un beau cavalier qu'elle a vu naître, il paraît qu'elle l'a conquis par son esprit toujours jeune, et conquis à ce point qu'on ne s'est pas quitté d'un instant toute la nuit.
GASTON
Voilà un mortel heureux entre tous !
HENRIETTE
Pas si malheureux, vous allez voir. Ravie de trouver tant d'amabilité dans ce grand garçon, qu'elle se souvenait d'avoir fait sauter sur ses genoux, ma bonne tante, on prenant congé de lui, fut saisie d'un irrésistible désir...
GASTON
De le mettre sur son testament?
HENRIETTE
De l'embrasser.