‹ Un baiser anonyme; comédie en un acte et en proseChapitre 16 sur 54 · SCÈNE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE SEPTIÈME

GASTON

Dieu puissant! Et la chanoincsse Hcrmangilde a satisfait ce désir eoupable?

HENRIETTE

Parfaitement.

GASTON, bas.

On s'est beaucoup embrassé cotte nuit! (Haut.) A-t-on des nouvelles de la victime ?

La justice informe. En ailendant , ma tante assure que son baiser a paru faire grand plaisir à celui qui l'a reçu.

GASTON

C'est un brave! Je pense qu'il sera médaillé.

HENRIETTE

Eh! elîl c'est un premier ruban; c'est le commencement d'une brochette... je le lui souhaite sincèrement. Madame de Beaubuis n'est rentrée qu'à cinq heures; et c'est ce matin qu'elle m'a conté son petit roman... le roman d'une chanoincsse !... Nous en avons ri aux larmes chez moi, en déjeunant...

GASTON

Comment, en déjeunant! Chez elle?

HENRIETTE

Chez moi.

GASTON

Madame de Beaubuis demeure-t-elle donc chez vous ?

HENRIETTE

Je lui donne toujours l'hospitalité quand elle vient à Paris.

GASTON

Ah! mon Dieu! Et vous dites qu'elle était à ce bal?,..

HENRIETTE

Où, je vous répète, qu'elle s'est fort amusée.

Sans vous ?

HENRIETTE

■ Eslimoz-vous donc que son litre de chanoinesse et ses cinquante ans sonnés, depuis dix ans, tout au moins, ne lui pernieitcni pas de se produire dans le monde seule et sans le secours d'un chaperon ?

GASTON

Et le nom du mystifié, l'a-l-elle révélé?...

HENRIETTE

Non; mais elle me le dira , et croyez que je n'en ferai pas mystère.

GASTON, bas; il se lève.

C'était la chanoinesse Ilcrmangildc ! Si elle fait des révélations, je n'ai plus qu'à me réfugier à la Trappe !

HENRIETTE, se levant.

Chère Lucie, je vais essayer ma robe de noce, viens-tu avec moi ?

LUCIE , se levant.

Très-volontiers.

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