‹ Un baiser anonyme; comédie en un acte et en proseChapitre 28 sur 54 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les Mêmes, RENE, sortant par l.i porte de gauche et se dirigeant sur la pointe du pied vers la porte du fond par où il est censé entrer .

IIKNRIKTTE.

Ne doutez plus ; voici M. de ïavcnay. Eh bien ! René, quelles nouvelles apportez ?

RENÉ

Chère Henriette, vos ordres sont exécutés; mademoiselle Justine a fait son paquet et déjà elle est sortie de l'hôtel.

II E Ml l E T T E .

René, ayez donc l'obligeance de faire connaître à M. ds Marsac le motif grave qui m'oblige à me priver des services de

celte fille.

RENÉ

Je pense que Gaston me dispensera d'un récit qui lui serait infiniment désagréable.

GASTON

Ah çà !... c'est donc vrai ?

RENÉ

Comment ! si c'est vrai ? Just'ne a eu le front de me donner à entendre que l'amour d'un homme tel que toi est bien fait pour la consoler dans ses disgrâces.

Elle a osé?

* Gaston, René, Henriette.

Je ne serais même pas étonné qu'elle vint te relarfter jusqu'ici.

GASTON

Par exemple !

HENRIETTE

Celte fille est capable des plus grandes extravagances.

GASTON

Ma parole! je me demande si je veille ou si je dors. Ai-je tout mon bon sens? Comment ai-je pu me tromper si grossièrement?

RENÉ

11 devait faire très-chaud à ce bal; i)eut-être avais-tu laissé un peu de ta clairvoyance au fond des verres de punch?

GASTON

Moi ? Les seuls verres de punch qui m'aient été versés, on me les a répandus dans le dos! Que faire? (ii s'assied sur le canapé.)

RENÉ

Il serait peut-être prudent de l'éclipser pendant quelques mois, (il lui prend la main.) Songe à Justine!

HENRIETTE

A votre place, j'irais voir où en est le percement de l'Isthme de Suez. Songez à Justine !

C'est inimaginable; c'est inouï!,. Que diable! je n'ai pas rêvé... je me vois encore : j'étais assis sur un canapé comme

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