GASTON, LUCIE
LUCIE, entrant par la gauche.
Bonjour, mon ami. Eh! quoi, déjà habillé et prêt à sortir?
GASTON
Oui; c'est moi qui ai passé la nuit au bal, et c'est vous qui vous êtes reposée, chère paresseuse.
LUCIE
A quelle heure èles-vous rentré?
• Lucie, Gaston. .
GASTON
A cinq heures.
LUCIE
Si lard! Vous vous ê.es donc bien amusé?
GASTON
Pas du tout; mais vous savez : on reste avec respoir qu'un quart d'heure déplaisir fera oublier les heures d'ennui.
LUCIE
Et voire quart d'heure do plaisir, Favcz-vons eu, Gaston?
GASTON
Ma foi, non.
LUCIE
Ah !... — C'était beau, ce bal?
GASTON
Une vraie cohue. Six cents personnes se coudoyant et s'écrasant; un paradoxe géométrique : le contenant moindre que le contenu.
LUCIE
Beaucoup de jolies femmes ?...
GASTON
Quelques-unes ; mais fort peu de belles épaules. Les belles épaules s'en vont. Est-ce un signe des temps ? Est-ce la faute du système Benling? Il est entendu que les épaules présentes sont exceptées.
LUCIE
'On n'est pas plus galant... Et les costumes? (Eiie s'assied sur i»
canapé à gauche.)
GASTON
Un boulevard Lafayelte superbr», une butte Ghaumont ori- , ginale, plusieurs fusils à aiguille agréables... J'ai sinccro-