‹ Un baiser anonyme; comédie en un acte et en proseChapitre 9 sur 54 · GASTON, LUCIE · texte numérisé non relu

GASTON, LUCIE

LUCIE, entrant par la gauche.

Bonjour, mon ami. Eh! quoi, déjà habillé et prêt à sortir?

GASTON

Oui; c'est moi qui ai passé la nuit au bal, et c'est vous qui vous êtes reposée, chère paresseuse.

LUCIE

A quelle heure èles-vous rentré?

• Lucie, Gaston. .

GASTON

A cinq heures.

LUCIE

Si lard! Vous vous ê.es donc bien amusé?

GASTON

Pas du tout; mais vous savez : on reste avec respoir qu'un quart d'heure déplaisir fera oublier les heures d'ennui.

LUCIE

Et voire quart d'heure do plaisir, Favcz-vons eu, Gaston?

GASTON

Ma foi, non.

LUCIE

Ah !... — C'était beau, ce bal?

GASTON

Une vraie cohue. Six cents personnes se coudoyant et s'écrasant; un paradoxe géométrique : le contenant moindre que le contenu.

LUCIE

Beaucoup de jolies femmes ?...

GASTON

Quelques-unes ; mais fort peu de belles épaules. Les belles épaules s'en vont. Est-ce un signe des temps ? Est-ce la faute du système Benling? Il est entendu que les épaules présentes sont exceptées.

LUCIE

'On n'est pas plus galant... Et les costumes? (Eiie s'assied sur i»

canapé à gauche.)

GASTON

Un boulevard Lafayelte superbr», une butte Ghaumont ori- , ginale, plusieurs fusils à aiguille agréables... J'ai sinccro-

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