NARCISSE, ADOLPHE
ADOLPHE , entrant ai>ec précaution par la droite. En vérité, je tremble comme un enfant.». On n'est pas plus embarrassé que moi...
NARCISSE, Voici du monde.... il n*est plus tems...
ADOLPHE. Tenir au bal sans y être invité, c'est bien audacieux!... Je donnerais tout au monde pour rencontrer quelqu'un de mes amis...
NARCISSE . J'ai flâné trop long-tems î . . .
ADOLPHE , le regardante Un jeune homme!., je ne le connais pas.... C'est dommage !..
NARCISSE. Comme il me regarde... Tachons de m'esqui ver...
ADOLPHE, s'a^ançant. Monsieur, mille pardons de vous retenir... Auriez-vous la bonté de me dire s'il y a déjà beaucoup de monde au bal ?
NARCISSE. Mais oui, monsieur... j*ai vu entrer pas mal d'individus des deux sexes.
ADOLPHE, à part. Tant mieux.. . ma présence sera moins remarquée..,
NARCISSE, de même. Il ne me connaît pas !. . (Haut.) Monsieur, j'ai bien l'honneur...
(Il veut s''en aller.)
ADOLPHE. D'après ça, monsieur... la soirée promet d'être agréable.... le jeu et la danse sont sans doute fort animés ?..
NARCISSE. Mais dam !.. il paraît qu'ils s'en donnent là-bas... On les entend se démener depuis ici...
ADOLPHE. Ils font bien... car on ne s'amuse pas toujours au bal...
NARCISSE. Moi , qui VOUS parle.... j'en suis la preuve ; d'abord je ne me sens pas à mon aise...
ADOLPHE. Je ne m'étonne plus si vous ne dansez pas...
NARCISSE. J'étais venu dans un but plus élevé... non pas que je sois l'ennemi de ce délassement.... J'aime à gambader comme un autre... mais ça dépend du local.
ADOLPHE. Du local ?. . Qu'entendez-vous par là ?
Air du Pic'ge. ' Il me semble qu'on danse ici
Comme partout...
KAIXCISSE.
Gc sont d'aut<es allure»^
LE MAGASIN THEATRAL
Je dois vous avouer aussi Que je n'connals pas les figures; Ça pourrait s'gâter et je crain 'De m'exposer à quelqu'impertincnce...
Je pars , et si je m''en vais soudain , C'est justement pour éviter la danse , C'est afin d'e'viter la danse.
ADOLPHE. Comment , vous partez déjà !
NARCISSE., C'est plus prudent... surtout chez des gens de la haute volée !.. .
ADOLPHE. Ma foi , monsieur , j*en Suis fâché ; entre jeunes gens , on agit sans façon... et si vous restiez , je réclamerais de vous un léger service. . .
NARCISSE. Un léger service î ( A part, ) Est-ce qu'il voudrait se faire mettre des papillottes?... ( Haut, ) Parlez, monsieur, si la chose est de mon ressort...
ADOLPHE. Olî!... moins que rien!...
Vous savez comme il est désagréable d'arriver seul au milieu d'une société... Tous les yeux se fixent sur vous...
NARCISSE. Oui... c'est embêtant !...
ADOLPHE. Tandis qu'à deux... enfin , si cela ne vous dérange pas trop , je vous prierais d'entrer avec moi dans la salle du bal?. .
NARCISSE. Pour ça... je suis désolé de vous refuser... impossible ! j'ai bien l'honneur...
ADOLPHE. Impossible ! et puis-je savoir?
NARCISSE. J'ai mes raisons... D'abord, j*ai peur qu'il n'y fasse trop chaud pour moi I
ADOLPHE. Si vous n'avez pas d'autres motifs ?
NARCISSE. C'est un motif de santé qui n'est pas indifférent !
ADOLPHE. Soyez tranquille!... il doit y avoir des fenêtres ouvertes !
NARCISSE. Des fenêtres!... raison de plus !. . . au rez-de-chaussée, passe encore ; mais au premier, c'est très-malsain.
ADOLPHE, à part. C'est jouer de malheur., je m'adresse justement à un original de première force...
NARCISSE, à pari. Ce jeune homme me fait l'effet d'un intrigant.-