SCENE X
NARCISSE , BLAVEAU , arrivant par le fond, ADOLPHE.
BLAVEAU. Que de monde!... quelle foule !... c'est charmant!... Ali! ah! deux jeunes gens qui se reposent déjà !...
NARCISSE , à part. Encore un nouveau !.. j'ai flâné troplong-tems...
BLAVEAU. Pardon , messieurs , vous causiez?... Chacun s'amuse à sa manière ,
c'est trop juste !... mais je vous prévieria qu'on troublera bientôt votre solitude... les salons se remplissent tellement que les quadrilles vont refluer jusqu'ici.
NARCISSE. On va danser ici ?.. {A part.) J'ai flâné trop long-tems..,
BLAVEAU. C'est une aimable cohue !.. je
suis fâché que ce pauvre Darville ne puisse
jouir du coup-d'œil... il serait enchanté !..
ADOLPHE. Comment, M. Darville?
BLAVEAU. Né vous ai-je pas dit qu'un
accès de goutte le clouait dans son fauteuil ?
ADOLPHE. Non, j e l'ignorais... ( ^/?«r^.)
C'est bon à savoir. . .
NARCISSE , à part. Ah ! le bourgeois n'y est pas !. ..
BLAVEAU. Je n'ai pas de peine à le remplacer... c'est presqu'un bal de famille... Par malheur les dames sont en majorité ! il n'y a qu'elles qui s'en plaignent... mais elles manquent de cavaliers. . . On en voit de charmantes qui sont obligées de faire tapisserie... Je vous en avertis dans votre intérêt. Deux jeunes gens comme vous doivent secours à la beauté malheureuse ! NARCISSE. Monsieur !... vous êtes trop honnête.
ADOLPHE. Dès qu'il s'agit de rendre service aux dames , je n'hésite pas.
BLAVEAU. Très-bien.. Et vous, monsieur?
NARCISSE. Oh! moi, c'est différent... je m'en priverai.
BLAVEAU. Comment! lorsque votre ami vous donne Texemple...
NARCISSE. Mon ami ! mon ami!., permettez donc?., (///e tire à V écart.) Vous savez que dans les bals, il y a comme ça des gens qui se faufil ent..^'^ Etes- vous bien SLir de ce particulier ?.. * *
BLAVEAU. Parbleu ! je le connais peutêtre mieux que vous !
NARCISSE. Ca ne m'étonnerait pas... j'ignore complètement ses noms , profession et domicile...
BLAVEAU. Vraiment! . . c'est un secrétaire d'ambassade.
NARCISSE. Ah ! bah î BLAVEAU. Un diplomate fort distingué.
NARCISSE. Un diplomate !.. ( /^ part. ) Moi qui le prenais pour un intrigant.
BLAVEAU , s approchant d'Adolphe. Allons , messieurs , je compte sur vous ; ne perdez pasdetems... ne laissez pas échapper les plus jolies danseuses... Moi , j'ai affaire... vous pardonnez...
ADOLPHE , le retenant. De grâce , monsieur, encore un mot... (// le tire à Vécarti) Serait-il indiscret de vous demander quel est ce j eune homme ?/sa conversation est si bizarre , que je serais curieux...