CHOEUR
LES DANSEURS et DANSEUSES , arrivant.
Air :
Accourons tous , Et plaçons-nous , La contredanse
Commence ; Oui , dans ces lieux Plus spacieux Nous danserons beaucoup mieux.
[Les couples se sont mis en place ; // en manque un pour compléter la contredanse. )
i'Lt]SiEURS VOIX. Un vis-à-vis ! un visà-vis I
NARCISSE, accourant a^ec Camille. Voilà, voilà !.. (// se place sur le devant de la scène à droite , en face de Tokembourg et de la baronne,) Au milieu de ce monde-là , je ne sais pas trop sur quel pied danser... - 1
TOKEMBOURG , à la baronne. Eh bien I madame , vous amusez-vous ?
LA BARONNE. Puisque vous êtes avec moi !
TOKEMBOURG. Je ne comprends pas le mot...
.' NARCISSE, Art5 à Camille. Mademoiselle, prenez ce billet,, .
CAMILLE. Monsieur!
NARCISSE. De Ta part de mon ami Adolphe.
CAMILLE. Adolphe!...
(Elle prend le billet et le cache.)
NARCISSE. Lisez... je pars du pied droit !
( Ils vont en avant deux avec la baronne , et parlent tous deux à part en dansant.)
LA BARONNE , apercevant Narcisse. O ciel ! . . .
NARCISSE , voyant la baronne. Ah ! mon Dieu!...
LA BARONNE , toujours en dansant. C'est Narcisse!
NARCISSE. C'est elle!... c'est parfaitement elle !
LA RARONNE , retournant à sa place et balançant. Comment se trouve-t-il ici ?
NARCISSE , de même. Quel coup du hasard ! ri n
TOKEMBOURG. Allons, Camille, a nous
deux!...
(Il va en avant deux avec Camille.) NARCISSE , à part à sa place. Fifine ici ! Fifme au sein du luxe et de l'opulence I.. . LA BARONNE, de même. Je ne reviens pas de ma surprise...
NARCISSE. Pourvu qu'elle n'aille pas trahir ma position sociale...
LA BARONNE. Peut-être ne m'aura-t-il pas reconnue ?
CAMILLE, à Narcisse. Moiisicm, à vous à balancer î
NARCISSE , sortant de sa rêoerîe. Pardon I 11 balance en faisant des entiechats ; pendant la figure précédente , Blaveau est entré , et a circulé parmi les danseurs ; en ce moment il se trouve près de Tokembourg, et lui parle pendant la ritournelle de la figure suivante.) BLAVEAU. Bravo , bravo , mon cher baron ; danser avec sa femme , c'est exem-
ques qui passent dâtts l'autlé salon \ je ne trouverai plus rien.
BLAVEAU. Suivez-moi , je vous ferai servir particuhèrement... Que désirezvous ?.. du punch ?
TOKEMBOURG. Oui... c'est une idée lumineuse... Décidément, baronne, vous ne ?
connaissezle cavalier
plaire ! . . .
TOKEMBOURG. Dites-iuoi ! . .
vous ce monsieur , vis-à-vis.
de ma nièce?...
BLAVEAU. Beaucoup... c'est un de mes amis... un jeune procureur du roi...
TOKEMBOURG. Un procureur du roi !.. il danse bien haut pour un homme qui tient au parquet...
LA BARONNE, àson mari. Attention, monsieur !
TOKEMBOURG. J'y suis !...
(11 la conduit en face pour la figure de la pastourelle.)
NARCISSE, allant en cwimt trois avec la baronne et Camille. Fifiiie I
LA BARONNE. Taisez-vous !
NARCISSE. Il faut que je vous dise deux mots.
LA BARONNE. Après la contre-danse.
NARCISSE. Suffit... attendez-moi.
T0KE3IB0URG , allant en avant seul. On dirait qu'il parle bas à ma femme.
(La contredanse s'achève, et quand elle est terminée, d'.'s domestiques paraissent portant des rafraîchis- 5emens. Tous les danseurs, excepté Tokembourg , se précipitent vers les plateaux, et sortent peu à peu en suivant les domestiques.)
TOKEMBOUUG , à sa femme. y{M.diàdL\\\e , prenez-vous une glace ? ^^
LA BARONNE. IVon, mon ami, pas encore... mais ne vous gênez pas pour moi. Je vais rester ici quelques instans... j'ai un mal de tcto affreux.
TOKEMBOïJRG^Moi , c'est différent ; j'ai besoin de nie rafraîcliir , n'importe avec quoi... Pourvu qu'il en reste, car on se jette dessus,.. Tenez, voilà les domesti-
venez pas ^
LA BARONNE. Ne VOUS ai-jepasdit qu un
mal de tête ?..
TOKEMBOURG. C'est vrai... encore une
indisposition... Allons boire du punch... (11 sort avec Blaveau par le fond.)