SCÈNE XVII
NARCISSE, CAIVIILLE, ADOLPHE.
CAMILLE , entrant à gauche. Ah ! vous voilà, monsieur Adolphe?
ADOLPHE. Combien il me tardait de vous voir, ma chère Camille... mais je n'osais vous approcher... la baronne était là.
CAMILLE. Vous la craignez donc beaucoup?
NARCISSE. Je crois bien... après ce qui s'est passé !
CAMILLE, Quoi donc?
NARCISSE, à pari, sur un signe (T Adolphe. J'allais dire une bêtise.
CAMILLE. Je me'suls échappée pendant
qu'elle causait avec M. Blaveau * elle
ne songe pas à moi.
ADOLPHE. Et votre oncle?
CAMILLE. Mon oncle est à l'écarté ; mais
j'ai peur qu'il n'y reste pas il joue si
gros jeu, que personne ne veut faire sa partie.
NARCISSE. C'est qu'il en a des jaunets I
ADOLPHE. C'est fâcheux... il pourrait nous surprendre , et j 'ai tant de choses à dire!
vous
NARCISSE
Oui» c'est vexant.
ADOLPHE. Il faudrait quelqu'un qui puisse lui tenir tête... Ehl j'y pense, vous, mon cher ami , rendez-moi encore ce service.
NARCISSE. Moi ! jouer contre un banquier... Si j'étais sûr de gagner , ce n'est pas ça qui m'arrêterait.
ADOLPHE. Qu'à cela ne tienne ! les pertes seront pour moi... j'entends bien les supporter.
NARCISSE. C'est déjà bon... Mais voyezvous , comme disait l'Allemand , les fonds sont bas... avec caque j'ai oublié de prendre de la monnaie que j'ai chez moi...
ADOLPHE , lui donnant son portefeuille.
Que ne parliez-vous!.. voici mon portefeuille ; vous y trouverez deux billets de cinq cents francs... Prolongez le jeu le plus long-tems possible , et surtout ne perdez pas de tems.
NARCISSE. Je ne veux rien perdre du tout... et l'Allemand n'a qu'à bien se tenir.
Air : Sans être belle , on est aimable*
;^Om, je vais lui livrer bataille, J' véaidrais le mettre sur U paille , J' voudi;^is , au moyen d'un brelan , Lui fair' déposer son bilan, [bis.)
^ Fifiu' , redoute ma colère !
S' venger d'un mari , c'est très-bien ; Je plum'rai ton époux , ma chère !
Ah ! je le tiens ! [bis.) Aux maris je déclare la guerre , Fifin', je vais plumer le tien!
Ah! je le tiens!
[Il sort virement par le fond.)