ACTE HK SCÈNE H
beaucoup réfléchi depuis hier sur votre situation , et je crois avoir mis le doigt sur la plaie.
PIERRE
Moi aussi , Madame ; tout le mal vieut de mon oisiveté*
MADAME BERNIER
C'est le cas de dire que les boaux esprits se rencontrent; je' suis cliiiiuu^e de n'avoir à prêcher qu'un converti. Pui>que nous nous entendons si bien, je vous annonce sans autre préauibule que vous partez demain pour la Touraine.
Pi£AR£, itonoë.
Pour la Touraine ?
MADAME DERNIER
Oui, J'ai là des propriétés et tout ce qui s'ensuit, c'est-à-dire un procès. Vous verrez mon avoué à qui vous remettrez mes pièces; puis vous terminerez quelques a ilaires en souffrance que je vous expliquerai sans être bien sûre de les comprendre moimême... Vous en aurez pour trois semaines au plus.
PIERRE
Trois semaines! Mais, Madame, vous n'y pensez pasi Je n'ai pas
troig semaines à perdre. «
MAD.VMi: BEKNIER.
Qu'avez-vous donc de si urgent?
Nous ne nous entendions pas du tout : c*est de la science que je compte faire et non de la procédure.
MADAME BBRNPBR.
C'est une très-bonne idée que j'approuve fort. Vos travaux
scientifiques seront im excellent fonds d'occupation. Mais chaque chose en son temps. Allons d'abord au plus pressé. J'ai de gros intérêts en2:a?és dans ce procès, quand je dis j'ai! je devrais dire nous avons; car après tout, mon bien est le vôtre, en espérance.
PIERRE
Oiil Madame 1
• MADAME BERNIER
C'est le mot Vous ne l'auriez pas inventé, je le sais, mais enfin c'est le mot. Je suis fâchée que celte petite expédition dérange vos projets, 'mais qui lecrea, guerre a, et naturellement c'est vous que la guerre regarde.
PIBHRE.
Il est vrai ; mais mu présence Ik-bas est-elle indispensable?... Je m'entends peu en affaires.
MADAMK BLRMER.
Vtuis vous y entendez toujours autant que moi, et si vous ne pouviez pas aller sur les lieux, c est moi qui serais obligée...
PIBRRE.
Je n'insiste plus... Mais je vous avoue que ce départ me contrarie au dernier point... Mon idée me talonne depuis hier, il me semble que je touche à la solution de mon problème; si ce voyagé pouvait se retarder de huit jours seulement. '
MADAIIE BERNIBR.
Impossible, mon cber. Vous n'aurez' pas trop de trois semaines pour tout ce que vous averà faire, et le cardme commence dans quinze jours. •
PIBHRE.
Eh bien! plaider n*est pas faire gras.
MADAME BKRNIËH.
Oubliez-vous que nous dcxons tMre à Rome ii Pûques?
' • PIERRE, •tupé&at.
A Rome ?
MADAME BF. UMER.
Je ne \ ous apprends rien de nouveau, ce rtie semble. Nous devions partir à Noël; ma santé nous a retenus; mo voici rétablie, fouette cocher! N'étes-vous pas curieux de voir l'Italie?
PIERRE
Très-curieux; mais enfin... passe pour les voyages d'affaires, mais les voyages d*agrémentl...
MADAMB BBRNIER.
Celui-là est presque une clause de votre contrât ! Ma fille y tient au delà de toute vraisemblance, et nous ne pouvons pas voyager seules peut-être ?
PIBRRB,
Sans doute, Madame... mais quand nous renverrions à un an...
MADAME BBRNIBR..
Que les hommes sont imprévoyants! Pourrons nous quitter Paris Tan prochain? J'espère bien que non. Piiofitons vite du tem|)s où je ne suis pas grand' mère. Voyons, ne faites pas la moue!... Vous n'êtes pas bien à plaindre do faire un voyage charmant.