ACTE III, SC-ÈNE IX
Oui, Monsieur; mais je vous demanderai d'abord un moment d'entretien.
PIN&PLRY.
A moi, Comte, deux mots... de quoi air dé Cid vous me dites cela ? •
LA PALUDE
Si je suis de trop...
PIXr.OLEY.
Tu l'eu iras.
Non: ce que j'ai à dire n';> rien (W <rvvr\. Jo suis votre obliiré. * Monsieur; vous m'avez niaiic et diins le monde» où vous m'avez introduit, vous c^tes le seul en (jui j'aie trouvé de la bienveillance: . mais h» service nu^^me (pie vous avez voulu me mndre. m'a. eivé des devoirs (jui prennent le |>ns sur In reconnaissiuice. Le premier est de \ eiller de près ii la considération d(» ma nouvelle famille. Or, depuis six mois vous faites à madame Dernier une cour si assidue, qu'elle aurait at)outi si elle devait aboutir ; mais madame Bernier déclarait encore hier qu'elle ne voulait pas se remarier: elle le déclare partout et tout haut, et devant cette intimité dont le seul but avoué est de ne pas s'épouser, vous^onoevez que le monde commence à gloser.
PINGOLET, regardant La p.Uiide.
. A glousser, vous voulez dire.
Un pareil état de choses ne peut pas se prolonger sans préjudice pour la réinitaliun de ma belle-mèr(* H la mienne. J'(»n appelle à vous-même : si votre meilleur ami vous mettait h son insu dans la position ditïicih* oij je me trouve, ne prendriez-vous pas votre . courafîo à deux mains pour le [)rier de suspendre des \isites, dont le moindre inconvénient serait de vous faire accuser d'une complaisance inqualifiable?
PIISGOLEY.
Je vois ce que c'est : on vous a rapporte de misérables cancans. . (a La painda) As-tu déjeuné, Jacquet? (a wwn) Mais je vous trouve un peu bien prompt à me signifier mon congés et cette reconnais^nce dont vous me parlez, aurait peut-être dû cbercber d'abord un autre remède à ce prétendu mal.
PIERRE
Je serais cliai me, pour nui i)arl, que ma
' LA P ALUDE.
Qu est-ce que vous diles donc?...
PIERRE
Mais je ne l'espère pas. Cependant, pour en avoir le cœur net, si vous voulez lui poser la question... ^
Voilà que voua mollissez à présent....
p I N G O L li \ .
Décidément, Alfred, vous êtes de trop.... .
LA p ALUDE.
Je sais bien qu'à la place de M. Chambaud ...
PIKGOLEY. V
De quoi te mèles^tu? .
LA PALUDE
' .Vous veulent la perdre, pour avoir à la sauver, çaais je dévoile partout votre odieuse tact i q u e.
PINGOLET. . ^
Eh bien, h la bonne heure, finissons-en avec notre vieille amitié... il y a assez longtemps que nous nous détestons.
• LA PALLDE.
Vous jetez eniiu votre masque.
PI^GOLIY.
Si tu pouvais en faire autant de ta ligure 1
LA PALVDE.
Monsieur de Roche Pingoley?
pingoley'.
Alfred !
LA PALUDE
Nous verrons de nous deux lequel prête le plus au ridicule.
PINGOLEY.
Ce sera tôt vu, à la faççn dont il te rembourse. •
LA PALUDE. X
Je ne vous suivrai pas plus longtemps sur co terrain-là. Les quolibets ne sont pas de ma compétence. — M. Chambaud, prenez garde de donner raison au. mot de la petite veuve, (n iort.)