‹ Un beau soir: comédie en un acte, en versChapitre 4 sur 10 · GAMELLE · texte numérisé non relu

GAMELLE

Considérez, sans que ça vous confonde, Que je vous fais beaucoup d'honneur, mon pauvre ami. Vous qui quittez le quart de monde ou le demi, è^ Vous montez vite en grade. On ne le dirait guères. Les doux poètes, vos délicieux confrères, Se damneraient pour moins, les braves gens!

HORACE

Hélas!

CAMILLE

A peu de chose près, vous êtes mon Ruy Blas.

8 UN BEAU SOER

** ^ HORACE

Je tomberais de haut si je n'étais par terre.

CAMILLE

Je languis avec vous et chez rooi l'on m'enrerre. Vous pouvez vous moquer et faire le lézard.

Moi veuve,

HORACE

Quel détail!

CAMILLE

Ne devant qu'au hasard Mes rares plaisirs, si je veux être la muse D*un poètç', c'est pour qu'en échange il m'amuse Un peu, rien qu'un petit peu, un tout petit peu. Je suis triste.

HORACE,

Le cïel est gris,

CAMFLLE,

Le ciel est bleu»

HORACE, ^

Est gris. , *^ ^

CAMÏLLE,

Est bleUj parbleu l Tant pis les psychologues!

HORACE

Je ne sais m chansonnettes ni monologues,

UN BEAU SOJR

Sans quoi j'eusse épousé déjà pour leur bonhelir La fille d'un banquier, la sœur d'un raffineur,

CAMILLE

Quel honneur! - —

* HORACE

J'étais fait pour vivre k la Chartreuse.

CAMÏLLB.

Bon, Nous romprons deniain. Je suis trop malheureuse. Autant rester assise entre mes grands-parents Et faire le bonheur de mes vieux soupirants,-. Vengez-moi, je vous ai pris pour me faire rire., *

En sanglotant.

Faites*moî rire!

'horace.

Sais pas.

Il rêve.

Voir, penser, écrire.

Lfsyeux Tourné î v^rs h fond- du décor,

VoiSj lesoîeii incandescent' Derrière rhortïon descend j L^horiion, c*est la ligne rouge^ La plaine s'étend loin, loin, loin, ^

Ça sent bon la terre et le foin, Tout soupire^ mais rien ne bouge.

Pour avoir le droit de pader 11 faudrait d*ailleurs s'en aller.

* ' Ma foi, ce beau jour qui s'achève

Est admirable, tellementj Que je ne saurais décemment Rire ou sourire. AlorSj je rêve*

CAMILLE

C'est )t>li;*pui& c'est tout. Cueillons des fleurSj cueillons*

HORACE

Vos mains cueillent des fleurs et mes yeux des rayons,

CAM I LL Ej h secùuanî jusqu'à ce (juil se relève,

,Hopï Levez-vous. Hop! nous reviendrons tout à Theure, C'est donc moi Jean qui rit et c'est vous Jean qui pleure.

Elle fait quelques pas.

Des insectes dorés effleurent les ruisseaux.

Des oiseaux?

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