PROCÈS-VERBAL DE GUERISON MIRACULEUSE À
STE-ANNE-DE-BEAUPRÉ (Pièces des Archives du Séminaire de Québec)
Je soussigné François Michel LeVeyer prétre faisant les fonctions curiales clans la paroisse de Ste-Anne du Petie Cap, en la côte de Beaupré certifie que le vingt et trois octobre l’an mil six cent quatre-vingit dix-neuf, Jean Salois fils de Claude Salois et de Anne Mabille ses père et mère habitant de la paroisse de St-Laurent en l’Isle d’Orléans fut blessé d’un coup de hache que lui donna par mégarde François Olivier son beau-frère en coupant tous deux un même arbre et qui portant dans le genou lui coupa aussi le gros tendon du dedevant du genou que plusieurs muscles qui y répondent firent retirer et les Sirurgiens qui lui pansèrent la plaie, à savoir le Sieur La vimodière du Chateau-Richer et le Sieur Belle- Isle de Québec ne pouvant recoudre ce tendon coupé qui s’était ainsi retiré lui ayant cependant fait refermer la plaie, cet homme se trouvait ainsi estropié pour le reste de ses jours à cause que la jointure du genou n’étant ni retenue ni arrêtée par ce gros tendon les os de la cuisse et de la jambe se séparaient l’un de l’autre lorsqu’il voulait lever la jambe sur la quelle il ne pouvait aucunement peser et depuis que la plaie s’était fermée le genou s’enflait le
jour et désenflait la nuit et il ressentait de grandes douleurs et sur l’heure même qu’il fut blessé s’étant voué à Ste-Anne qui est honorée dans la dite église il fit dire à son honneur dix messes d’abord que le temps lui a permis de venir lui-même s’acquitter de son vœu, il s’est fait apporter sur ces lieux où il est arrivé le premier de mars l’année suivante mil sept cents et ayant été reçu chez le sieur Lessard voisin de la dite église pour faire une neuvaine à l’honneur de cette grande sainte, dès la première nuit, il se trouva délivré de toutes ses douleurs qui lui faisaient auparavant pousser de fréquents cris durant la nuit et le rendaient fort incommode à ceux avec qui il était dans la même chambre. Il commença la neuvaine le premier mardi du carême second jour de mars se confessant et communiant dans la dite église de Ste-Anne qu’il continua de fréquenter avec beaucoup de foi et de persévérance et priant presque toutes les iournées entières jusques au second lundi du carême huitième jour de mars le soir qu’il voulut voir s’il y avait quelque amendement, il se trouva qu’il marchait sans bâton ni béquille sur quoi l'on m’envoya quérir et Dieu qui voulait augmenter la confiance que les fidèles ont en la protection de Ste-Anne permit que Madame de Champigny Intendante du Canada et Monsieur le Chevalier de Champigny avec Monsieur Sarrazin, médecin, vinssent de Québec
en pèlerinage dans la dite église le lendemain neuvième du mois pour être autant de témoins irréprochables du miracle opéré sur cet homme par l’intercession de Ste-Anne, car Monsieur Sarrazin fort expert en la connaissance des blessures aussi bien que des maladies ayant visité la plaie du blessé en présence de Madame l’intendante, de Monsieur son fils du sieur Fessart et de sa femme et des quelques autres qui s’y trouvèrent et l’ayant interrogé sur l’état où il avait été après sa blessure, après l’avoir ouï dit qu’il était estropié et que la guérison n’aurait pu se faire naturellement de quoi il m’a promis une atestation authentique c’est ce qui m’obligea d’inviter les paroissiens d’assister le lendemain dixième jour de mars le second mercredi du carême à la messe que nous chantâmes en action de grâces d’une guérison si miraculeuse et le pèlerin ayant communié avec plusieurs autres, monte luimême en présence des assistants dans une échelle pour pendre sa béquille aux murailles de la dite église pour servir de monument du bienfait qu’il avait reçu En foi de quoi, j’ai soussigné ce présent certificat avec d’autres témoins soussignés, savoir Guillaume Morel, François Caron, Dupont,* les autres témoins ne sachant signer.
(signé) Guillaume Morel, François Caron,
et plus bas est écrit :
Dupont,
François Le Veyer,
prêtre indigne
J’ai soussigné Samuel Lecomte dit La Vimondière chirurgien confesse avoir vu le dit blessé cy dessus nommé dès le commencement de sa blessure en l’estât qu’il est spécifié sans toutefois l’avoir aucunement médicamenté... Fait au Château-Richer ce quatorze mai 1700.
(signé) S. Lecomte avec paraphe.
EXTRAIT DE LETTRES DE L’ABBÉ TREMBLAY DU SEMI¬ NAIRE DES MISSIONS ÉTRANGÈRES DE PARIS AUX MESSIEURS DU SEMINAIRE DE QUEBEC
(Pièces des Archives du Séminaire de Québec)
Du 1er mai 1699 :
“...J’étais bien résolu, si nous eussions eu un nouveau gouverneur, de le prévenir en faveur de M. Sarrazin. Mais comme nous avons M. de Callières M. Sarrazin me mande que Sil est gouverneur, il espère que ses affaires iront bien. Nous 11e nous sommes pas comtenté de cela. M. de Brisacier a écrit très fortement et parlé ensuite en ma présence deux fois de M. Sarrazin à M. de la Touche qui
nous a paru être très bien disposé pour lui et nous a promis de le favoriser en tout ce qu’il pourrait. Si l’on n’obtient pas cette année quelque chose pour lui, il est hors de doute qu’étant recommandé l’année prochaine par le gouverneur, l’Intendant, l’Evêque, les Communautés, il n’obtienne ce qu’on demandera pour lui
28 mai 1702 :
“...Quoique M. de Brisacier ait appris par la lettre de M. de Pontchartrain qu’il 11’avait pu rien obtenir pour M. Sarrazin, cependant nous avons lu sur l’état qu’il y était couché pour 600 livres. C’est donc 300 livres d’augmentation ”.