L-\ BISAÏEUL
fants : le premier, Jean, baptisé le 2 mai i568 à Saint-Eustache; le second, Antoine, né vers 070, et le troisième, une fille nommée Agnès qui naquit vers 1572. Nous n'avons pas relevé les actes de naissance de ces deux derniers enfants, mais l'existence d'Antoine nous a été révélée par le baptistaire d'un de ses fils (i), de même que d'après le contrat de mariage du père de Molière, on voit qu'ilest hors de doute qu'Agnès était bien la fille de Guillaume. La veuve de son fils Jean y assiste, en effet, en qualité de tante du conjoint par son mari et par conséquent comme belle-sœur d'Agnès Mazuel, mère dudit conjoint (2).
En tant que musicien, Guillaume, qui fut delà corporation des Ménestriers, ainsi que nous l'avons dit, ne paraît pas avoir joui d'une plus grande réputation que son frère. Cependant , il est possible qu'il ait eu
(i) Antoine Mazuel, dont la profession est ignorée mais qui n'était pas musicien toutefois, car nous l'aurions indiqué sur nos notes, avait épousé ^lichelle Grenier, Ils firent baptiser un fils, Jacques, le 8 octobre 1597, à Saint-Germain-l'Auxerrois.
(2) Voy. Kud. Soulié, Recherches sur Molière, in-8M863, pp. 12, 128 et i3o.
de plus que lui le titre de Musicien du Roi, si, comme nous le pensons, c'est de lui qu'il s'agit dans l'acte mortuaire de Perrette Lemesureux. Cet acte, daté du 5 juillet 1612, indique que la défunte habitait rue de la Lingerie, et qu'elle était « Veuve de Guillaume Mazuel, Violon du Roy. p II est toutefois difi&cile de se prononcer sur ce musicien^ et de dire s'il est ici question d'un Guillaume frère de Jean, d'Antoine et d'Agnès, ou d'un de leurs cousins fils d'Adrian, ou si encore ce Guillaume ne serait pas plutôt le mari de Claude Mechaine, devenu veuf et remarié en secondes noces avec Perrette Lemesureux. La qualification de Violon du Roi, qui lui est donnée dans cet acte, semble devoir faire pencher vers cette dernière hypothèse, car son fils Jean, musicien lui aussi, ne prenant le titre de Violon du Ptoi que vers 1602, on peut supposer que c'est à la mort de son père qu'il fut appelé à lui succéder à la Cour. Mais une certaine expérience nous ayant appris que les inductions les mieux raisonnées ne résistent pas à la découverte inattendue de deux ou trois mots insérés dans un document authentique, "nous n'insisterons pas davantage.
Ih UN BISAÏEUL
Quoi qu'il en soit du reste, et laissant en suspens l'identité du mari de Perrette Lemesureux, il est certain que Guillaume Mazuel, joueur d'instruments, époux de Claude Mechaine, fille de musicien, suivant les apparences, est bien le uisaiell dl MoLiERL. En effet, sa fille Agnès se maria le II juillet i594 avec Ikan Poouelin. porteur de grains et marchand tapi^ier demeurant rue de la Lingerie. Ces époux Po(^i elin-Mazlki eurent de nombreux enfants dont l'aîné, venu au monde vers iSgS, appelé Jean, lui aussi, épousa Marie Cressé le 27 avril 1621. Enfin, on sait que le premier né de cette union, baptisé à Saint-Eustache le i5 janvier 1622 et nommé Jean, comme ses père et grand-père , prit plus tard le nom de .Ikan-Haptisti. Molière, qu'il devait illustrer à tout jamais.
Jean Poquelin-Mazuel mourut en avril 1626, mais sa veuve, qui lui survécut plus de dix-huit ans, eut le bonheur de voir grandir son petit-fils,
La lecture de l'inventaire des meubles, livres et autres objets divers, au milieu desquels vécut Marie Cressé, la mère de Molière, donne jusqu'à un certain point une
idée de son caractère et de ses habitudes, et fait entrevoir, sans trop d'exagération hypothétique, quelle put être son influence sur l'enfance de son fils; malheureusement nous n'avons rien trouvé qui permette de supposer qu'après la mort de sa bru, l'aïeule paternelle eut, elle aussi, quelque heureuse influence sur son petit-fils. Mais à en juger par le très-grand nombre de fois qu'elle fut marraine de ses petits-enfants, neveux et petits-neveux, on doit croire qu'elle conserva toujours pour les siens une grande sollicitude. Qui sait si, en sa qualité de fille et sœur d'artistes, elle ne se joignit pas à Louis Cressé contre son fils et ne prit pas fait et cause pour le jeune Poquelin, lorsqu'il voulut embrasser la carrière théâtrale?
Agnès Mazuel mourut en juillet 1644, c'est-à-dire l'année d'après l'entrée de Molière au théâtre (i).
(i) La cérémonie de son enterrement se fit à Saint- Eustache le 12 juillet et l'inhumation au cimetière des Innocents. L'acte mortuaire ne portait pas les noms des témoins, cependant Molière, qui devait être à Paris à cette époque, y assista très-probablement.