LA COMTESSE, LE DOCTEUR ODRU
Le médecin prend les dépêches, les regarde, esquisse un geste de mécontentement , et les met dans sa poche. Pendant ce temps, la Comtesse entre.
LA COMTESSE
Vous montez chez vous, docteur? Vous savez que si vous avez besoin de quoi que ce soit...
LE DOCTEUR ODRD
Non, madame la Comtesse, je vous remercie, je sors, je vais au village.
LA COMTESSE
Je dois moi-même y aller dans une demiheure; j'ai commandé la voiture. Si vous voulez en profiter?
LE DOCTEUR ODRU
Je préfère marcher, madame, j'ai passé la nuit en chemin de fer, le grand air me remettra
tout à fait. J'ai à voir le pharmacien. M. le Comte m'a parlé de votre église qui est très belle. Je la visiterai.
LA COMTESSE
Un mot encore. Vous me paraissez inquiet, nerveux, et cela me trouble. M. de Rocqueville n'est pas plus mal?
LE DOCTEUR ODRU
Non, madame. Rien n'a changé depuis tout à l'heure.
LA COMTESSE
C'est que vous allez me laisser sur une impression très angoissante. En votre âme et conscience, vous vous en tenez toujours à la réponse que vous m'avez faite tout à l'heure, sur l'opportunité de faire venir ou de ne pas faire venir mes fils?
LE DOCTEUR ODRU
Je m'en tiens à la même réponse. Oui, madame.
// va pou?' sorti}'.
LA COMTESSE, le rappelant.
Docteur, je vous jure que ma curiosité n'est ni vaine ni indiscrète. M. de Rocqueville ne vous a rien dit en dehors des choses concernant sa maladie?
LE DOCTEUR ODRU
Madame, je ne comprends pas.
LA COMTESSE
Le Comte ne vous a vraiment rien, rien demandé qui sorte du domaine médical, où vous m'aviez dit que vous teniez à vous enfermer? LE DOCTEUR ODRU, après iiîie courte hésitation.
Non, madame.
LA COMTESSE
Je vous remercie. Puisque je dois aller au village après vous, ma voiture sera à onze heures devant l'église, si vous voulez rentrer avec moi...
Volontiers, madame la Comtesse, je vous remercie. . .