‹ Un cas de conscience; pièce en deux actesChapitre 6 sur 15 · AN · texte numérisé non relu

AN

Mais non. Même on dirait que ça va un peu mieux. Ça l'a comme ravigoté, cet homme, d'avoir un nouveau médecin. C'est drôle, pas? Il a voulu se lever. Je l'ai mis dans un fauteuil à roulettes. Il voulait s'habiller, ils l'ont empêché, ils ont eu tort. Pour moi, il n'est peut-être pas si malade que ça. Tu le verrais, dans son fauteuil, il a son air d'autrefois.

BERNARD

Ça ne sig^nifie rien avec des gaillards comme lui. Il a de ça, le patron! Qu'est-ce qu'ils disent les médecins?

JEAN

Hum! Des boniments : «Vous irez mieux.

Prenez courage. Ce n'est rien. Vous guérirez, " Ils bavassent, quoi! Faut bien qu'ils gagnent leur argent.

BERNARD, haussant les épaules.

Puisque les maîtres coupent dedans...

JEAN

Pas lui. Si tu l'avais entendu comme moi, qui disait au médecin de Paris : « Faites-moi vivre seulement jusqu'à demain, je vous tiens quitte du reste. »

BERNARD

c'est ce qu'il ne cessait pas de dire au médecin d'ici. Pourquoi demain, toujours demain?

JEAN

C'est parce qu'il attend toujours ses fils. fSe montrant le fro?it .J C^ est de là qu'il est malade, tu sais, car enfin, s'il était si tellement en danger que ça, Mme la Comtesse les aurait fait venir, ses fils. C'est même extraordinaire qu'ils ne soient pas encore venus.

BERNARD

Et si elle aime mieux qu'il ne les voie pas?

JEAN

Elle? Pourquoi?

BERNARD

Pourquoi? Parce que les mourants, quand

10 UN CAS DE nONSCFENCE

ça (léménafje, ça dit des choses... C'est comme moi, maintenant, tiens ! Je ne suis pourtant pas mourant... Oh! les docteurs! Je vais avertir Mme la Comtesse.

Us sortent.

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