‹ Un cas de conscience; pièce en deux actesChapitre 8 sur 15 · LE DOCTEUR CD RU · texte numérisé non relu

LE DOCTEUR CD RU

Je ne crois pas qu'il y ait un danger immédiat, madame. Il y a une rémission évidente dans les symptômes.

LA COMTESSE

Mais l'avenir? (Silence du docteur.) Vous ne répondez pas, monsieur. Vous avez tort. Je ne suis qu'une femme, mais j'ai du courage. Je sais regarder en face les situations, d'autant plus qu'il peut y avoir ici, pour moi, un devoir à remplir envers mes enfants. J'ai trois fils, monsieur. Tous trois sont loin.

LE DOCTEUR ODRC

Vous ne les avez pas encore prévenus de la maladie de leur père?

LA COMTESSE

A moitié. Naturellement, s'il y avait un danger imminent. . .

LE DOCTEUR ODRU

En mon âme et conscience, je ne crois pas à un dang^er imminent. . .

LA COMTESSE, conime soulagée.

Alors vous ne pensez pas qu'il soit de mon devoir de les appeler immédiatement?

Gela vous reg^arde, madame. Je n'ai pas d'opinion là-dessus. Je suis médecin, je vous donne un avis de médecin. Je ne suis pas infaillible. M. de Rocqueville peut passer ce soir, comme vous et moi d'ailleurs. Il peut être encore ici dans quinze jours, dans un mois. Encore une fois, c'est à vous de décider ce que vous devez, dans ces conditions-là, faire vis-à-

vis de vos enfants. Cependant je dois, comme médecin, ajouter encore ceci : l'état de M. de Rocqueville peut s'aggraver très dangereusement par la moindre contrariété. Si donc il vous demandait de faire venir ses enfants. . . LA COMTKSSK, vivement.

Mais il ne me l'a pas demandé.

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