‹ Un cas de coscience comédie en trois actes et en proseChapitre 33 sur 57 · XI. DE VARNA · texte numérisé non relu

XI. DE VARNA

De mon secrétaire , oui , de ce bon et loyal jeune homme... Sais-tu pourquoi il avait changé de nom?.. 11 me l'a dit ce matin : c'est qu'il cherche celui qui a tué son père , et qu'il veut le tuer à son tour...

M. F \ BRIC II s.

Comment ignore-t-il que c'est toi ?

M v DE VARNA.

Il l'ignore... et, grâce au ciel, dans sa famille même on ne l'a jamais su. On y est persuadé que le malheureux Stopfell est tombé sous les coups d’un spadassin... Ah ! que j'ai souffert durant ce fatal entretien... Aussi troublé qu'un coupable devant son juge, je me cachais le visage comme s'il eut pu me reconnaître... Ce n'était que le lils, et il me semblait que je me retrouvais en face du père. 11 fixait encore sur moi ce regard éteint , mais menaçant , où sa haine luttait avec l'agonie... 11 voulait proférer une dernière injure... mais sa voix se perdait dans un flot de sang...

Al. FABRICIUS.

Tu es innocent de cette catastrophe...

M. DE VARNA

N 'est-ce pas ? n’est-ce pas que j’en suis innocent? Hélas! je ne pouvais me conduire autrement, il fallait me battre!.. Ce n’en est pas moins un cruel poids sur la conscience , que la mort d'un honnête homme et le malheur d’une famille!.. Fahricius, ce souvenir a empoisonné toute ma vie! Avec quel scrupule je l'ai interrogée pour y trouver l'explication de ce mystère sanglant!.. mais rien !.. rien !.. Devant Dieu, sur la tète de ma lille, je n’ai rien à me reprocher envers personne... J’ai toujours tâché de vivre comme un homme de bien !..

M. FA bric irs.

Qui en doute?.. Et, maintenant, je vois ce que tu veux faire!., donner ta fille h ce jeune homme...

M. DE VARNA

Oui! pour apaiser le cri de ma conscience, pour avoir des nuits tranquilles... pour réparer le mal que je lui ai fait...

M. F A BRIC ICS.

* Le mal fut involontaire!

M. DE VARNA

Mais immense!.. Orphelin dès sa première enfance!.. Y a-t-il un malheur plus grand?

Voyons ! la main sur la conscience , je lui dois une réparation , n'cst-ce pas? Je lui ai ravi son père , c’était ce qu'il avait de plus précieux au momie !.. Eh bien ! je lui donne ce que j'ai de plus cher, ma fille... Je n'ai pas de meilleur moyen de m'acquitter...

M. FAHRICIUS.

Sait-il déjà le Imubeur qui l'attend ?

M. DE VARNA

J’ai compté sur toi pour le lui apprendre!

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