‹ Un cas de coscience comédie en trois actes et en proseChapitre 4 sur 57 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

M"' FA BMC VS.

Vous devez donc m'aider à l'établir convenablement.

m. fabricii g.

Ce cher Président nVt-il pas promis de lui donner sa fille ?

M“* FABRICII. S.

Oui , si sa fille y consent ; c’est-à-dire que cette petite sotte se mariera tout -à -fuit à sa guise, et que si au lieu de Léopold elle veut M. Miller...

M. FABRICIIS.

M. Miller!,, que me dis-tu là?

M“* FABRICIIS.

Je dis qu’il est amoureux de Ni nette , et je me trompe fort si Ninette est indifférente pour lui. Vous avez bien pris votre tcuq>s pour faire son éloge ! Ce petit impertinent ! Au reste, tout ceci est l’ouvrage de M. de Varna qui l’a toujours admis à sa table, dans sa voiture. Quand on a des égards exagérés pour ses gens...

M. FABRICICS.

Ses gens!..

M"* FABRICICS.

Allez- vous prendre son parti ?..

M. FA B R ICI US

Dieu m’en garde!..

M“* FABRICIIS.

Ce n’est qu’un secrétaire , après tout ; sait-on quelle est sa famille?.. Comment M. de Varna l’a-t-il connu?..

M. FABRICICS.

Tu sais que, dans les quelques momens libres que lui laissent ses fonctions, le Président écrit des articles dans la revue de Stuttgard...

m“* F Minimes.

Oui, il est auteur; c'est un travers à joindre à tant d’autres.

M. FABRICIIS.

Il y a trois mois, cette revue publia un travail qu’un jeune homme encore inconnu lui avait envoyé. M. de Varna remarqua ce travail, s’intéressa à son auteur et le prit pour secrétaire; tu vois donc bien qu'il n’est pas dans la maison sur le pied d’un salarié, et que...

M“* fabricics.

Vous m’aviez déjà raconté cette histoire; mais croyais-je ipic M. Miller ptlt jamais m'occuper !

Il faut bien cependant que je. m’en occupe... L’intérêt de mon neveu... cent mille florins de dot!., enfin il est urgent de prendre un parti. Avertir M. de Varna , c’est ce que je vois de mieux à foire...

m. FABntmrs.

Prends garde; je le connais, il te demandera des preuves à l’appui.

11“* f au ni eu s.

J'invoquerai votre témoignage.

H. FABRICIIS,

Je ne sais rien que par toi.

M** FABMCIVS.

Et vous refusez de me croire sur parole ; il y a un moyen de vous convaincre.

M. FABRICICS.

Et lequel?..

M m * FABRICII S.

Vous êtes bien avec M. Miller? «<

• M. FABRICIl’S.

Jusqu’à un certain point.

M"* FABRICIIS.

Dites-lui que votre neveu est au moment de revenir pour épouser M"* de Varna; vous verrez l’effet de cette nouvelle.

M. FABRICIIS.

C’est un piège.

M"* FABRICIIS.

Bien innocent... et vous ne le lui tendez que dans son intérêt.

M. FABRICICS.

Comment?

M“* FABRICICS.

Où peut le conduire cet amour? M. de Varna est fort philosophe ; mais si on lui proposait de prendre son secrétaire pour son gendre !.. Le voici... pas un mot de plus. Si M. Miller ne vient pas avec nous, vous trouverez un prétexte, et vous resterez ici pour lui parler.

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