‹ Un cas de coscience comédie en trois actes et en proseChapitre 55 sur 57 · M. DE VARNA , M. WOLF · texte numérisé non relu

M. DE VARNA , M. WOLF

M. WOLF, revenant

Vous affirmez sur l'honneur que vous n’étes point allé à la fête qui fut donnée au palais de Barleim eu 1815, vous, l'un des héros de cette fête nationale!.. Qui donc y vint avec ce carnet?

Voyous.

M. WOLF

Vous le reconnaissez, n'cst-ce pas? c’est bien à vous qu’il fut vendu par le joaillier Bamberg, à Vienne ? D'ailleurs, voici une carte d'entrée à cette fête, sur laquelle votre nom est écrit : Joseph «le Vania. Vous n’avez pas de frère ou de parent qui porte votre nom ?

M. DE VARNA

Je reconnais ce carnet , que j’ai effectivement acheté et perdu à l'époque dont vous me parlez.

M. WOLF

Je ne l'ai pas perdu, moi ! je l'ai soigneusement conservé , comme la preuve de votre

UN CAS DB CONSCIENCE

U. WOLF

U. DE TARN A

Non, grâce au Ciel , non !

M. WOLF

A quel titre alors put-il s'introduire dans cette

fête?

M. DE VARNA

En m'empruntant les miens! en me prenant mon uniforme et cette carte d’entrée... Ah ! je lie me pardonnerai jamais de lui avoir prélé le nom d'un honnête homme ; mais je uele croyais pas capable de le déshonorer !

kl. WOLF.

Ah! Monsieur, s'il était vrai, s'il était possible...

M. DE VARNA

Vous me soupçonnez encore ?

M. WOLF

Je ne puis vous dire tout ce qu’il m’en coûterait pour vous refuser mon estime; mais quel que soit l'accent de vérité qui éclate dans vos paroles, je n’ose vous croire sur une simple aflirmalinn. Vous ne me refuserez pas la preuve complète de votre innocence ; dites, dites-moi le nom de cet ami indigne, de ce malheureux sur ui doit retomber le sang de mon beau-frère et e ma sœur!

M. DE VARNA

Je ne vous le nommerai pîis. Non que je trouve des excuses à son crime ; j'en ai souffert autant que vous ; j’en suis plus indigné peut-être! mais à quoi bon ? qui de nous peut aller lui demander satisfaction, pour la mort de ses deux victimes... Est-ce moi qui le méprise!.. Est-ce vous qui êtes prêtre!.. Est-ce Charles? Charles qui je le vois bien, est son fils!.. D’ailleurs , ce jour d’éclaircissemens et de réconciliation n’estil pas un jour d'indulgence ?.. Abandonnons à la justice de Dieu celui qui a causé tant de catastrophes, et n'y songeons plus que pour les- réparer!.. Ce n’est pas le père de Charles que j'ai tué. Votre beau-frère l'avait reconnu, n'est-ce lias, pour lui donner un nom et une famille; mais enfin, le sang de cet homme juste, versé pur une fatalité déplorable, ne s’élève plus entre nous. Vous me demandez une preuve complète de mon innocence?.. Hé bien, je vous offre de nouveau la main de ma fille pour votre neveu.

Croyez-vous que je voudrais unir le frère et la sœur?

M. WOI.P.

Non, je ne le crois pas. M. de Vania 1 , vous êtes le plus honnête homme que je connaisse !.. ( il lui tend la main. ) Vous avez raison. Abandonnons le coupable à la justice suprême et ne songeons qu'au bonheur de votre fils... Il faut maintenant détruire l'effet de mes paroles... Comment y parviendrai-je, sans lui révéler le secret de sa naissance?., c’est une tache difficile...

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