‹ Un Cas de Fistule Salivaire Parotidienne TraitéChapitre 4 sur 11 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Le 14 mai 1921 entre dans le service de M. le professeur Forgue, à la salle Delpech, C... Adrien, âgé de 26 ans. : %

Ce malade, qui n’a aucun antécédent personnel ou héréditaire,se plaint d’un écoulementabondant de salive, qui s'effectue à travers un orifice fistuleux situé à la hauteur du col du condyle du maxillaire inférieur gauche.

Le début remonte à l’année 1918. C... fut atteint à celte époque d’un abcès parotidien gauche volumineux (du volume du poing, dit1l). Une incision fut nécessaire pour donner issue au pus. Rien de particulier n’est à signaler pendant l’évolution de cetabcès vers la guérison.

Mais, lorsque la plaie fut presque cicatrisée, il persista un écoulement de liquide clair qui fut bientôt reconnu pour être de la salive. L’écoulement se faisait à travers un orifice punchforme par la partie moyenne de l’incision. Son abondance n’a fait que s'accroître et est devenue si grande depuis l’année 1919 qu’elle constitue une gêne pour le malade. |

De fait, actuellement, la fistule laisse échapper constamment de la salive. Au moment des repas, sous l’in-

ERIQUEe fluence de la mastication l'écoulement augmente, la sécrétion s'acéusant davantage encore lorsque le malade ingère des mets salés ou épicés.

D'autre part, certaines positions paraissent favoriser l'écoulement. Le malade baisse-t-il fortement la tête en l’inclinant du côté malade, on voit la salive sourdre plus abondante à l’orifiee fistuleux.

Depuis 1918, de nombreux traitements ont été mis en œuvre: Thermocautérisation. Injection d’iode dans le trajet. Aucun résultat n’a été obtenu.

À lPexamen on découvre à 1 centimètre environ en avant du bord postérieur de la branche montante du maxillaire inférieur gauche et parallèlement à lui une cicatrice d'ineision remontant jusqu'à l'horizontale passant par la parlie inférieure de la conque. C'est l'incision de l'abcès. Une contre-ouverture parallèle a été pratiquée dans la région mastoïdienne. Il y a donc tout lieu de penser qu'il s'agissait bien, comme le dit le malade, d’un abcès volumineux. R

Sur la partie moyenne de la cicatrice d'incision antérieure, à la hauteur du col du condyle et à un centimètre en avant de lui, on décèle un très petit orifice, minuscule, du calibre d’une tête d'épingle environ. Les bords en sont peu perceptibles, non bourgeonnants. Le contour est au contraire net et l’orifice parait être creusé au centre d’une fine membrane lisse et régulière.

Par cel orifice s'échappe goutte à goutte un liquide clair, légèrement visqueux,ayant tous les caractères physiqués de la salive.

Le diagnostic ne saurait done faire de doute. Il s’agit d'une fistule parotidienne consécutive à l'ouverture d’un abeès développé dans la région.

Les traitements mis en œuvre jusqu'à ce Jour ayant

échoué, M. le professeur Forgue décide de mettre en œuvre le procédé de Leriche.

L'intervention est pratiquée le 26 mai 1921, sous anesthésie locale à la novocaïne. Toute la zone située autour de la fistule est infiltrée d’anesthésique et l'aiguille remontant au devant du tragus insensibilise la zone dans laquelle chemine le nerf auriculo-temporal qui doit être arraché. |

Dans un premier temps on s'occupe de la fistule ellemême. |

Une incision transversale passant sur lorifice fistuleux permet de tailler deux petits lambeaux qui sont suturés en bourse de facon à réaliser un véritable enfouissement de la fistule, absolument comme on enfouit le moignon appendiculaire après résection de l’appendice.

On passe alors au deuxième lemps : découverte du nerf auriculo-temporal.:

À cel effet on branche une incision verticale sur lPineision précédente. Cette deuxième incision passe en avant du tragus, dans la gouttière dépressible au doigt où lon sent rouler le condyle au cours des mouvements de masticalion. C’est là, en effet, qu'il convient d’aller rechercher le nerf auriculo-temporal assez profondément sitüé.

La veine temporale superficielle, excellent repère, est bientôt rencontrée. Au-dessous d'elle, au voisinage de l'artère temporale superficielle, la sonde cannelée, travaillant dans la profondeur, découvre le nerf. |

Ici commence le troisième temps. L'auriculo-temporal bien reconna, isolé sur un petit trajet, est chargé sur la pince de Thiersch, qui est fermée. Grâce à un mouvement de rotation lent, mais continu, le nerf s’enroule autour de la pince et l’arrachement de la partie centrale ne tarde pas à s'effectuer.

SA AE L'opération est terminée. La petite plaie cutanée est sulturée aux agrafes et un pansement compressif est appliqué.

Quatre jours après, les agrafes sont enlevées, et le lendemain le malade quittait l'hôpital. Il était guéri.

Voilà donc une observation absolument typique de fistule parotidienne, rebelle à des traitements divers, et. qui à cédé à l'opération de Leriche. É

L'énervation sécréloire de la parotide qui résulte de l’arrachement du nerf auriculo-temporal fait comprendre immédiatement la valeur de la méthode. Il convient donc de la mettre en évidence. ’

Une étude anatomo-physiologique fera mieux comprendre le rôle du nerf auriculo-temporal et les conséquences de sa suppression.

Nous passerons aussi en revue les procédés employés dans le traitement des fistules parotidiennes et nous en comparerons les résultats avec ceux fournis par l’opératon de Leriche. |

Page 1