‹ Un cas de guérison d'une péritonite streptococcique primitiveChapitre 13 sur 17 · SET · texte numérisé non relu

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blème qui se posait à nouveau de savoir s’il y avait intérêt à opérer tôt ou tard les péritonites strepto: cocciques.

La colpotomie seule aurait peut-être — si l’on opère it — l'avantage de shocker moins le màlade que la laparotomie large. Et c’est la conduite qu'a tenue M. Mondor en présence du cas qu'il rapporte dans l'édition la plus récente de son livre sur les « Diagnostics urgents de l'abdomen ».

Mais il semble encore plus logique de ne faire que la colpotomie tardive si l’on y est obligé par l'évolution de la maladie, l’'enkystement dans le pe: tit bassin trouvant là une thérapeutique particulièrement indiquée, c'est de cette manière qu'a guérie la malade de Boidin et Douay.

En somme, il ne semble pas qu’on donne au malade.plus de chance de survie en l’opérant tôt. En tout cas, si les circonstances y obligent, La colpotomie est préférable à la laparotomie. «Et, si l'on veut attendre pour la pratiquer, le pronostic de l’intervention sera bien meilleur.

La sérothérapie anlistreptococcique.

Le sérum antistreptococcique de Vincent à &té un progrès très important dans le traitement médi-

cal des streptococcémies.

— bo —

Avant d'étudier son action dans les pér'tonites streptococciques, nous allons voir quels résultats on a obtenu par cette méthode dans une localisation de streptocoque assez comparable : la localisation pleurale.

On sait que la pleurésie streptococcique est considérée comme très grave. Alors que la pleurésie purulente pneumococcique peut guérir parfois par simple ponction, et en tout cas presque toujours chirurgicalement, la pleurésie streptococcique nécessite dans tous les cas la pleurotomie. Et encore celle-ci est-elle impuissante lorsque les phénomènes de septicémie streptococcique accompagnent la localisation pleurale.

La gravité des affections streptococciques de la plèvre subit une recrudescence au cours de certaines épidémies, c’est ainsi qu'en France au cours de l'hiver 1934-1935 elles furent particulièrement sévères. En Grèce, chaque année, la mortalité due au streptococcies pleuro-pulmonaires est élevée. Devant les résultats médiocres obtenus par le traitement médico-chirurgical classique, plusieurs auteurs ont eu recours au sérum antistreptococcique de Vincent.

Manoussakis a traité à Athènes 21 malades atteints de streptococcies pleuro-pulmonaires. Sur ce

nombre il en a traité 11 par les méthodes usuelles,

g sont morts.

Parmi les 10 cas traités par le sérum de Vincent, 4 l'ont reçu très tardivement et sont morts. Les 6 autres qui ont reçu à temps ce sérum ont tous TS N ENPRRANS La valeur de cette statistique vient de ce que dans tous les cas le streptocoque hémolytique isolé était d'une virulence extrême. Tous les malades ont été opérés dans le même service et par le même chirurgien. Après l'intervention, on observa toujours une phase d'amélioration. Mais seuls les malades qui avaient reçu à temps le sérum ne furent pas emportés à la suite de péricardites ou de péritonites, ou par extension de nouveaux foyers de broncho-pneumonie. | $

Andrieu a traité au Val-de-Grâce 12 cas de streptococcies pleuro-pulmonaires sévères par le sérum de Vincent. Il n’a eu à enregistrer que 2 décès, alors que sur 5 cas analogues — non traités par la sérothérapie — 3 ont été mortels.

Pruvost et Brincourt précisent ainsi la posologie de la sérothérapie de Vincent dans les Iôcalisations pleurales streptococciques. |

Les doses de sérum doivent être importantes : au moins 8o cc. à 100 cc. par jour. La continuation de la sérothérapie doit être poursuivie longtemps,

— ‘2 rare nd

même pendant plusieurs jours après l’apyrexie, avec des doses de sérum moindres (20 à 4o c€c.).

La voie d'introduction du sérum est variable. Dans la plupart des cas, les voies sous-cutanées ou intramusculaires donnent des résultats satisfaisants. Dans les formes hypertoxiques, il faut cependant avoir recours à la voie intraveineuse, comme l’indique le Professeur Vincent. Elle est sans danger à condition d'injecter lentement le sérum préalablement dilué dans l’eau physiologique et tiédie. C'est la seule voie qu’ait employé Manoussakis.

Andrieu recommande, d'autre part, d’injecter du sérum de Vincent dans la plèvre après avoir évacué au maximum l’épanchement. Le liquide reste ainsi fluide, facilement évacuable.

Le traitement chirurgical reste toujours indispensable malgré la sérothérapie. Pilod et Passa ont vu cependant une pleurésie purulente streptococcique se résorber sous l'influence du sérum de Vincent sans nécessiter l'intervention chirurgicale.

Quels sont maintenant les résultats de la sérothérapie dans la péritonite streptococcique pas tive

À notre connaissance, elle n’a été employée jusqu’à présent que dans les deux observations de M. Mondor et dans la nôtre.

Dans l'observation I de M. Mondor, l’état de

la malade était trop grave alors pour qu’on puisse en faire état. Dans l’observation II, la malade a survécu plus longtemps. Le sérum de Vincent a été employé par voie intraveineuse suivant la technique indiquée par le Professeur Vincent. Rien n'e été changé à l’évolution progressivement fatale.

Dans notre observation, nous avons associé à la sérothérapie la chimiothérapie, ne voulant rien négliger devant l’état extrêmement angoissant de la malade.

Il ne nous est possible de tirer une conclusion qu'en nous référant aux observations ci-dessus où la sérothérapie seule a été impuissante. Il ne nous semble pas que seule elle aurait pu agir dans notre cas.

Dans un article récent, cependant, Pollack sionale quelques de guérison par le sérum antistreptococcique.

3° Traitement chimiothérapique.

La chimiothérapie antimicrobienne a fait dans ces dernières années d'énormes progrès et nous possédons à l’heure actuelle dans ce domaine un certain nombre de produits actifs dont la plupart sont des colorants amino-azoïques ou leurs dérivés. Ces corps se sont d’abord montrés efficaces contre plusieurs

races de streptocoques, puis d’autres espèces microbiennes se sont montrées sensibles à leur action. Les produits sulfamidés ressortissent à deux groupes : les corps azoïques plus ou moins colorés, et les corps non azoïques qui sont incolores. ‘élément commun à ces deux groupes est la fonction sulfamide qui est généralement considérée comme le support de l’activité antibactérienne et spécialement antistreptococcique. Toutefois, Fourneau et ses collaborateurs ont insisté récemment sur le puissant pouvoir antimicrobien polyvalent, particulièrement vis-à-vis du pneumocoque d’un nouveau corps toujours soufré mais sulfoné et non pas

sulfamidé.

° Le corps D azoïque, qui fut d' ad te expérimentalement et cliniquement par Domagk, était le chlorhydrate de sulfamido-chrysoïdine d’une belle couleur rouge qu'il communiquait aux humeurs et aux malades. Les résultats obtenus par son emploi sont bons et les inconvénients minimes : quelques rares accidents cutanés et peutêtre sanguins que laissaient prévoir d’ailleurs la présence de noyaux benzéniques dans la molécule, mais surtout des accidents digestifs et en particulier d'intolérance gastrique, dus semble-t-il plus à l'acide chlorhydrique qu'au reste de la molécule...

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