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HISTORIQUE

La première mention des monstres humains est faite en caractères cunéiformes sur des tablettes de la bibliothèque d'Assourbanipal et remonte aux environs de l’an 2000 av. J.C. La liste des monstruosités connues à cette époque y est donnée avec la signification surnaturelle de chacune d'elles. Toutes les mythologies de l'antiquité possèdent leurs monstres, cyclopes, dicéphales ou méduses, certaines sont incontestablement inspirées par des monstruosités rares mais connues et déformées encore par la tradition. Les philosophes grecs du Ve siècle avant notre ère, observèrent des monstres réels, mais il faut attendre Aristote pour trouver la première tentative scientifique d'étude et d'explication des monstres. Aristote le premier définit la monstruosité ; cette définition reste valable aujourd’hui : « elle est un objet contre nature, ou plutôt, non pas absolument contre nature, mais contre ce qui se passe le plus souvent dans la nature ».

Quant à l'explication causale des monstruosités et anomalies, elle a été l’objet, pendant toute l'antiquité et le moyen-âge, d'une débauche de fantaisie dépourvue de toute tendance scientifique. Tout ce que l'imagination peut concevoir comme facteur monstrueux, depuis la carence séminale jusqu'aux interventions diaboliques ou astrales, a été évoqué.

Il ne faut pas oublier que toute base fit défaut pour cette étude, jusqu'à la découverte des phénomènes fondamentaux de la reproduction. C'est vers le milieu du XVIIIe siècle seulement que s’édifie la théorie de la génération (C.F. Wolff). De Haller (1768) est considéré comme le fondateur de la tératologie scientifique.

La phase expérimentale de la tératologie débute avec les travaux de Etienne-Geoffroy Saint-Hilaire, qui utilisa les embryons de poulet comme matériel expérimental.

Son fils, Isidore-Geoffroy, publie seize ans plus tard, en 1838, son « Histoire générale et particulière des anomalies de l’organisation chez l’homme et les animaux, des monstruosités ou Traité de la tératologie ». Ayant réuni les anomalies connues, il en fit une classification et en tira un certain nombre de lois, aujourd’hui très contestées, et qui se résument ainsi:

1. Loi de fréquence relative des anomalies des différents organes : les anomalies des parties d'un organisme sont d'autant plus fréquentes qu'elles s'ébauchent plus tardivement dans l’embryon et elles existent en séries plus nombreuses lorsque ces organes sont placés en série (vertèbres, dents, doigts).

2. Loi des connexions philogéniques : « Tout animal frappé d'un arrêt de formation ou de développement doit réaliser des conditions appartenant normalement à des genres, des ordres et souvent des classes inférieurs. Tout excès donne, au contraire, au sujet qui en est affecté, une ressemblance ou une analogie plus ou moins manifeste avec des êtres placés au-dessous de lui dans l'échelle zoologique ».

3. Loi de compensation: formulée simultanément par Etienne-Geoffroy Saint-Hilaire et par Gœthe, admise par Darwin, elle veut que la matière organisée qui se porte en excès dans un organe, le fait au détriment d’une autre partie qui en subit une réduction.

Dans le champ plus restreint des monstres doubles, Saint-Hilaire énonce un certain nombre de principes de topographie tératologique ; entre autres, il constate que la soudure de deux êtres donnant naissance à un monstre double, se fait toujours par affrontement de parties homologues. Serres, dans son «Traité d'anatomie comparée transcendante », paru en 1859, précisera en ces termes : « Selon le principe d'association des organes des embryons et des animaux, seuls les organes homologues s'associent, par exemple le foie avec le foie ». Il conçoit en outre que la fusion des organes est secondaire, survenant par soudure de deux organes primitivement distincts. Dans les vingt dernières années du siècle passé, on voit disparaître la notion qui voulait que les monstruosités doubles soient dues au développement en excès d’un embryon; la thèse de l’affrontement secondaire de deux êtres primitivement complets et normaux ou même déficients, devait prendre définitivement le

dessus. C’est à cette période que remonte le «Traité de tératologie expérimentale » de Camille Dareste. Dareste avait constaté que la monstruosité double découle de la formation de deux lignes primitives sur un blastoderme unique, en somme d’un phénomène très semblable à celui qui donne naissance aux jumeaux univitellins.

Avec ces données, le problème de l'origine des monstruosités doubles se précisa ; les auteurs s’attachèrent à résoudre les questions fondamentales, à savoir l’étiologie et la date de détermination de la monstruosité. Un fait certain est que la cause inconnue de la duplicité des embryons doit agir dans les tout premiers stades de la segmentation. Il faudra attendre jusqu’en 1933 pour voir les travaux d’Etienne Wolff démontrer, par l’expérience, une théorie solide de la tératogénèse. Jusque là, les avis les plus divers trouvèrent des défenseurs. Mais cette période eut le mérite de dégager le problème d’un fouillis de questions secondaires surgies des discussions souvent dialectiques du XIX® siècle. Ou bien la duplicité et les monstruosités sont dues à un facteur accidentel, agissant sur l’ovule avant la fécondation, ou bien à une polyspermie, ou enfin à des facteurs agissant sur un blastoderme jusque là normalement constitué et doué d’une potentialité organisatrice équilibrée. Enfin, on devait se demander si les organes surnuméraires et les monstruosités doubles naissaient par excès de développement avant la différenciation de l’organe, par dédoublement d'ébauches à un stade très précoce, ou par soudure d'organisations primitivement bien individualisées et complètes. Dans cette dernière éventualité, il y aurait lieu de rechercher si les monstruosités doubles asymétriques ne devraient pas leur asymétrie à un arrêt local de développement, secondaire à la fusion des organes.

La détermination des causes étiologiques de la monstruosité en général, dispose de deux modes d'exploration: l'observation des faits rencontrés dans la nature et l'expérimentation. L'observation clinique dans le domaine humain, s’aidant de la statistique, n’est pas parvenue à trouver des causes morbides ou mécaniques présentant une corrélation certaine avec la fréquence des monstres doubles.

Parmi les facteurs étiologiques artificiels, les rayons X ont été invoqués par Mornet-Cros en 1928 comme cause assez fréquente de malformation, à condition qu'ils agissent sur l'embryon en cours de développement. Mais les malformations signalées ne sont que des hypoplasies

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de caractère définitif. L'expérimentation est venue confirmer cette notion.

En 1935, Ancel et Wolff obtiennent expérimentalement des monstruosités, en particulier des monstres à cœur double. Leur technique, écartant définitivement les méthodes qui soumettent l'embryon tout entier aux influences présumées tératogènes, s'adresse aux irradiations localisées. Ils citent Bohn, Tur, Bordier et Gallimard, Schmidt, Baldwin, Ancel et Vintemberger, Higgings et Sheard, Olivieri, Corbella, Dantschakoff, Lacassagne. Ancel et Wolff utilisent les rayons X et dirigent « un faisceau cylindrique et de section déterminée sur un territoire choisi du blastoderme du poulet ». Cela leur permet de sélectionner la zone à

irradier et de doser la quantité de rayons.

«Ces méthodes déterminent des monstruosités aussi nombreuses que variées. On obtient des lésions discrètes des tissus, qui se manifestent par un ralentissement du développement et qui peuvent aboutir à un arrêt total. On peut concevoir que s’il était possible de localiser l'action de ces facteurs à un embryon d'âge bien défini, on provoquerait l’arrêt du développement d’un territoire, sans nuire au reste de l'embryon. On pourrait espérer produire à volonté telle ou telle malformation. Cette méthode précise la topographie des ébauches présomptives de l'embryon, permet l'analyse de certains processus fondamentaux de la morphogénèse. »

De plus, ces auteurs ont remarqué que si les ébauches n’ont pu se mettre en contact au stade où elles doivent habituellement se fusionner, leur union est définitivement exclue.

Dubreuil (1934) compare les différentes classifications tératologiques. Analysant les processus intimes de la diplogénèse, il admet que les embryons univitellins homozygotes peuvent donner deux êtres jumeaux identiques, distincts et parfaitement conformés. « Maïs, au cours de ce développement côte à côte, il peut y avoir des points de contact entre les deux blastodermes enclos dans le même sac amniotique ou dans des sacs amniotiques communicants, unis à la même vésicule vitelline ou à des vésicules vitellines communicantes. »

L'auteur pousse les hypothèses plus loin:

« Si, au lieu de considérer la plaque embryonnaire comme un tout, capable de se dissocier suivant le plan médian de symétrie, on la considère comme ‘formée d’une somatopleure unique et d’une splanchnopleure qui peuvent parfois se dédoubler indépendamment l’une de l’autre, on arrive facilement à admettre une somatopleure unique et une splanch-

nopleure dédoublée plus ou moins totalement. Dès lors, les parties externes seront relativement normales, tandis que les organes dérivés de la splanchnopleure ou associés à elle (intestin, reins, vessie, poumons et trachée, cœur), peuvent être partiellement ou totalement dédoublés. »

En 1935, Twiesselmann obtient le dédoublement du blastoderme non incubé du poulet, par lésion électrolytique :

« Dans le blastodisque non incubé, lorsqu'une lésion électrolytique bien limitée, approximativement au niveau de la moitié antérieure de la future ligne primitive, on observe une évolution qui n'est plus simplement un clivage des ébauches, mais des dédoublements qui portent sur le tronc, sur la tête ou sur les deux à la fois. Lorsque la tête est dédoublée, il existe deux massifs de volume variable, dans lesquels se reconnaissent le cerveau et le pharynx branchial. Mais la constitution des organes des sens reste déficiente: il n’y a qu'un otocyste et la vésicule optique n'existe que du côté extérieur à chaque tête, alors que les poches branchiales se trouvent des deux côtés. »

Etienne Wolff (1936) établit définitivement « Les bases de la tératogénèse expérimentale des vertébrés amniotes, d'après les résultats des méthodes directes ». Nous nous devons de citer largement les travaux de cet auteur. Les causes déterminantes possibles des monstruosités se ramènent à trois catégories : prédétermination héréditaire dans le gamète, tare accidentelle du gamète et enfin accident affectant l'embryon. Les deux premiers facteurs sont préconceptionnels, le troisième postconceptionnel. Or, les résultats éclatants des travaux de Wolff démontrent qu'on peut, par la méthode expérimentale appliquée à des embryons normaux, transformer ceux-ci en monstres. Bien que ces expériences n’excluent pas absolument l’éventuelle intervention de facteurs préconconceptionnels dans la formation des monstres naturels, elles sont singulièrement favorables à l'hypothèse du facteur postconceptionnel. La technique de Wolff permet en effet d'obtenir à partir d'œufs normaux et normalement fécondés, toutes les monstruosités rencontrées fortuitement dans la nature et, qui plus est, d'obtenir avec une sécurité mathé:matique la monstruosité désirée.

De tels moyens expérimentaux ont permis à leur auteur d'établir les lois les plus sûres que nous ayons sur la tératogénie :

IT loi: Le fait initial de l’évolution tératologique est un arrêt de développement localisé,

2e loi: Les facteurs tératogènes agisssent sur des ébauches présumées, entre le moment de la « détermination » et celui de la différenciation. Il faut que l’ébauche présumée ne soit pas indifférente, mais déterminée (ne peut plus être détournée de sa destinée) ; elle ne doit pas encore avoir atteint sa différenciation morphologique.

3me loi: De la sensibilité différentielle des tissus embryonnaires: les territoires destinés à donner des organes spécialisés sont toujours moins résistants que les ébauches des tissus banaux.

4me loi: Des processus secondaires à l'arrêt du développement : l’irradiation ne produit aucun effet, ou bien elle produit uniquement des mutilations ou bien elle conduit à des « ébauches tératoformatrices nouvelles ».

5me loi: De l'union des parties similaire: lorsqu’en l'absence d'une ébauche axiale, les deux parties latérales homologues se rapprochent au point de venir se toucher sur la ligne médiane, les processus anormaux ne s'arrêtent pas là : au rapprochement succède généralement la fusion des parties homologues.

6me loi: De l'indépendance de la morphogénèse et de l’histogénèse : les différentes parties de l'embryon sont indépendantes les unes des autres (à condition qu'elles soient déjà déterminées et que les inducteurs embryonnaires aient exercé leur action) à partir d'un certain stade et pendant une grande partie de la vie embryonnaire, et leur développement dépend essentiellement de l'irrigation sanguine et du développement des annexes.

En 1937, Leslie Brainard Arey réunit toutes les causes tératogènes connues. Les facteurs intrinsèques sont : l’hérédité (prédétermination dans le germen des parénts), les maladies (l'éléphantiasis), les troubles endocriniens (insuffisance thyroïdienne), les anomalies interdépendantes (l’hétérotaxie provoque un renversement d’autres viscères), les anomalies fortuites (défaut autonome de régulation de l'embryon lui-même). Les facteurs extrinsèques sont: les agents mécaniques (chute, coups, tiraillements du cordon, brides amniotiques, adhérences — nous savons actuellement combien ces causes sont sujettes à caution), les agents physico-chimiques (action des irradiations, abaissement de température, anoxémie, spina bifida, déséquilibre ionique, intoxications au Pb ou

au P), les maladies de la mère transmises à l'enfant (syphilis), les déficiences de la fonction placentaire, enfin les arrêts dans le développement. À ce dernier sujet, l’auteur relève les travaux de Stockard sur le véron de mer Fundulus, mais ne cite même pas les récents et très importants travaux d'Etienne Wolff.

Le conflit mondial 1939/45 à interrompu la presque totalité des publications sur notre sujet. Une « Human Embryology » d'Hamilton, Boyd et Mossmann (1945) ne nous apporte rien de nouveau.

Nous voulons clore cet aperçu historique de la monstruosité double en empruntant plusieurs passages d’un article très important de Dalcq (1939).

Dans « L'origine des jumeaux et des monstres doubles », il semble à l’auteur que la théorie de la séparation des blastomères est insuffisante; par ailleurs, s'appuyant sur les explications les plus récentes de la chimie physiologique, il émet une «théorie dynamique des monstres doubles ».

« On a beaucoup insisté sur la période d’arrêt qui précède les grands remaniements de la zone embryogène. Or, de suite après la guerre, ces déformations d'ensemble et surtout les mouvements de groupes cellulaires les uns par rapport aux autres, allaient apparaître comme le fait essentiel de l’activité par laquelle le germe passe de la pure segmentation à la prise de forme. »

Græper, de Iéna, s'est spécialement attaché à cette notion.

« Les observations plaident en faveur de la conception formulée par Græper: qu'il s'agisse de polyembryonie normale ou de dédoublement accidentel, le processus initial est le centrage des mouvements morphogénétiques sur deux axes distincts, autrement dit la double gastrulation. »

Poursuivant, Dalcq écrit :

«Le nœud du problème est donc dans un mode d'organisation intime du germe tel que l’unicité normale du système soit rompue. Sans doute, les embryologistes sont-ils à présent complètement familiarisés avec la production de deux où même de plusieurs embryons aux dépens d’un seul germe convenablement morcelé à un stade favorable. Mais ce processus est alors imposé du dehors, il résulte directement d'une intervention portant sur un germe qui, livré à lui-même, serait resté strictement unitaire. Le problème qui nous occupe est, au contraire, celui d'aberrations qui viennent contrecarrer la tendance habituelle à l’unicité, La transformation de l’amas germinal, plus ou moins sphérique en un système polarisé et pluristratifié qui deviendra l'embryon, s'accomplit donc à la faveur de mouvements cellulaires coordonnés.

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Ceux-ci sont l'expression d’une gamme de propriétés communes à toutes les parties du germe, mais représentant de proche en proche des différences quantitatives qui, par une sorte de cascade, entraîneront la diversification complète du système en organes et tissus. Ces propriétés sont dues à des substances, produits du métabolisme qui affectent la déformation des cellules, leur perméabilité, leur activité et sont ainsi responsables de la morphogénèse. Leur concentration locale, à la fin de la segmentation, pendant laquelle le germe s’est cellularisé, confère donc à chaque territoire son potentiel morphogénitique. L'individualité résultera de ce que ces potentiels décroissent, dans les diverses directions, selon une loi bien définie pour chaque espèce. Leur ensemble constitue donc un champ tridimensionnel que nous pouvons appeler : champ d'individuation. Les résultats obtenus opératoirement à ce stade résultent donc d'une subdivision artificielle du champ d’individuation.…. Cette tendance à l'établissement d’un régime défini de décroissance des potentiels morphogénétiques, au sein du champ d’individuation, me paraît être une des propriétés fondamentales du système morphogénétique. C'est la sauvegarde — essentiellement biochimique — de son individualité et c’est à elle que nous devons en référer, en dernière analyse, pour interpréter les faits de gémellité et de dédoublement. La condition des modifications en apparence spontanées du champ d’individuation consiste dans l'interaction entre les substances liées au gradient vitellin fondamental de l’œuf et d’autres substances réparties en surface, en un ckamp cortical. L'unicité du système est essentiellement liée à la constitution de ce champ. Les molécules qui le matérialisent doivent avoir une structure et des affinités telles qu’elles se disposent autour d’un foyer de concentration maximale, situé quelque part sur la surface du germe, en dehors de l’axe du gradient vitellin. Elles se répartissent ainsi, de par leurs propriétés physiques, en un champ dorso-ventral unique, annonçant l'individualité en formation. Si le champ d’individuation est dédoublé, dans certains cas anormaux, c'est que le champ cortical s’est établi autour de deux foyers de concentration maximale. L'anomalie a dû survenir à un stade extrêmement précoce, notamment avant la phase d’appariement des pronuclei dans l’œuf fécondé. Quelues réflexions peuvent être présentées à ce propos:

1. (Ancel et Vintemberger) dans l'intervalle qui sépare la ponte de l’appariement des pronuclei, le matériel « précurseur » du champ cortical n’est pas encore stabilisé en liaison avec le cortex, mais reste mobilisable à l’intérieur du cytoplasme par divers procédés. A cette phase, une légère altération locale de structure cytoplasmique pourrait avoir des conséquences graves retenant à son voisinage une partie du matériel précurseur ;

2. Le suisse Witschi (U.S.A.); (détermination du sexe chez les amphibiens anoures) établit que la surmaturation de l’œuf exerce une action

masculinisante. Or, l'utilisation d'œufs surmaturés encore davantage amène l'apparition de blastopores multiples et des processus les plus variés du dédoublement ;

3. Dans les deux éventualités envisagées, il ne s’agit que de modifications fortuites, ne jouant probablement pas un rôle effectif dans les dédoublements sporadiques ou dans la polyembryonie. La cause actuelle des dédoublements totaux ou partiels est souvent en relation avec le patrimoine héréditaire: fréquence des jumeaux identiques présumés univitellins, dans certaines familles.

Il convient de mentionner les recherches récentes de J. Brachet, qui permettent de penser que le matériel destiné au champ cortical a son origine dans le suc de la vésicule germinative. Il serait donc élaboré au contact même des gènes et pourrait être ainsi aisément affecté, en qualité ou en quantité, par des gènes modifiés ou mal équilibrés. De toutes façons, la modification initiale intervenant à ce niveau, doit présenter des degrés tels que les deux foyers du champ soient tantôt voisins, tantôt aussi écartés que possible, avec tous les intermédiaires ».

Dalcq a tendance à se représenter que la modification initiale résulte d'un excès de matériel précurseur plutôt que d'une modification qualitative, atteignant sa structure chimique :

«Il n'est pas impossible que les équilibres intraovulaires soient incompatibles avec un champ cortical simple à concentration renforcée, et que tout excès de ces substances amène la subdivision en deux foyers distincts et finalement en deux champs entièrement autonomes. On pourrait trouver, sous ce rapport, une comparaison suggestive dans certains faits de subdivision expérimentale du centrosome ».

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