SYMPTOMES
Avant l'apparition de l'abcès froid, la symptomatologie de la tuberculose du crâne se réduit à peu de chose.
Uu peu de céphalée dont le maximum siège dans une zone de la voûte plus ou moins limitée.
Au niveau de cette zone, un point douloureux à la pression.
Et c'est tout.
Puis, assez rapidement, apparait au niveau de la zone douloureuse, une tuméfaction assez ferme nettement indépendante des téguments, étalée, faisant corps avec l'os. Tuméfaction peu douloureuse, sauf en un point siègeant en général non pas à la partie la plus saillante, mais à la périphérie.
Peu à peu cette tuméfaction s'accroît en même temps qu'elle se ramollit, devient rénitente, puis franchement fluctuante. Une collection froide plus ou moins limitée est constituée.
Si on la laisse évoluer, peu à peu, on verra les téguments jusqu'ici indemnes, s’infiltrer, s'amincir, se tendre; le point culminant rougit, se violace et finalement s'ulcère. I1 s'écoule un pus séreux, séro-grumeleux.
La plaie ne se ferme pas, au contraire elle s'étend et finalement prend l'aspect des ulcérations bacillaires avec leurs bords violacés, décollés, leur fond fongueux, et leur écourlement peu abondant mais continu de pus grumeleux.
Cette ulcèération est plus ou moins large. Ce n’est quelquefois qu'une simplefistule. Si on l’explore avec le stylet, on aboutit soit à un os dénudé qui donne au stylet un son mat soit à un séquestre plus au moins mobile, soit enfin à
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une perforation osseuse au fond de laquelle on sent des fongosités ou la résistance élastique de la dure-mère.
I n'y a dans la plupart des cas aucun trouble cérébral, aucun signe de compression. La cèphalée du début souvent même a disparu. Ce fut le cas de notre malade qui ne souffrit de la tête qu'avant l'apparition de la tuméfaction pour laquelle il vint consulter. Si bien qu’on peut se demander si l’extériorisation de la lésion sous forme d’abcès ne supprime pas la compression cérébrale commençante. La tension du foyer intracrânien est nulle puisqu'à travers le foyer osseux, vraie solution de continuité de la voûte, il communique avec l’abcès extérieur.
On a signalé par contre, et ceci serait en faveur de notre hypothèse, la réapparition de la céphalée à la suite de la compression. de l’abcès, et même des accidents épileptiformes ; nous n'avons pas observé ce phénomène chez notre malade.
Tels sont les symptômes ordinaires de la forme anatomique habituelle, c'est-à-dire, de la forme perforante ou circonscrite. Nous en ajouterons un que nous n'avons pas vu noté jusqu'à présent. C'est l'existence d’un orifice ou d’une tâche très limitée sur la voûte crànienne, sur l'épreuve radiographique; ce signe était très net chez notre malade. Il n’a véritablement d'intérêt qu'en cas de tuberculose fermée, puisqu'en cas de tuberculose ouverte, on peut sentir facilement l'orifice ou le séquestre par l'exploration au stylet.
Dans la forme diffuse l'abcès est très étendu. Il y a souvent plusieurs abcès en des points parfois très distants ; mais ce n’est le plus souvent qu'à l'intervention qu'on fera le diagnostic de cette forme en constatant, pince gouge en main, l'étendue parfois considérable des lésions.
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