DIAGNOSTIC
1° — Le diagnostic est difficile avant l'apparition de la tuméfaction; on pourra cependant songer à une tuberculose de la voûte quand on constatera chez un sujet porteur d’autres lésions bacillaires, une céphalée localisée et une douleur assez vive à la pression en un point très limité du crâne.
20 — Quand la tuméfaction sera constituée, il sera facile d'éliminer :
1/ les kystes sébacés et angiomes : tuméfactions cutanées, mobiles sur le squelette et faisant corps avec les téguments; |
2} Parmi les tuméfactions sous cutanées, il sera facile d'éliminer les lésions non osseuses, c'est-à-dire surtout les kystes dermoïdes, et notamment les kystes de la queue du soureil. C'est un peu l'aspect d'un kyste de la queue du sourcil que revêtait, au premier abord, la tuméfaction de notre malade.
Mais les kystes ont une mobilité sur le squelette beau. coup plus grande. Ils sont beaucoup plus limités, plus arrondis, plus fluctuants; ils sont parfaitement indolores, enfin, dans le doute, une ponction ramène, au lieu de pus grumeleux, le liquide kystique, spécial aux kystes dermoïdes.
3/ Une fois qu'on a limité au squelette de la voûte le siège de la lésion, il faut éliminer les lésions traumatiques (hématôme sous-périosté, ostéites traumatiques, fracture ancienne, etc.)
Parmi les lésions non traumatiques, il faut éliminer les lésions non inflammatoires, à savoir les néoplasies, c'està-dire surtout l'ostéosarcôme de la voûte, d'autant plus que l’'ostéosarcôme a souvent un aspect inflammatoire. y a,au niveau de la masse, une élévation de la température locale très nette. Mais cette hyperthermie nous éloignerait presque « priori du diagnostic de tuberculose, car, phénomène paradoxal des deux lésions, l'une néoplasique, l’autre inflammatoire, c'est la première qui donne le plus d'hyperthermie locale.
Mais il est des cas de tuberculose à évolution rapide qui s'accompagnent d'hyperthermie.
On devra se baser sur la consistance inégale du sarcôme mou ici et là induré; dans la tuberculose il y a également parfois consistance inégale, mais la mollesse est
-toujours centrale, l’induration périphérique. Dans le sarcôme, zônes indurées et zônes molles sont irrégulièrement alternantes.
La surface du sarcôme est irrégulière, bosselée, la tuméfaction bacillaire est assez lisse.
Le volume de celle-ci est moindre et il n’y a pas, en général, dans les téguments, cette circulation veineuse collatérale intense qu'on observe au niveau du sarcôme.
Les aflections néoplasiques éliminées, restent les affections inflammatoires. Parmi celles-ci on éliminera les affections aigues, c'est-à-dire l'ostéomyélite de la voûte qui s’en distinguera d'emblée par les phénomènes aigüs généraux et locaux qui l’accompagnent; cependant il est des cas, il est vrai rares, d'ostéomyélites crâniennes à marche subaigue et même chronique qui peuvent simuler la tuberculose infiltrèe progressive, ou réciproquement, généralement ces ostemyélites sont consécutives, soit à une sinusite frontale, soit à une otite siégeant au niveau du frontal dans le premier cas, de l'écaille du temporal ou de l’occipital dans le deuxième.
I y a, en général, œdème des parties molles, la limitation du processus est peu nette. Si la lésion est ouverte, l'aspect des fistules n'est pas celui des fistules bacillaires. Le pus n'est pas grumeleux. L'examen du pus ne montre
pas de bacile de Koch, l'inoculation du eobaye est négative, mais, à vrai dire, à part l’antécédent de sinusite ou d'otite, la ressemblance est parfois grande, et l'intervention d’ailleurs indiquée dans les deux cas tranche souvent seule le diagnostic.
Les affections inflammatoires aigües des os de la voûte étant éliminées, restent les inflammations chroniques et alors le diagnostic ne se pose plus qu'entre trois lésions.