ÎE
< Man soll den Tag nicht Man soll am Morgen nicht das Wet-
vor dem Abend loben. » ter wie es scheint, sondern abwarten bis der Abend vorbei
ist.
(< On ne doit pas louer la Le matin on ne doit pas. le temps journée avant sa fin. » , comme il paraît, mais attendre
jusqu’à la soirée.) « Kommt Zeit, kommt Man soll abwarten bis die Sache
Rat. » kommit,.
(« Avec le temps, le con- On doit attendre jusqu’à ce que seil. » l'affaire arrive.)
< Hochmut kommt vor dem Man soll nicht hochmütig sein, Fall. » dann Punkt Gedankenstrich.
(« L’orgueil précède la On ne doit pas être orgueilleux, enchute, » suite. Points de suspension.)
Les autres fonctions de gnosie et praxie sont conservées.
Le fond d’œil présente à nouveau des signes d’hypertension intracranienne. Sans pouvoir dire qu'il y ait stase, un léger œdème nouveau de la papille droite, alors qu’à gauche elle est normale, traduit un changement dans la circulation cérébrale.
Au même moment on a constaté que la bradypsychie était plus accentuée. La plupart des fonctions mentales sont atteintes. B. épelle mal :
A.meir.i ka (Amerika).
H. à. g. e… e. ka (Haguenau) avec des persévérations.
Il calcule mal, alors que jusqu’à ce moment ses réponses avaient été exactes : 3X6—21 3X18—51.
Il a beaucoup de difficultés à répéter les mots tests.
Les proverbes sont mal expliqués
« Es fällt kein Meister vom Wenn man einen Lehrling hat muss Himmel. » man ihm sagen, du fällst nicht direkt vom Himmel, du musst
dich anstrengen.
(< Il ne tombe pas de mai- Lorsqu'on a un apprenti on doit tre du ciel. » lui dire : « Tu ne tombes pas directement du ciel, tu dois faire
des efforts.) < Der Abpfel fällt nicht Wenn man jemand wa. Man will weit vom Stamm. » dem jungen Mann sagen, du musst die Lehre mehr aufnehmen, denn der Apfel fällt nicht weit vom Stamm, dass ihm gesagt wird dass er es wieder ma-
chen soll.
(< La pomme ne tombe pas Quand on pré. quelqu'un loin de l’arbre. » On veut dire au jeune homme, tu
dois approfondir davantage ton apprentissage, car la pomme ne tombe pas loin de arbre, afin qu’il sache qu’il drit recommencenaslentaures
Les rythmes groupés ne sont pas répétés.
Les épreuves des différentes praxies sont bien réussies. L'écriture est lente, un peu tremblée. Il écrit « ich »
pour « es ».
A cette date survient un épisode nouveau : une crise épileptique jacksonienne qui laisse B. complètement aphasique. Le, matin, en prenant son café, surviennent sans aucun prodrome, des mouvements rapides d’ouverture et de fermeture de la bouche, puis des secousses cloniques des muscles faciaux du côté droit et du bras droit.
B. s’est agrippé à la table, il ne tombe pas. Il perd con naissance durant 20 à 30 minutes. Pas de miction involontaire. La crise terminée, B. est très abattu. Deux heures après, il paraît bien, mais ne prononce aucune parole durant la
journée.
L'examen pratiqué deux jours après cet incident montre
que B. est beaucoup plus lent et plus fatigable. Il parle moins.
Abe
Il n’est plus capable de fournir l'explication des proverbes. L’écholalie reste bonne. Il réussit même à répéter une longue phrase. Les symptômes de persévération apparaissent plus
nombreux dans l'écriture et l’épellation :
au lieu de :
« Unser Vater das du bist Unser Vater der du bist in dem
in dem birden in den Himmel.
bi »
« Uns ich weiss wass soll « Ich weiss nicht was soll es beich bedeuten. deuten, &< Was ich so traurig bin. >» « Dass ich so traurig bin. (La Loreley.)
B. a écrit uns (début de unser) pour ich, comme le premier mot de la première phrase qu'il avait écrite, was pour dass à la suite de was du premier vers.
De même dans l’épellation :
A.me.me.mi.mi.ka (Amerika).
H.a.g.mu.ge.nau (Haguenau).
O.w.i.s.g.a (Obwirsheim).
La plupart des calculs sont erronés.
La praxie reste bonne, sauf l’échopraxie avec les yeux fermés qui est hésitante.
Les rythmes sont assez bien répétés, sauf les rythmes groupés. Ils sont bien indiqués et bien exécutés sur indication
verbale.
L'état général de B. s'aggrave rapidement. Des céphalées violentes sont survenues depuis la crise épileptique. Il parle à grand’peine, ne peut plus articuler les mots. Il est incapable
du moindre effort, de sorte qu’il est impossible de l’interroger.
B. est à nouveau hospitalisé à la Clinique Psychiatrique. Il reste alité, ne se lève plus, est très fatigué.
Le 16 décembre on examine B. au point de vue neurologique :
Membres supérieurs. — Les réflexes tendineux à gauche sont très faibles, ils sont un peu plus vifs à droite. Il ne peut pas soulever son bras droit, reste en demi-flexion, la main en pronation. L’échopraxie digitale est possible des deux côtés,
mais à gauche elle est un peu plus brusque.
Membres inférieurs. — Les réflexes rotuliens et achilléens sont assez faibles et à peine plus vifs à droite qu’à gauche. En recherchant les deux cutanés plantaires, les orteils restent généralement immobiles. Au bord externe à droite on obtient parfois une ébauche d’extension presque imperceptible, et à gauche une extension, pas très forte, il est vrai, mais cependant plus nette qu’à droite.
La manœuvre d’Oppenheim à gauche donne une flexion bilatérale des orteils; du côté droit elle produit : une flexion à droite, et une très légère extension à gauche.
Les réflexes abdominaux sont un peu plus vifs à gauche qu'à droite. Cette différence n’est pas nette, parce que le malade réagit par une secousse brusque.
À la manœuvre de Barré, le pied droit tombe au lâchage, mäis la chute ne continue pas.
La force est nettement diminuée à droite pour la jambe comme pour la main.
La manœuvre du talon au genou est à peu près égale des deux côtés, mais il est assez difficile d'examiner le malade qui
ne comprend pas bien les ordres simples.
Statique et équilibration. — En faisant croiser les bras au malade on voit que le corps a une légère tendance à se tourner vers la droite. Au Romberg, le corps dévie vers la droite et en arrière, déviation que B. corrige après quelques instants. On lui dit de se tourner vers la gauche, il le fait nor-
malement. En se tournant à droite, il perd l'équilibre. La mar-
AQU —
che, les yeux fermés, est hésitante et s'accompagne d’une légère titubation. B. monte dans son lit et en redescend facilement.
Sensibilité. — La sensibilité cutanée aux membres inférieurs et supérieurs est normale et égale des deux côtés.
Face. — B. montre davantage les dents à gauche qu’à droite. En tirant la langue, celle-ci sort du côté gauche de la bouche et va vers la droite. Tous les mouvements de la langue sont possibles. Le côté droit de la face est parésié. Les grimaces sont impossibles à droite. En fermant fortement les yeux, la paupière est moins tonique à droite. Le réflexe de Mac Carthy est égal des deux côtés. Le réflexe palmo-mentonnier n'existe pas.
Langage. — B. parle difficilement, il est inquiet, cherche ses mots et essaye de se faire comprendre par gestes. Il nous explique qu’il est à la Clinique depuis 15 jours (en réalité il y est depuis 9 jours), qu’on est un vendredi, ce qui est exact, mais il ne sait pas la date, qu’il parle mal depuis mi-novembre, qu'il comprend tout ce qu’on lui dit, mais qu’il ne peut pas parler. B. est fortement bradypsychique. Les persévérations sont très fréquentes. Par exemple :
Montrez une bouteille : B. la montre.
Montrez une brosse à dent: B. la montre.
Montrez le savon : IT montre la brocse à dent. Montrez le savon : fl montre la brosse à dent et ne trouve pas le savon.
Montrez une fourchette : Il la montre.
Montrez une cuiller : Il dit qu’il n’y en à pes. Montrez un bouchon : Il montre la fourchette. Le calcul est aussi déficient :
3+2 ? : Ne sait pas.
De Di 4.
3+2 ? : B. fait un grand effort, mais il ne
peut pas répondre. Il montre 3 sur ses doigts, mais il ne peut pas montrer 2,
En résumé : B. est alité, souffrant de fortes céphalées, la
face congestionnée, il paraît inquiet. Il a tendance à s’irriter
uU0—
des insuffisances que révèle l’examen. Il se calme peu à peu et répond docilement. Il reconnaît le médecin, qui l’avait rencontré à la Clinique Neurologique un an auparavant. Il se fatigue assez rapidement et l’examen doit être interrompu au bout de moins de trois quarts d’heure.
Il présente une hémiplégie droite très importante avec une extension de l’orteil plus nette à gauche qu’à droite, qui traduit peut-être la compression du pédoncule cérébral droit contre la tente du cervelet et qui indique une extension importante du processus tumoral. La bradypsychie est considérable. L’aphasie motrice est complète. Il ne peut prononcer que quelques mots. Il ne semble pas tout comprendre, même les choses simples. Des phénomènes d’itération se produisent
dans les gestes demandés.
Le 17 décembre, on ponctionne le ventricule latéral gau-
che d’où on retire environ 20 cc. d’un liquide sanguinolent.
Le 20 décembre, B. est très fatigué à la suite de l’intervention. Îl est énervé, inquiet et on ne peut faire qu’un examen très superficiel. La paralysie du côté droit est bien plus accentuée qu'auparavant. Il ne peut plus soulever le bras.
Les réflexes cutanés plantaires se présentent comme suit :
À droite : plante du pied flexion du gros orteil. bord externe l’orteil reste droit, mais avec de très légers mouvements de flexion et d'extension, A gauche : plante du pied immobilité du gros orteil. bord externe extension.
donc signe de Babinski nettement positif.
Enfin on nous signale que le malade a beaucoup plus de
difficultés pour avaler.
oi
Au point de vue psychique, B. a aussi évolué.
Est-ce que vous avez mal ? Non... non, secoue la tête d’un air désolé, se recouche sur son oreiller, puis il montre sa tête en faisant le geste de tourner, de malaxer « sehr weh » (très mal). À plusieurs reprises,, B. dit « non » pour « oui ». Il dit : « Non, non, non », alors qu’il devrait dire « oui » ou qu’il exprime par ses gestes qu'il pense « oui ». La sœur du service nous apprend aussi que B. dit toujours « non », quand il veut dire « oui ».
On lui présente une clef, ïil la prend dans sa main Schl.….… qu'est-ce ? Schl.. Schlüssel (clef).
On lui présente un stylo- le prend en main.
graphe ?
On lui demande si c’est fait non par un signe de tête. un couteau ?
On lui demande si c’est fait oui par un signe de tête. un porte-plume ?
B. est sensiblement dans le même état. Il est complètement aphasique. Il ne dit que le mot ja (oui). La compréhension est beaucoup moins touchée que la fonction motrice du langage. Elle l’est pourtant. B. comprend ce qu’on lui demande, il exécute les gestes demandés, mais avec de nombreuses persévérations. Il se fait comprendre en disant ja pour oui, et ja en faisant un signe négatif de la tête, pour non.
Il désigne les objets qu’on lui demande de montrer avec
persévération, après deux réponses exactes.
Montrer un verre : ien.
Montrer une brosse à dent : bien.
Montrer un bouchon : montre la brosse à dent. Montrer un bouchon : idem.
Montrer un bouchon : montre le verre.
or
Des persévérations également très fréquentes surviennent au cours des épreuves d’échopraxie et de praxie symétrique. Pour faire le salut militaire, il exécute les mouvements des doigts demandés précédemment pour la recherche de l’échopraxie.
Il peut identifier les images d’objets courants qu’on lui montre.
L'écriture est plus difficile. S'il écrit aisément son prénom
Jules, il déforme son nom de famille en y ajoutant un u.
Devant la gravité de cet état, on décide d’intervenir pour la troisième fois. L'opération est pratiquée par le Professeur FONTAINE.
On découvre après incision de la dure-mère une grosse tumeur dans tout le pôle frontal, qui fait saillie. On fait l’ablation au bistouri électrique de masses néoplasiques. La tumeur est infiltrante, sans tendance à la limitation. On met à la place de l’étage inférieur du pôle frontal qui apparaît vide un morceau de muscle prélevé dans la cuisse. On referme le lambeau cutané au crin.
Les suites opératoires immédiates sont bonnes. B. parle
un peu mieux.