‹ Un cas de tumeur du lobe frontal gaucheChapitre 4 sur 28 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La symptomatologie du lobe frontal, bien qu’enrichie au cours des dernières années par les travaux des psychiatres, des neuro-chirurgiens, des physiologistes, BrANCHI, FEUCHTWANGER, NUNEZ, Pierre MARIE, ScHüs- TER, ALAJOUANINE, Clovis VINCENT, CUSHING, GoLrp- STEIN, KLEIST, pour ne citer que les principaux, est encore loin d’avoir pu apporter les éclaircissements attendus sur le développement des troubles mentaux que ces lésions entraînent. Les états d’allure démentielle fréquemment rencontrés dans les tumeurs du lobe frontal sont constitués par des troubles de fonctions que l’analyse a permis de dissocier. Ce sont des atteintes de l’initiative, de l’activité, de la tonalité affective, de l’orientation, de la mémoire de fixation des faits récents. Lorsqu’à ces symptômes d'atteinte du lobe préfrontal s’ajoutent des troubles du langage par lésion de la zone de Broca, l’étude des troubles mentaux s’avère plus délicate encore.

L'analyse des troubles du langage rencontrés dans les tumeurs du lobe frontal a permis de découvrir derrière leur apparente diversité un caractère fondamental commun : un déficit moteur. Outre les troubles décrits par Broca dans les lésions du pied de la frontale ascendante, d’autres ont été plus récemment étudiés : les

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troubles de l’articulation, la dyslexie par troubles moteurs signalée par Pierre MARIE et Foix dans les lésions antérolandiques, l’agraphie motrice (ou apraxie agraphique d’Otto SiTric). Ces symptômes traduisent tous une atteinte des seuls éléments moteurs du langage. Dans la mesure où l’intégrité de l’évocation des engrammes moteurs est nécessaire à tout acte d'identification (BERGSON, PrERSDORFF) des troubles de la compréhension apparaissent secondairement, déterminant ainsi des déficits rappelant ceux de l’aphasie sensorielle.

Par ailleurs, l’étude comparée des troubles du langage aphasique et du langage schizophrénique a révélé entre eux des analogies cachées (KLEIST-PFERSDORFF). Dans l’une et l’autre catégorie il existe des phénomènes de persévération (persévérations qui se produisent également dans la motricité), de la « confabulation d’origine verbale » (production verbale déclenchée par un mot), l’utilisation dans le langage spontané de courtes phrases de syntaxe correcte dont le sens manque ou est difficile à saisir.

L'observation que nous publions, à côté de l’intérêt propre qu’elle présente, nous donnera l’occasion de montrer ces analogies et peut-être même d’en pousser l’étude un peu plus loin, jusque dans le mécanisme de certains troubles du langage et de certains symptômes catato. niques.

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