INTRODUCTION
L’épidénie de névraxite, quoique paraissant éteinte depuis bientôt deux ans, laisse encore l’occasion d’en observer les séquelles si intéressantes pour la pathologie nerveuse; car, dans les suites, de même que dans la période aiguë, les formes cliniques de cette affection sont nombreuses et multiples marquant la diversité de localisation des lésions du névraxe.
Le syndrome parkinsonien est le plus fréquent de tous les états post-névraxitiques: un tiers des cas, d’après M. le professeur Sicard, vingt cas sur cent un, d’après MM. Barré et Reys, 80 p. 100 d’après Bing'; il est pour quelques auteurs d’une importance telle que le professeur Sicard, en particulier, veut en faire & un élément de diagnostic rétrospectif des états névraxitiques et paranévraxitiques » (Soc. méd. hôp., Paris, 9 déc. 1921). Ce syndrome revêt lui-même des aspects variables selon, sans doute, que les lésions affectent plus fortement les centres du tonus musculaire, du régime vaso-moteur de telle ou telle région, ou bien encore, les centres indéterminés des fonctions supérieures; c’est ainsi qu’on a publié les obser-
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vations de parkinsonisme post-névraxitique, hémiplégique, monoplégique, avec prédominance cervico-brachiale, avec mouvements de la bouche rappelant le bâillement « mouvements chasmoïdes » (de Froment et Paliard), avec rires et pleurs spasmodiques, avec troubles sympathiques, avec troubles sphinctériens, avec sialorrhée, avec hypersécrétion des glandes sébacées du visage (Spat), avec obésité transitoire, avec glycosurie, avec phases de mutisme.
Parmi les autres séquelles de la névraxite .épidémique, on a signalé: des troubles mentaux, des phases de somnolence ou, au contraire, d’insomnie rebelle, l’inversion du rythme du sommeil, des hémiplégiées, des paralysies faciales, l’atrophie musculaire, des céphalées persistantes, le phénomène des « yeux de poupée » (Cantelli), une sclérose en plaque à forme cérébelleuse (Souques et Alajouanine).
Mais aucun des cas publiés ne signale un état léthargique aussi prolongé, aussi constant que celui dont nous donnons ici l’observation. C’est pourquoi, sur le conseil de M. le professeur Rimbaud, nous en faisons notre sujet de thèse.
Après avoir donné cette observation et discuté le diagnostic, nous examinerons successivement, pour en donner une idée d’ensemble:
La léthargie,
L’attitude,
Le mutisme,
Les mouvements des yeux et des paupières,
Le psychisme,
Un essai de localisation des lésions du système nerveux.
Nous essayerons ensuite de conclure, ce qui est sans doute téméraire, puisque la maladie n’a pas encore terminé son évolution. :