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Sergent et Cottenot la même année (1913-1914) publièrent des résultats à peu près semblables. Laubry enfin présenta l’année dernière une obser-
vation très instructive :
Hypertension paroxystique guérie par la radiothérapie de la région surrénale : « Cet homme se présenta à la consultation de l'Hôpital Broussais le 16 avril 1926 se plaignant de crises répétées qui se déroulaient à peu près de la façon suivante : Après une sensation de fatigue et de dérobement des jambes, d’engourdissement des extrémités, envahissant peu à peu les membres et l'abdomen, surgissait une angoisse précordiale, une sensation d’étreinte thoracique douloureuse, irradiant quelque fois à la gorge, plus souvent dans les deux bras tandis que les douleurs abdominales s’exagtraient au point que le malade avait la sensation qu’on lui « tordait les viscères ».
Quand on l’examinait en dehors de ses crises, on ne remarquait rien : le cœur avait un rythme et des bruits parfaits, et la tension, ou bien était franchement normale ou bien s'élevait à des chiffres qui n’avaient rien d’excessif. Je trouve noté à cet égard : 15-9, 16-9, 16-10, 16 1/2-11. Quand. au contraire, on avait la chance d'assister à la crise, la scène changeait. Outre l’aspect du visage, sa pâleur, le refroidissement des extrémités, les sueurs profuses qui indiquaient l’état de souffrance interne de l’organisme, on percevait au cœur un claquement inusité des valvules aortiques, et la tension s’élevait à des hauteurs impressionnantes : Voici des chiffres à mettre en regard de ceux précédemment cités : 25-5, 11-5, 30-14, 30-18, 21-14.
Ainsi, sur le simple récit du malade, et en l’absence de tout symptôme objectif, étant donné surtout que les crises survenaient sans cause, sans relation avec l'effort ou un acte physiologique, ou même avec l’émotion, on pouvait à peine se défendre de l’idée qu’on était en présence de troubles névropathiques et M. Donzelot l'aurait cru, s’il n’avait eu l’occasion de saisir sur le vif l’hypertension paroxystique. Grâce à lui, j’étais prévenu et quand le malade vint me raconter ses misères, je reconnus à ses premiers mots, le sujet qui avait tant préoccupé MM. Vaquez et Donzelot, qu’ils avaient recueilli dans leur service, sur lequel M. Vaquez
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avait fait une magistrale leçon incriminant à son sujet un trouble de la secrétion surrénale, et rapprochant son cas de celui de MM. Labbé, Tinel et Doumer, à l’autopsie duquel on avait trouvé une volumineuse tumeur de la surrénale.
Je ne suivrai pas mes collègues dans les considérations judicieuses qui les ont conduit à leur interprétation pathogénique. Je suis tellement de leur avis que j’en apporte aujourd’hui une preuve thérapeutique. Si en effet, le malade vint me voir, c’est que tout traitement tenté sur lui avait échoué, et que même, une crise plus violente que les autres, accompagnée de céphalée atroce, avait entraîné une hémorragie rétinienne et la perte presque totale de la vision de l’œil droit. Pendant plusieurs semaines je fus aussi impuissant que mes collègues. Je cherchais dans la gamme des hypotenseurs, des antinervins, des modérateurs par excellence du sympathique, comme l’éserine, ou le gardénal, le médicament efficace. Je ne réussis qu’à amener passagèrement de faibles rémissions, après lesquels les crises reprirent plus nombreuses, devinrent journalières, pujs survinrent plusieurs fois dans le courant de la journée, rendant la vie insupportable, empêchant tout travail, faisant de cet homme jeune, actif, intelligent et entreprenant un misérable infirme!
J’eus alors l’idée que je regrette de ne pas avoir eue plus tôt, de soumettre le malade à la radiothérapie surrénale. Je demandai à mon collègue et ami Coutard, de l’Institut Curie, comme un service personnel, de vouloir bien mettre au service de cette tentative les ressources de sa technique et de son admirable installation. Du 21 juin au 10 juillet 192€, le patient subit 14 séances. Le traitement fut assez pénible ne produisant pas d'amélioration, mais dès que l’irradiation cessa, la détente se fit sentir. Les crises diminuèrent de nombre et d'intensité. A peine en nota-t-on deux ou trois en 10 jours puis, elles disparurent et le malade fut désormais tranquille, gardant le trouble de sa vue, mais rendu à la vie normale. En décembre en présence de quelques velléités de douleurs abdominales, le traitement fut repris et, jusqu’au 20 janvier 1927, on pratiqua 24 séances de radiothérapie profonde.
Plus de 6 mois se sont écoulés depuis la fin du deuxième traitement, plus d’un an exactement depuis le début de ce traitement, laps de temps que j'estime suffisant pour porter
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un jugement sur son efficacité. J’ai revu plusieurs fois mon malade, il a repris ses occupations. Il appréhende Ia crise à la moindre perturbation, mais il n’en a jamais subi, et d’ailleurs il sait que nous possédons contre elle une arme qui a fait ses PRÉAYES ».
Il faut ajouter comme nous l’a dit tout dernièrement cet auteur que son malade est stabilisé avec encore une forte pression artérielle mais son état fonctionnel se maintient bon et compatible avec la vie normale.
À lInstitut municipal d’Electro-radiologie, nous avons eu nous-même l’occasion de traiter des hypertendus par les rayons X. Dans tous ces cas la technique employée fut la suivante : Pour atteindre la surrénale, il faut, comme l’a montré Cottenot, placer les champs d'irradiation, de part et d’autre de la colonne vertébrale, au niveau de la 12 vertèbre dorsale et donner à l’ampoule une légère inclinaison en dedans. |
À chaque séance, irradiation des deux surrénales séparément. Sur chaque champ, localisateur rond de 10 cm. de diamètre avec filtre de 5 mm. d’al. Intensité : 2 milliampères. Tension : 16 cm. d’étincelle équivalente entre pointes. Dose 1 à 3 H par champ et par séance. IL est bon de toujours tâter la susceptibilité du malade. Selon la théorie générale de Zimmern, il.est aussi ridicule pour les rayons X que pour les autres agents physiques de vouloir créer des doses omnibus pour une maladie donnée.
Nous retiendrons les observations suivantes à titre. d'exemple :
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Observation N° 3070. Décembre 1926. M. L..., 51 ans, COnducteur de travaux. Envoyé par son médecin avec le diagnostic d’hypertension ne cédant pas aux traitements et régimes médicaux. Rien à signaler dans les antécédents personnels, sauf 4 ans de travail dans l'air comprimé. Actuellement céphalées occipitales accompagnées de vertiges, bourdonnements d'oreille, douleurs lombaires, fatigue au réveil.
Polyurie nocturne,
L'examen de l’appareil cardio-vasculaire révèle un bruit de clangor aortique. Rien au poumon ni au tube digestif.
Pas d’œdème des paupières ni des chevilles.
Examen de laboratoire : Urines normales. Urée sanguine 0,572.
Orthodiagramme : légère hypertrophie du ventricule gauche. Aorte d’une transparence normale pour l’âge du malade.
Valeurs de la tension arérielle et traitement :
13 Janvier 1927 Pachon 32 Séance 19 — Séance 18 — Pachon 30-15 Séance 20 — Pachon 27-11 Séance 22 — Pachon 22-10 Séance 26 = == 22-11
n’a plus ni céphalée ni lombalgie. La fatigue du matin a disparu.
10 Février Pachon 21-10
31 Mars — 24-13. malgré le bon état fonctionnel, on recommence une série de 4 séances terminée le 7 avril.
Revu 3 mois après, l’on observe :
28 juillet Pachon 23-10
20 octobre — 26-8
M. Zimmern s'oppose a une reprise du traitement en vue d’abaisser davantage la tension artérielle, tous les troubles fonctionnels du malade ayant disparu.
Par la suite l’on note :
3 nov. 1927 Vaquez 21 : aucun trouble, aucun malaise.
22 mars 1928 Vaquez 21-12 Pachon 22-12
Ce malade a eu au cours de son traitement des variations
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de pression avec même de légères ascensions. Mais il faut remarquer que la pression était de 32 au début du traitement, qu’elle a oscillé entre 24 et 26 à la fin du traitement; que par la suite elle s’est stabilisée aux environs de 22,
chiffre que nous retrouvons encore 15 mois après le début et 11 mois après la fin du traitement.
I] faut noter que ce malade n’a reçu qu’un H par porte et par séance. Comme, dès le début, il avait réagi à cette dose, elle n’a pas été augmentée. à
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Observation N° 3804. 17 mars 1927. Mme R.., 64 ans est envoyée par son médecin pour traitement de son hypertension. Dans les antécédents personnels : un glaucome opéré il y a 3 ans du côté gauche.
Actuellement se plaint de mouches volantes, vertiges, bourdonnement d'oreille. Pollakiurie nocturne.
Urine : ni sucre ni albumine.
Artères dures. Aorte plus opaque qu’il ne conviendrait.
Bordet-Wassermann négatif.
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Le 22 mars la tension est de 24-10 au Pachon.
On met la malade en traitement par le lit condensateur. Elle fit de mars au début de Juin 38 séances. Sa tension baissa tout d’abord et l’on put relever comme chiffres les plus bas 18-11 le 26 mars à la 5° séance. Mais le 28 avril, à la 19° séance, on note 27-9. Néanmoins la malade se disant beaucoup mieux après ces séances, l’on continua mais sans noter d’abaissement de la tension.
Une tentative de radiothérapie est faite en fin Juin et a donné un résultat indéterminé.
La malade revient en Janvier 1928 pour un nouveau traitement radiothérapique : Ses troubles ont augmenté, elle a des crampes dans les doigts, des sensations de picotements dans les jambes, une violente céphalée temporale. La mesure de la tension artérielle durant son traitement a donné les résultats consignés dans la courbe suivante :
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Le 24 mai, 12 jours après la fin de la deuxième série de ce traitement, la malade, a une pression de 21-11 au Pachon. Elle se trouve améliorée dans l’ensemble ayant moins de
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battements dans les tempes et de fourmillements dans les membres. Sa tension oculaire est cependant encore forte du côté droit (50).
Nous avons un résultat moins beau que dans le cas précédent ce qui ne saurait nous étonner puisque la malade était une artério-scléreuse; et Zimmern et Cottenot en 1913 ont montré que ces cas sont moins favorable.
Assez récemment, Marcel Labbé a adressé à l’Institut municipal un malade dont ci-dessous l’obser-
vation :
Observation N° 6534. M. P.., 67 ans. 20 mars 1928. Se présente avec une raideur généralisée des membres inférieurs et supérieurs; marche à petits pas (lacunaire, aucun signe pseudo-bulbaire). Tension au pachon 26-14.
Pas de céphalée, ni de bourdonnements d’oreille, ni de vertiges. Clangor aortique.
L'examen répété des urines ne révèle ni sucre ni albumine. Urée sanguine 0,55. Constante d’Ambard 0,15
15 mars Vaquez 25 et Pachon 26 Séance 17 — — 21 21 — 20 — — 20,5 — 21 — 22, — — 19 —— 18
3 avril — 17 — 18
En outre nous avons traité une malade présentant des
troubles sympathiques nombreux accompagnant un syndrome de Basedow fruste. Nous avons irradié simultanément la
thyroïde (6 H par porte) et les surrénales (2 H par porte).
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