SCENE III
JOBIN, sewi, rangeant.
Bien sûr, il est toqué... Il se fait gagner tout son argent; c'est étonnant, comme il a du malheur aux cartes... Il a toujours à ses trousses un tas de grugeurs... sans compter qu'ils ravagent le mobilier... et les verres !.. Ah! tant qu'à ça, c'est pas que je m'en plaigne ; je les ai môme aidés à briser les cristaux... Les verres cassés, c'est mes profits ; je les mets à la caisse d'épargnes. Il n'y a que ça qui me fait tenir un peu à ma place; car, pour Monsieur, il n'a pas ma confiance, et quand un maître n'a pas la confiance de son domestique, il est bien peu de chose dans une maison !.. Un homme qui est colère comme un poulet-d'inde, et qui n'a que de mauvaises raisons à vous donner... Encore s'il no donnait que ça... mais il rue! Cet homme-là ma donné, depuis que je suis à son service, plus do coups de pied qu'il n'en existe sur la surface du globe ! il en use ses bottes! elles périssent lotîtes par le bout, et j'en suis bien aise... Tu n'en useras jamais autant que je voudrais, va, in(lii;ne que lu es! Et jamais il ne vous ferait une politesse, jamais ! Si on a besoin d'un polit-verre, on est obligé de le prendre. (En disant cela, il s'est approché du buffet, au fond, à gauche de la porte, où il a trouvé une bouteille , et se verse à boire. En redescendant un peu h scène : ) C'est humi-
liant, quand on a de l'honnêteté. (// tourne le dos à la porte d'entrée et porte le verre à ses
lèvres.)
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