SCÈNE IV
BADUREAU, JOBIN.
{Badureau vient du fond, il paraît préoccupé ; il aperçoit JoUn qui boit sa liqueur, lui donne un coup de pied, et, sans y faire plus d'attention, descend la scène.) JOBIN, qui a eu le temps de boire un peu, et sans se retourner.
Monsieur est rentré?.. (Il cache vivement le verre et la bouteille derrière son dos et remonte près de l'armoire.)
BADUREAU, préoccupé, à lui-même.
Sortie !
JOBIN, à part , surpris et tournant le dos au public.
Je crois qu'il no m'a pas vu, et qu'il a lancé son pied sans destination.
BADUREAU, à lui-méme.
Elle était sorcie !
JOBIN, après avoir bu à la dérobée, recevant de Badureau, auquel il tourne le dos, un nouveau coup de pied.
Oh! (A part.) Décidément, il m'a vu ! (Il sort tout doucement par le fond.)
BADUREAU, SCul.
Mais on m'a promis de l'envoyer à l'inslant. (Examinant le cheveu.) Il est de règle que la nuance capillaire rellète toujours un rayon de ''âme... (}uelle flme!.. Ce cheveu ne me sort pas de la léte!.. C'est inouï, plus je l'examine, et... plus je le vois !.. (Se reprenant.) €'est-à-dire plus je l'admire!
JOBIN, venant du fond'.
Monsieur, faut-il faire entrer?
BADUREAU.
Qui?
JOBIN
C'est le coursier.
La lingère?.. Qu'elle vienne, et va-l-en'
JOBIN, s'approchant.
C'est que je voulais dire à Monsieur...
BADUREAU.
Va-t-on!.. ou je le pas.se mon pied au travers , du corps !
JOBIN
J'aime mieux m'en aller. (// sort vivement. Thérèse paraît au fond.)