‹ Un chirurgien arabe au Moyen AgeChapitre 2 sur 23 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Nous touchons au terme de nos années d'étude. Combien nous nous prenons à regretter de les avoir vu s'enfuir si vite, tant nous avons trouvé dé charme à les vivre |

Presque à la veille de quitter la terre de France, qui fut pour nous si hospitalière, et d'aller retrouver, au delà de la grande mer bleue, le ciel ardent d'Afrique, sous lequel nous avons vu le jour, nous nous sentons envahi par un sentiment réel de mélancolie à la fois douce et profonde.

Quels souvenirs pleins d'émotions n’emportons-nous, cachés dans les replis les plus secrets du cœur ! Quelle dette n'avons-nous le devoir de paver à cette heure aux Mailres vénérés qui loin des nôtres, au sein de cette vieille Université de Montpellier, nous ont appris avec un égal dévouement à aimer la science médicale et la France, notre patrie d'adoption !

Notre gratitude doit tout d'abord aller aux professeurs de clinique médicale, MM. Carrieu et Grasset, dont nous avons suivi tour à tour l'enseignement, el qui se sont

efforcés de nous apprendre, comme à tous nos compa-

gnons d'études, l’art, sinon de guérir, du moins de soulager et de consoler toujours l'humaine souffrance.

Nous sommes également heureux de dire à M. le professeur Forgue tout ce que nous lui devons pour les leçons que nous avons reçues de lui. Il nous a montré en quelle haute estime on doit tenir l'art de la chirurgie dont naguère il soulignait lui-même les lettres de noblesse, en un magistral discours surila.« Chirurgie préhistorique. »

Que M. le professeur agrégé Mouret nous permette en même temps de lui adresser l'expression de notre respectueuse et inaltérable reconnaissance. Nous ne pouvons oublier que, si nous fûmns son élève, nous fûmes égalementilé, malade obligé de faire-appel sa sciences qu'il noug:. a, prodiguée: avec. aubant: d'empressement que:-de paternelle. sollicitude.

A tant de motifs de gratitude vient s’en ajouter: un autre; qu'avant destermimer ces dignes, nous:considérons comme un devoir,le: plus agréable à remplir; en lexprimanticis

Cest:celui dede bien haut le. sentiment de profonde oblhgationque nous-avons plus particulièrement contractée envers MM. les professeurs Sarda et Carrieu, Vires et. Seubeyran..

M: le professeur -Sarda, qui en acceptantila présidence decette.thèse s’est fait: auparavant notre:judieieux .conseil. Nous.ne; pouvons oublier derendie à son haut enseigaement.le-juste-hommage. qui lui est dû: Homme:d'un caractère.éleré ; n'est-ce pas peindre d'ünctrait ce Maitre vénéré dont l'indépendance d'esprit est une; des qualités maîtresses, en disantique par:sa: science ilsait se-montrer l'auxiliaire. éclairé dela justice et du droit consacrés à la.défense: de l’ordre. sociaket dela Loi:

A; côté. du professeur: Sarda: nous: devons. faire -une

” large-part dans nos sentiments de gratitude à M5 le: pro-

fesseur: Carrieu. Tous ceux qui ont eu le rare bonheur

de faire leurs études médicales à Montpellier ont emporté

le: souvenir de son enseignement magistral, qu'il prodi-

gue tous les.jours ‘avec une inépuisable bonté au lit de

nos malades. Quel est:le jeune médecin quidans toute, cette région n'ait trouvé en présence d'un cas difficile,

en:compulsant les lecons-eliniques du:Maitreoù-se révè-

lentiavee: tant de netteté la: sûreté de:son coup d'œil pénétrant et-de son diagnostie, la solution désirée ?:

Celui à qui va spontanément et d'une-façon plus partrculière encore, comme un: véritable élan du cœur; notre sentiment de reconnaissance, c'est! M: le: professeur agrégé Vires:

Amides lettres, épris des études historiques, cherchant toujours.à rattacher les progrès. du présent'aux connaissances: du passé, c'est à lui que nous devons le choix du sujet de notre étude. C'est lui qui, supposant que nous pourrions à notre connaissance de la langue arabe mettre en relef quelques points encore mal connus de l'histoire de: l'art chirurgical au moyen âge, nous a conseillé de choisir comme sujet de thèse une étude critique sur les œuvres d'un chirurgien arabe. Son inépuisable bonté, toujours prêt à nous être agréable, son érudition si étendue dont il a ouvert dans cette-circonstance ls trésors accumulés, ont été pour nous un précieux. soutien dans cette étude: parfois ingrate, toujours difficile, que sans l'aide de: ce Maitre indulgent nous n'aurions pu peut-être mener à bonne fin. Qu'ilnous permette donc de-lui adresser à-celte heure un solennel etmérité hommage, et de lui dire combien cher sera pour nous le souvenir que nous emporterons de lur.

A côté du professeur: Vires,: nous considérons égales

ment comme un devoir de donner une place dans nos sentiments de reconnaissance à M. le professeur agrégé Soubeyran, dont les leçons théoriques sur Part chiruroical ont pu nous permettre d'apprécier les progrès des procédés de la technique opératoire actuelle mise en parallèle avee ceux dont on se servait jadis.

Après tous nos Maîtres de la Faculté, il nous est cher d'adresser un dernier adieu, d'envoyer une parole d’atfeetueuse sympathie et de gratitude à certains de nos ainés, devenus bien vite nos amis et qui nous ont prodigué sans compler les trésors de leur expérience et de leur judicieux conseils. N'est-ce pas, en effet, à quoi bon le cacher, leur modestie dût-elle en souffrir, à MAL. le prosecteur Delmas et le docteur Delmas, son frère, chef de clinique d'accouchements, que nous devons, à la veille de nos actes de scolarité, d'avoir pu rappeler à notre mémoire le souvenir parfois affaibli des lecons d'anatomie el d’obstétrique qu'ils ont mission de prodigquer aux étudiants. Nous somines tout particulièrement heureux de leur dire, comme à de vieux amis dont on ne se sépare qu'avec un profond regret, lout ce que nous devons dans le cours de nos études à leur enseignement fait à la fois de.clarté el de précision scientifique.

Nous ne pouvons meltre le dernier point à ces quelques pages sans dire aussi à tous les amis au milieu desquels nous avons vécu, dans celte vieille cité universiaire, le souvenir ému que nous emporterons des heures vécues au milieu d'eux. Certains ont essayé de combler autour de nous, par leur affectueuse sollicitude, la famille absente. Ne nous ont-ils pas souvent réservé la meilleure place à leur foyer, nous parlant de ceux qui nous sont chers, nous faisant évoquer devant eux la beauté du golfe tranquille de la blanche Tunis et de l'antique Car-

VIf thage ; nous apprenant aussi à mieux connaître el mieux aimer encore la France, la beauté de sa langue, les ressources de son puissant génie, la grandeur de son histoire ! À eux tous qui ont ainsi aidé à former notre cœur et à élargir notre esprit, nous adressons un lointain au revoir et un cardial merci. À Fheure lointaine du départ nous cueillerons d'une main délicate cette fleur de Pamiüé; l'emportant précieusement et diserèlementavee nous, nous lui permettons de fleurir encore et de s'épanouir dans tout l'éclat de sa fraicheur et de sa beauté, sous l'influence du soleil et du ciel loujours profondément bleu de l'antique Carthage où demain nous serons appelé à vivre.

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