INTRODUCTION
La chirurgie, plus antique peut-être que la médecine, fut pendant de longs siècles à essayer ses premiers pas. L'ignorance des plus simples notions d'anatomie arrêtait l'essor de ses progrès : les préjugés vulgaires et religieux interdisaient chez les anciens la dissection des cadavres.
Sans rapporter ici toutes les anecdotes relatives à la chirurgie chez les divers peuples de l’antiquité: Indous, Égyptiens ou Juifs, nous dirons que cet art enfermé dans les plus étroites limites n'’offrit rien, chez eux, de nature à présenter un caractère scientifique.
C’est parmi les Grecs que Part d'opérer à pris quelque forme. Ne doit-on pas considérer Hippocrate comme le père dela chirurgie? Lui qui, le. premier, suivit ici encore une méthode rationnelle, prenant pour guide Pob-
servalion dégagée de toute hypothèse! Cependant La chi-
LR REs rurgie du « divin vieillard de Cos » reste rudimentaire et bien inférieure à sa médecine. Pourquoi s’en étonner, quand on n'ignore pas combien était bornée l’anatomie au temps d'Hippocrate, alors qu'on ne connaissait du corps humain que le squelette et qu'on n'avait guère disséqué que des animaux ! (1)
Quatre sièeles séparent Celse d'Hippocrate. Pendant celong intervalle, le trône d'Egypte échut à Ptolémée Soter. Celui-ci, bravant tout préjugé, autorisa ouverture des cadavres humains (2). L'Ecole d'Alexandrie, fondant ainsi pour la première fois la base de l'édifice médical sur lanatomie, réalisa en chirurgie des progrès considérables. Malheureusement, aucun des travaux originaux des médecins d'alors n'est parvenu jusqu'à nous. Celse, à qui lon peut même refuser a qualité de praticien, résume à lui seul cette époque brillante. Ce qui donne tant d'originalité aux écrits de l’encyclopédiste romain, c'est que les ouvrages où Celse à précisément puisé les éléments de ses œuvres chirurgicales, ont tous péri dans les deux incendies de la Bibliothèque d’Alexandrie.
Galien, postérieur à Celse d’un siècle environ, ne disséqua que des animaux, dans le but unique de découvuir, derrière la disposition des différents organes, les secrets de leur véritable fonction. Le médecin de Pergame
(1 On peul supposer, d'ailleurs, qu'il a Uiré des manuscrits des Asclépiades ce qu'ils avaient de bon el profilé des traditions conservées dans cel ordre.
(2) Ptolémée lui-même donna l'exemple de celte pratique : Hérophile el Erasistrate disséquèrent même des criminels ou desesclaves vivants,