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dire en tout cas d'elle comme de Lady Heartwell du « Wit without Money », qu’elle est « a most able wench able to redeem an age of women » (II, 1). APE re
Miss Prue frappe aussi par son originalité. Hazlitt dit que c'est un reflet animé de Miss Peggy (Mrs Margerie Pinchwife de « Country Wife »), « maïs sans le poids du métal ». De fait toutes. les deux descendent d’ Agnes de l” « Ecole des Femmes ». La prude de Congreve cependant, si elle n’a pas une silhouette aussi précise que ses deux modèles, à, disons-le, plus de vie. Congreve lui en donne juste assez pour révolter Taine... (1). De plus, É il nous donne en Miss Prue la jeune fille, pas l’épouse, prude. De là des notes pleines de piquant comme son impulsivité ingénue, la fraîcheur, l’impressionnabilité allant jusqu’à la violence et par-dessus tout un plein air de campagne — notes qui dans leur ensemble en font une originale et, comme telle, une création supérieure aux deux modèles cités, beaucoup plus conventionnels et statiques, quoique d’une construction générale plus achevée.
Rien de plus caractéristique pour son originalité que les situations où la place le poète. Elles sont de son invention propre, chose qui ne peut pas se dire de Wycherley par rapport à Molière. Son entrée en coup de vent sur la scène, ravie du parfum du mouchoir de Tattle, la leçon du baiser, comme la scène paradoxale avec Ben, pour ne pas parler de la rupture inattendue avec Tattle et de sa bouderie contre son pauvre. père, sont — malgré les exagérations qui pouvaient et peuvent encore être évitées par le jeu de l’actrice — des petits ta-
{1) « Ce sont des cavales, jolies si vous voulez et bondissantes, mais décidément entre les mains de ces poètes, l'Homme naturel n’est plus qu’un échappé d’écurie ou de chenil. »
bleaux d’un cachet tout particulier où l'héroïne se montre quelque chose de plus qu une ingénue : un tempérament. 4 L adorable couple de libertines n’a qu’un défaut, celui de | n'être pas nouvelles chez Congreve. Nous les avons déjà vues dans les pièces antérieures... Nous pouvons dire qu'ici il les-a parachevées. En leur ajoutant 1É impertinence et le cynisme, un seul pas de plus et il les aurait fait sortir de la société. Telles quelles, la première reste le type de la femme infidèle, maîtresse de tous ses moyens pour berner son mari et renier son amant; (1) la deuxième, passionnée pour les tableaux et les collections de ses amis, comme Lady Fidget est passionnée pour les collections de faïence de Horner, n’est que la sœur jumelle de la première, ‘avec cette différence qu’elle n’est pas mariée ! (2). - Nous avons parcouru dans ces pages un des plus beaux spécimens dela comédie universelle,
D'une action unitaire, limpide et pleine de mouvement, avec des personnages puissants, vivants et qui ne dépassent pas les bornes du naturel, « Love for Love » est le type de la comédie de mœurs.
Nous pourrions dire comédie de mœurs humaines, pas so-
(1) De la manière dont elle se défend à la face de Scandal, d’avoir été sa maîtresse tout en l'ayant été tout récemment, elle nous rappelle Lady Squea-
mish, de « Friendship in Fashion » d’Otway. Celle-ci aussi aime malgré ses |
dénégations. « Je méprise les tentations », dit-elle à Victoria, après avoir eu vent des relations de Valentin avec Camilla ; elle « ne laisse plus l’amour frôler son cœur », une fois que le jeune homme en question lui a tourné le dos. (III, 1). Mais, libertine moins fine, au lieu de mener les hommes par le bout du nez, ce sont eux qui la mènent. Sa pose de mijaurée est plutôt celle de la femme trompée que celle de la femme qui trompe. Toujours prête à aimer quelqu’un elle s’entiche plus tard de Goodvil (v. V, 1) et, désabusée même de celui-ci, elle dit enfin à Victoria carrément : « O how I dote 6n a spark ». — « I have had acquaintance, I think with all the sparks. »
(2) Nous pourrions nous arrêter au caractère de la « hoyden Nurse » de Miss Prue en souvenir de celle de Juliette, caractère seulement esquissé par Congreve, mais dont la source est dans Shakespeare. Sa rapide apparition provoque des scènes qui, comme celle où elle s’alarme de l’absence de Miss Prue, sont pleines d'humour.
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ue. en comprenant par là le degré le plus proie dé 1: comédie de caractère, sinon la comédie de caractère elle-même. HOTTE Congreve qui est. un auteur de comédie pure ne pouvait pas ; aller plus loin, vers un Misanthrope ou un Avare, par exemple, vers la comédie de caractère proprement dite. Cela aurait été dépasser les limites de son génie et mette à une difficile épreuve Te l'inspiration qui a donné naissance à ce chef-d'œuvre. Car « Love for Love » est, par dessus tout, de œuvre inspirée. La * puissance et l'entrain n’en sont égalées que par la beauté er ’ 5 l'originalité d'intuition comique. RTE ae |
Conçue dans un moment d'invention dramatique Sn et entière, elle ne doit aux grands chefs-d’ œuvre de la comédie universelle que ce que n’importe quel auteur de marque fui qu comme suggestion et vagues réminiscences.
Au contraire, ces suggestions et ces réminiscences bon + £ plutôt la fécondité de création artistique du poète, car elles | sont transmuées d’une manière si heureuse que, supérieures
à l'original, elles font aller l’auteur de pair avec les‘ grands 1 maîtres de la comédie.
Sans leur céder en rien, Congreve les dépasse même par l'éclat de la forme. « Love for Love » est un régal de l’ esprit. Chaque pointe l'emporte en brillant sur la précédente; chaque phrase est un triomphe et une Surprise. L'accord unanime des critiques à exalter de la sorte la verve et le « wit » de Congreve doit se rapporter surtout à la comédie au sujet de ue Hazlitt cite les vers de Collins :
Whose jewels in his crisped hair À Are placed each others light to share.
Leigh Hunt qui trouve l'esprit de Congreve fatigant à la fin, ne veut, certes, pas impliquer aussi dans cette réserve Love
qi > Rd un bé « Love for. Love » unit un fond ae à une. aa parfaitement adéquate, pour nous aa l’expression pure et: entière du génie de Congreve, arrivé à sa pleine matu- rité et en pleine possession de lui-même; et cela avec certainement le minimum de ses défauts et le maximum de qualités. Si AU toute son œuvre avait disparu excepté « Love for Love », la DOS place de Congreve aurait été la même dans la littérature : : « Celle de LÉ auteur de pure comédie de mœurs la plus brillante en ne anglais » (1). Es Du est d'ailleurs la réputation que is pièce e avait aëjà au à temps de Davies. À | Regardée aujourd’ hat sous la Dane du temps et au en dé 4 vue strictement esthétique, la pièce qui fut, à son apparition, d jouée avec un succès exceptionnel (freize jours de suite), et reprise, il y a deux ans, par la Stage Society, A tenu dans une hilarité continue un auditoire des plus intellectuels et des ; : plus aptes à à comprendre, est une des six ou sept grandes : Comédies de mœurs de la littérature universelle. : La place en est entre la « Mandragore » et les « Femmes Savantes ».