DEP E TE
QE
cr for licensing Hackney Coaches, bestowed upon him soon after
38 place in the Pipe Office and gave him likewise a post in the RU Custom House of the value of six hundred. pounds a year. » (Ce
cumul de sinécures sur la tête d’un poète était bien fait pour us la jalousie du confrère le moins envieux !) Mais c est.
à Southerne vraiment que revient la paternité de ce bruit, qui en relatant le succès de la pièce, dit qu’elle a fait au poète beaucoup d’amis parmi lesquels Mr. Montague, plus tard Lord Halifax, qui lui donna l’un après l’autre les trois postes cités, plus celui de secrétaire de la Jamaïque. Ce fait à été reporté
d’une manière identique par Th. Birch dans. le « General Dic-
tionary », qui, sans le « immédiatement », donne pourtant à entendre cette hâte des autres à enrichir le poète. D'ailleurs dans Ja « Biographia Britannica » nous ne pouvons trouver non plus cet « early in 1693 » de Mr. Gosse. Pour réfuter la tradition, Mr. Gosse fait remarquer que Charles Montague n’a pas été nommé Chancelier de l’Echiquier et n’était, par suite, pas à même de donner des postes, jusqu’à l’été de 1694. Mais dans le « General Dictionary » on dit : Mr. Montague, afterwards Lord Halifax, who procured him to be appointed one of the Commissioners.. etc. Cela veut dire « grâce à son influence »….
Nous pouvons donc facilement admettre que Congreve ait obtenu le poste par son intervention. Il se peut encore que. « Lord. Halifax » n’y soit mis que par l’habitude d’un titre fameux qui
a consacré Ch. Montague.
Si cela n’était pas assez pour combattre l’affirmation du Dr. Campbell, la dédicace de « The Old Bachelor » y suffiraitelle ? À notre avis il n’est que très naturel que Congreve n'y fasse pas allusion aux faveurs d’ordre matériel dont il avait bénéficié et sa délicatesse explique son silence.
Quant au poème sorti Pr tard de la nt de sh qi ee eômme le dit Mr. Leslie Stephen, ne brille pas précisément par la justesse des assertions, on y trouve a vers nice so: mais nas CRE DE : OP) Ne Re
“This Congreve AR in! faune plays | AE re And one poor office half his days, Er NOR ES While Montague, who a the station FAST APRES To be Mecenas to the Nation : ea CES PERRET
‘For poets open table kept. AN DEP EDR UN Himself as rich as fifty Jews PEN, Lt PRO ET Was easy, though they wanted shoes, Ù And crazy Congreve scarce would spare À der to discharge his chair:
| Swift ne pouvait souffrir Halifax dont il dit autre paré aussi (1) que ses encouragements n'étaient que « de l’eau bé- 1e nite de cour et de bons repas »; que jamais il ne lui a entendu « dire quelque chose de bon ou goûter quelque chose qu’un au: tre ait dit. » Animé de tels sentiments, dans ses vers Dartuts assez maladroits, il pouvait facilement en arriver à à laisser les poètes sans souliers à une époque qui pourtant commençait à être favorable aux écrivains. Quant à Congreve, il nous est difficile de nous le représenter dans cette situation à n'importe quel moment de sa vie. Si « crazy » à ici le sens quelui attribue Mr. Gosse, c’est-à-dire » chétif, maladif », nous savons bien que c’est à un âge où le poète avait la situation matérielle d’un gentleman assez à l’aise pour s "offrir le luxe d’ une « chaise » d’un shilling (2).
Si au contraire, ce qui nous paraît plus probable, il faut
(1) « Remarks on the characters of the Court of Queen Anne. »
(2) Les « half his days » avec lesquels Mr. Gosse mène Congreve jusque vers 1700, ne nous satisfont pas non plus, Car alors l'expression serait incompatible avec « one poor office », le poète ayant un peu plus que cela à cette époque.
Ne prendre le mot dans le sens original, de maniaque, par allusion | à un esprit de parcimonie bizarre qu'avait peut-être le poète, 2) Ë est évident que cela ne peut se mettre sur le compte d’ Halifax. |
Des arguments de Mr. Gosse, le seul qui reste est donc la | relation donnée par Luttrell plus, comme il dit lui-même, un “ri tas de probabilités. | é
Une voie pour élucider ces probabilités nous est offerte par
le document, de 1699, où avec plus de clarté que partout ailleurs cet « ‘immediate » de la « Biographia Britannica » est présenté
à la -place et sous le jour voulus :
« Cette comédie The Old Bachelor a eu au théâtre un succès
si resplendissant qu elle a. donné à son auteur renommée et
bonheur. Immédiatement (1) elle le fit connaître de la ville et
d’un honorable Mécène, qui, à la satisfaction de tous les amis
excès. Nous ne comprenons pas pourquoi le résultat de ces
de la science, de l’esprit et de la poésie s’est toujours montré depuis lors un ami généreux du poète » (2).
Nous voilà donc arrivés avec Congreve au printemps de 1695. IL jouit alors d’un traitement de 100 livres par mois, car c’est
précisément la réduction de ce traitement, primitivement de 200
livres, à 100, qui avat causé les démissions citées et une vacance pour le poète. En outre, ses droits d’auteur joints aux revenus de son patrimoine, devaient/lui permettre de tenir assez bien son rang dans la société pour ne pas mériter la compassion de Swift. En été, il se hâte d’aller aux eaux à Tunbridge Wells pour se soigner d’une maladie de la rate. Mr. Gosse voit dans cet incident une preuve que la santé du poète était minée par les
(1) « At once ».
(2) Rien donc de précis et de matériel encore. Des perspectives seulement. Et, parmi celles-ci, la plus proche, le poste que Luttrell lui accorde en Mai 1695.
mi
excès se serait localisé justement dans la rate ! Mais dans la
correspondance que l’avare poète nous donne pour la première
fois, il nous apparaît comme un malade d’opéra-comique, avec la valise mieux garnie de plaisanteries que d’ordonnances.
Nous A voyons Congreve pour la première fois en compagnie de ses amis, et dans une société à laquelle il se mêle et Bu, milieu de laquelle il vit, s’il ne s’y agrège pas- complètement. Cet épisode intéressant de la vie du poète nous est relaté dans une foule de lettres échangées entre lui et Moyle et Dennis, réunies dans la collection « Letters upon several occasions » ef. . publiées en décembre 1695 par Jonh Dennis. Quoique l'aîné de Congreve de plusieurs années (1), leur amitié battait alors son plein et jamais Congreve, chose rare, ne se fâcha avec lui. On demandait un jour à notre poète comment il se faisait qu'il avait pu conserver cette amitié une vie entière: il répondit simplement « qu’il préfère la flatterie de Dennis à son fiel ! » (2) Quoi qu'il en soit, à cette époque leur intimité est parfaite, et cela au grand plaisir des biographes qui peuvent Saisir LPPAIPES ; quelque temps Congreve sur le vif.
Nous voyons d’abord Dennis s’étendre dans deux premières lettres sur quelques caractères des pièces de Ben Jonson. Dans la deuxième il s'excuse même de faire attendre à Congreve une lettre qu'il avait préparée pour lui (3);
En échange, l’auteur de Maskwell s’intéresse au caractère de Mosca et ceci n’est pas sans signification pour qui voit en
(2) Ch. Wilson. Tom Davies.
(3) I will not augment the trouble which I give you by making an apology for not giving it sooner. Tho’ I am-heartily sorry that I kept such à trifle as
the inclosed,.and à trifle writ ex tempore, long enough to make you expect à la— boured letter. !
hé Al Eu NT se
Ben Jonson le vrai innovateur de la comédie de mœurs anglaise.
La fin de cette deuxième lettre est encore plus caractéristique.
15 2 . Dennis, après avoir soutenu que les sots de Ben Jonson se prê-
CS
tent aux jeux de son esprit bien mieux que ses hommes de bon
ee sens — chose parfaitement applicable à Congreve — et que
son dialogue manque souvent de cet esprit, de cette grâce, de ce noble persiflage qu’on trouve dans plusieurs pièces modernes et qui sont des vertus qui devaient être inséparables d’une comédie parfaite; après avoir demandé à la comédie la passion, comme seul moyen de plaire — car rien n’émeut comme elle, | et l'émotion est la santé et la joie de L âme — et après n'avoir pas manqué de faire une citation de Boileau, le versatile criti- que conclut : « Je vous laisse eue à Jonson tout ce que j’ai dit sur ses comédies; je les soumets à votre jugement qui est plus sain. Car étant donné qu'après Wycherley vous êtes indiscutablement le meilleur auteur de comédie, en vie, de notre époque, il faut espérer que vous en serez aussi le meilleur juge. »
C’est certainement en réponse à cette intéressante lettre que: Congreve envoie à Dennis la longue lettre du 40 Juillet 1695 Concerning Humour in Comedy ». Nous nous bornerons à dire ici, au sujet de cet important essai, que c'est, si peu de temps après la succinte et personnelle dédicace de « The Double Dealer », la plus sérieuse manifestation de Congreve comme critique. D'un jugement sain et élevé, il réhabilite la notion d'humour et, après l’avoir séparée de celle du wit, il demande qu’elle ne soit confondue ni avec les tics extérieurs du corps ni avec l’excentricité, l’affectation ou les défauts personnels; l’humour provient de la nature, tandis que les autres naissent de l'habitude ou de l’effort. |
Congreve donne des exemples tirés de Ben Jonson et se réfé-
u — us A OO NE Ce rant au « comiques-insectes | My comme on appellera, de l’époque, il dit aussi « qu’il aime rire », mais que en même . « cela ne l’intéresse pas de voir des choses qui Vobligent & avoir des pensées basses sur sa propre nature » et « qu il ne
PR jamais regarder un singe un peu trop longtemps. »
” Congreve, on peut le voir dès maintenant, n’ était pas un poète-papillon distrait et libertin ; à l’ âge où d’ autres poètes ni ne. se sont pas encore. découverts eux-mêmes, lui, qui l'avait fait depuis déjà longtemps, avait aussi réussi à se créer un système | He OTIttque ét Une conception artistique. C’est à la lumière de cette conception que nous serons en mesure de mieux comprendre s son art particulier. APRES à
Un mois après cette importante lettre (1), John Dennis unit ses regrets à ceux de Moyle pour dire que Tunbridge Wells est devenue pour le poète un Léthé plutôt qu’ une eau contre les maladies de la rate, puisqu “elles ont causé son silence et l’ou- bli. Mais, probablement, Congreve avait quelque chose de mieux à faire pendant ce temps-là, car Moyle fait bientôt savoir à | Dennis qu’il à été chaleureusement loué par notre poète auprès d’ une dame ! à
Le critique se sent très humilié et tout ce qu il désire c’est pouvoir, en le louant aussi, rendre les dons « in specie ».
Congreve répond trois jours après dans une lettre peine de
- bonne humeur. Il raille, en vrai auteur comique, le coin de pro-
vince dont les eaux, si elles ont un rapport avec le Léthé, n’en
‘ont certainement pas avec celles de l’Hélicon et, comme telles, : pourraient avoir des effets salutaires sur les malades de chez … - Will's ! Certains passages sont d’une vraie valeur littéraire. :
a LE ÿ f }
(1) Le 8 août 1695.
Ad
« Mais, que la société d'ici soit bonne ou mauvaise, ne t’attends pas à recevoir de moi des « Caractères ». Car, je te l'avoue, je suis un ennemi de la destruction (des autres). D’ail-
leurs existe-t-il ici quelqu’ un qui ait droit à des louanges mérités l'ai donc l'intention de t’écrire sans la moindre prétention à quoi que ce soit de nouveau, comme si je buvais avec toi sans trinquer à ta santé. Je voudrais, pour l’amour de toi, pouvoir te recommander à des connaissances que j’ai faites ici et
- qui, je pense, méritent véritablement que je les cultive, je veux
dire la Paresse et la bonne Digestion. Tu ne saurais t’imaginer comment on mange ici; tout le monde a un appétit à rendre des points à une autruche, et comme on boït de l’acier.…. “le matin, je crois qu’on pourrait digérer du fer à midi. Certainement,
tu vas te moquer de moi en m’entendant nommer la Paresse une nouvelle connaissance, quand, autant que je puisse savoir,
la plus grande partie de mon occupation est à peine un peu plus que rien. Oui, mais ici, J’ai le confort de la variation; main-
tenant je ne fais rien non plus, mais sans me donner de peine,
et sans donner de peine à autrui, car je n’ai de poésie ni dans la tête ni dans le cœur ». Et de l’allusion sarcastique aux auteurs dramatiques d’été : « C’est maintenant le moment où le
soleil fait éclore les insectes », jusqu’à l’élégance avec laquelle
il glisse sur la longueur de sa lettre dont il ne s’excuse pas
pour ne pas l’ajouter à la première ‘faute — cette lettre est un document de finesse, de grâce et de sensibilité ironique.
Le poète y suggère également le sujet d’une pièce qui aurait pour scène une station balnéaire, mais en citant « Cynthia’s Revels » il ne parle pas de « Epsom’s Wells ». L’observation des mœurs qui l’entourent ne l’a pas conduit cependant à une comédie de ce genre — qui serait peut-être unique. Car
; Je 13 août nous le voyons écrire à à Moyle, en Cornottilles avec la même ironie de gentleman à l’ adréssé des poètes et de Wil’s Coffee House ; une autre lettre du volume, de Moyle cette fois,
du 7 Octobre 1695, parle de la description humoristique de J obn
Abassus, que le poète lui avait faite dans une lettre précédente. ll y est question de La consécration de. John Abassus, selon le rile
paien, à Appolon, ce qui équivaudrait Cà la consécration d’un
homme aux dieux Mônes, car l’un et l’autre sont les. martyrs
de la Renommée ». Il s’agit certainement d’un morceau satiri-
que, la production peut-être des vacances littéraires de Congreve, dont le cadre était un cérémonial burlesque et le but, la parodie de la vie de chez Will's et de la vanité littéraire, comme ont les voit déjà ironisés dans les lettres mentionnées plus haut. La précieuse lettre se termine par : « Mes humbles respects à
Mr Wycherley ; je serais heureux si vous me donniez de vos nouvelles dramatiques en me disant aussi où vous en êtes de la tragédie ». Ainsi donc, au début d'Octobre, Congreve, qui
pendant l'été n’avait sans doute pas été si paresseux qu'il le
prétend, travaille encore à la. tragédie que Swift avait annoncée depuis si longtemps. Il semble que l’auteur ait eu des difficultés là-dessus, soit que le vers ou le ton tragiques ne lui convinssent pas. ne $ PAFARRE RE | ;.
C’est encore dans cette lettre que nous trouvons une autre
mention de Wycherley dans la vie du poète. Il est déconcertant qu'entre les deux grands dramaturges de l’époque, même si nous tenons compte de la différence d’âge, les relations soient
si insignifiantes. Il est vrai qu’à cette époque Wycherley vivait :
retiré et abattu; il ne fréquentait plus les tavernes qui autrefois
RENTE RSR RAS
SMS
es rendaient jal jalouse 6 Lady Drogheda, et n ‘habitait même pas Londre (£ HOe HApnhaie |
Al est tout : aussi curieux de n avoir pas non plus de lettres
2 entre Dryden et Congreve, surtout à cette époque 0 où
“leur: amitié était plus forte que jamais et où l’ éloignement devait les faire penser l’un à L autre. 5
SPA Le 8 juin de ce même été, par exemple, Dryden, écrivant à Jacob Tonson au sujet de la deuxième liste de souscriptions pour son Virgile (2), qui paraît « démesurément croître à mesure qu’elles s’amassent » ne mentionne qu’un nom à l’éditeur et encore avec quelle intime confiance : « Mr. Congreve peut être avec nous, comme un ami commun, car si vous le considérez comme votre ami, je ne doute nullement qu'il ne soit bien plus le mien ».
(1) La deuxième dés [a Letters upon several occasions » (la première est adressée par Dennis à Moyle « the Cornisch Squire ») est “celle du critique à M. Wycherley, à Cleve, near Shrewsbury, 9 janvier 1693/4. Dennis, tout plein d’un chaleureux enthousiasme pour le poète, lui dit qu'il ne reparlera plus dorénavant de Wycherley comme du plus .grand esprit qu’ait produit l'Angleterre, envoyé exprès sur la terre pour charmer les oreilles des hommes les plus spirituels et ravir les cœurs
- des plus belles femmes, « il ne le considérera plus que comme l’humble ermite de Cleve. » (La Correspondance continue ainsi jusqu’à la fin de 1695.)
Toutefois ces deux poètes qui ont tant de points de ressemblance, dont les talents rivalisent, vivant au milieu d'amis communs comme Dennis, Moyle, etc. doivent s’être rencontrés beaucoup plus souvent.
- Abstraction faite de la dernière lettre de Dennis à Congreve, pendant “son séjour à Tunbridge Wells, dans laquelle on trouve une allusion qui paraît s'adresser à Wycherley, le reste de l'intéressant volume est cccupé par la correspondance entre Wycherley, Moyle et la dédicace « à celui qui était nourri de dédicaces », Montague.
(2) La seconde liste de ces sOusCript tons, comme on pouvait S'y attendre, porte aussi le nom de Congreve.
2 AA Fe
Dans la lettre du 29 Octobre 1695, nous trouvons Congreve comme témoin plus précieux encore, en quelque sorte garant,
dans les affaires tant soit peu embrouillées du grand poète et du grand éditeur (1). Dans une autre lettre enfin du 13 février de la même année, annonçant à Tonson qu'il vient à Londres, Dryden se demande si Southerne et Congreve « Jui feront l’ honneur de lui tenir compagnie aux derniers quatre milles ». « Mais il aime à croire qu'ils seront assez aimables avec un de leurs amis qui les aime si sincèrement tous les deux ». .
Voilà comment évolue Congreve, dans ses lettres et dans celles de ses amis, élargissant continuellement le cercle, dans l’heureuse période de « Love for Love » et à la veille de son succès peut-être le plus éclatant.
Au commencement de l’automne 4695, sa principale occupation est, comme nous l’avons vu, la tragédie, qui ne se termine jamais. Pour le moment quelques productions mineures. La prise de Namure par Guillaume lui inspire une ode assez piètre, adressée au roi. À côté d’elle « The Mourning Muse of Alexis » ressuscite, et la même année voit deux éditions consécutives de la pastorale:
Mais l’ode était à peine pee quand Southerne fit jouer à Drury Lane sa nouvelle pièce « Oroonoko ». Congreve qui. comme poète: occasionnel guette les prétextes, lui écrit quelque chose d’un peu mieux réussi que son ode, un épilogue de circonstance. L’année 1696 le trouve dans le même « farniente ». C’est à peine si en Juillet nous le voyons se réveiller de sa léthargie à l’occasion d’un prologue écrit pour « The husband
(1) « And your promise to Mr. Congreve that you had found a way for my benefit... I then told to Mr. Congreve, that I knew you too well to believe: you meant me any kindness : and he promised me to believe accordingly of you, if you did not. » <
S = oo — 149 —
his own œuckold » de Drÿden Junior. Ce prologte est un peu
= plus piquant 4e l’autre, par le fait que, s’armant à nouveau
d’ une ironie à laquelle il nous a habitués dans les lettres déjà
| mentionnées, il accentue ici ses sarcasmes contre l’avalanche des pièces de l’époque, sarcasmes justifiés cette fois, comme le dit Mr. Gosse, par le nombre des débuts féminins et des pièces
insipides de l’année.
Cependant l’année se passe et pas un mot de « The Mourning Bride ». Mais Congreve doit avoir cimenté son amitié avec Mon-
tague qui, de plus en plus puissant, était à même de le mieux . protéger. Le dernier fruit du succès de « Love for Love » fut
recueilli par lui au printemps de 1697, autant que nous le puissions savoir (1), car, le 4 Mai, Congreve reçut une nouvelle sinécure, celle de « Commissioner for Hawkers and Pedlars ».
Congreve devient donc le « sinécuriste », grâce à cette nouvelle fonction qui sans faire de lui un homme riche, a dû consi-
dérablement accroître son aisance.
-Ce n’était pourtant pas cela qui pouvait obliger l’indolent
épicurien à terminer sa tragédie; mais, en qualité de poète officieux, il se croit obligé de faire vibrer sa lyre, en compagnie de Dennis et d’autres, chaque fois qu’un évènement d’Etat le demande. È
Le 5 octobre 1697, Dr. J. Woodward écrit à Evelyn, du Gresham College : « J'ai oui dire que M. Congreve travaille à un poëme à l’occasion de la paix et tous ceux qui sont au courant de l’activité de ce poète s’attendent à quelque chose d’extraordinaire ». Il n’y à pourtant rien d’extraordinaire dans
« The Birth of the Muse » apparue le 18 Novembre, excepté
(1) Luttrell Diary.
Cab DMC
Fa 450 RUE
peut-être la. platitude du poète: dans ce genre. . écrit AE à l’occasion de la paix tant. attendue de Ryswick, c'est. un ce poème important, qui glorifie le roi dans un style. ampoulé. et Su. flatte Montague à qui il est dédié. Mais il n’a plus le même e succès .en public, car les Vers. ennuyeux provoquent, l'ironie des rimailleurs. L’un deux publie immédiatement un phamphlet en vers intitulé « The Justice of the Peace » où la. déesse de Ja . Paix =
est vengée plus sarçastiquement que ne l'avait, été Thalie à Le V occasion de « « The Double Dealer ». Après avoir prétendu que : ER
Instead of saying what we want * One (1) banters us with PERS cant
M l'auteur du pamphlet se plaint que ‘:
Another writes such soothing number ovni T2 .T would almost lull one +0 a slumber. 6 In frontispiece stands Birth of Muse :
17 A porch too big for such a House ; In gentle strains he tells a tale ‘Of ‘heavenly orb and earthly ball :
By dint of Rhyme he proves it clear That the world hangs in ambient air, Sings of creation and rehearses Good prose of Moses in bad verses ; But once transported bard forgot Peace was the thing he sould be at.
On le voit bien, Congreve, malgré toute sa gloire, avait cependant des ennemis, qui n’attendaient que le oo favorable pour le dénigrer. | É
Mais cette occasion ne se présenta pas avec l’œuvre qui, à da: fin de cette année, venait couronner le poète de nouveaux lauriers grâce au genre de la pièce, à la noblesse et à l'élévation de 54 la muse qui l’avait inspiré. ue ee
(1) C’est-à-dire Dennis.
36% . ch poèmes A ARR précités et collabora-
2 r Enéide de Dryden qui lui en avait confié la révision, que : Fe « es Bride » » voit les feux de la rampe (4). | Er.
The Mourning Bride
Fiat vo À OS MT
A4 L'Alphonso, fils d’Anselmo, roi de Vie est mort. Or, Anselmo,
en lutte avec Manuel, roi de Grenade, s'étant emparé de sa capitale, : | : emmené en captivité à Valence, Alméria, la fille du roi. Mais & au lieu de la traiter en esclave, le bon roi a décidé de la fiancer à LE
son fils qui en était tombé amoureux. Tout aurait bien marché, si É < Manuel, à la tête de nouvelles forces, n'avait à son tour conquis la forteresse d'Anselmo en le forçant à s'enfuir avec toute sa cour.
@) Mr. Gosse croit pouvoir contredire la tradition qui fait paraître | e « The Mourning Bride » à la fin de l’année 1697, en trouvant dans la + « London Gazette » la pièce annoncée dans son premier in-quarto — le 11 Mars, — fait d’après lequel la représentation n'aurait pu avoir lfeu qu’en février 1697. Cela dépend du point de vue auquel nous nous plaçons. D’après le vieux style qui faisait commencer l’année le 23 Mars, la vieille date est donnée exactement ; et comme toutes les dates du temps sont données d’après ce style, nous ne voyons pas l'erreur. Colley Cibber dit d’ailleurs que Congreve a mis trois ans à tenir son engagement envers Betterton à l’occasion de « Love for Love ». Et ces trois ans nous mènent juste à la fin de l’année 1697, car cette pièce avait été représentée au commencement de 1695 (vieux style). Parmi les fuyards, la reine Alméria et Alphonso ont été embarqués sur un vaisseau. Mais le vaisseau poursuivi a fait naufrage sur les côtes d'Afrique.
Si la princesse a été sauvée, Alphonso et la reine ont été engouts | par Les flots — le jour même où les ie Jaunes gens roient, éte mariés.
La pauvre Alméria a juré ‘tidélité au ‘disparu et, comme elle avait été unie à lui pour la vie, elle le sera encore après sa mort. 3
La princesse qui ne vit que pour cette pensée jure en présence de sa suivante qu’elle mourra plutôt que de se marier à Garcia, le jeune général de son père, récemment couvert de lauriers sur le champ de
bataille, Elle se prépare justement à se rendre au tombeau dAnselmo, SE dans le voisinage, quand Gonsalez,: père de Garcia et favori de. Manuel, arrive annoncer l'entrée triomphale de son roi.
Or, NOÉ parmi les captifs qui entrent, la reine Maure Zara, e& parmi les officiers de sa suite, Osmyn, dont l’orgueil aussi frappant Re. que la beauté de sa reine, n’a d’égal que sa bravoure. Froid et tacle À turne, l'air hautain, il refuse de recevoir les attentions, comme -il
refuse d’obéir aux ordres. ù : ù : $
Le roi, qui naturellement avait été subjugué par la beauté de la : reine sitôt qu’il l'avait aperçue, ordonne en termes qui sont autant "JS de déclarations d'amour, qu’on la délivre de ses Te Mais ses regards s'arrêtent étonnés sur le jeune et sombre cavalier Maure. Ne serait-il : ras lui aussi dévoré d'un ampur caché pour sa reine ? À ses questions Zara se hâte de répondre que la tristesse de son officier est due à la perte de son ami Héli dans la bataille. Le roi, qui a un double motif k de s'en informer, donne l'ordre de chercher l'ami d'Osmyn — peut- ne être vit-il encore.
II. Garcia et Pérez ont bien vite trouvé Héli, l'ami d'Osmyn, errant près de l’aile d’un temple, par où Osmyn lui-même est d'ailleurs en train de promener sa mélancolie. Héli, à qui on parle de son ami et de ses tristesses, part à son tour à sa recherche.
Mais un instant après leur départ, Alméria et Léonora arrivent au tombeau d'Anselmo, situé sous le parvis même du temple. Nous y voyons la princesse pleurer les malheurs dont elle est accablée. Mais aux noms d’Anselmo et d’Alphonso, mêlés aux sanglots d'Alméria, - à une voix répond des profondeurs du caveau. C’est Alphonso lui-même. |
Car l'étrange et sombre Osmyn n'était, déguisé en Maure, que le 4 fils d'Anselmo, venu lui aussi en ce même moment au tombeau de son père. SRE
Au milieu des larmes de surprise et de joie à la vue si inattendue de sa fiancée et de son ami retrouvés, il n’a pas le temps de raconte.
à Alméria les péripéties qui l’ont sauvé de la mort et l'ont conduit ice, Surtout parce que Héli, dont le vrai nom est Antonio, voit venir Zara avec son fidèle Semin, à la recherche d’'Osmyn, sans doute. Ils se. “hâtent donc de le laisser seul pour ne pas éveiller les SOUpÇons ;
aux premiers mots de Zara nous pouvons bien voir qu’elle aime
éperdument cet Osmyn que les flots ont jeté sur le rivage de son. pays et que ses soins ont ramené à la vie ; qu'elle a fait passer à la cour pour un certain prince de Fez, en vue de ne pas le rendre suspect aux yeux du roi-consort. De plus, la guerre contre le roi Manuel n’a été déclaré que pour venger ce prince bien-aimé et pour le restaurer dans ses droits. Esclave maintenant à cause de lui, elle
commence pourtant à domñner l’âme du vainqueur ; elle usera de cette influence pour tâcher de regagner, pour elle et pour lui, la liberte.
Mais toutes ces confessions font plus de mal que de plaisir au jeune homme. Son cœur et sa pensée sont plus que jamais à la divine Alméria. Son attitude indifférente révolte Zara qui, étrangère aux sentiments d'Osmyn, n’y voit que l'insouciance de son sort ou la crainte de Manuel.
Entre la révolte et le dépit, quand le roi arrive avec sa suite, Zara ‘va en profiter pour jeter sur son bien-aimé l’éternelle accusation.
Furieux, le roi ordonne de jeter aux fers le malheureux captif, à dont l’indolence venait en quelque sorte de justifier ses soupçons.
III. Mais Osmyn, une fois en prison, ne tardera pas à recevoir la visite de Zara. Une nouvelle lui fait d’abord connaître qu’à Valence il y a des troubles et que le peuple n'attend qu’un chef pour secouer le joug du tyran Manuel. Zara ne pourrait-elle donc pas servir cette politique par son influence sur le roi ? Osmyn, qui ne sait pas simuler l'amour, va cependant essayer, sur l'avis de son ami Héli. d’avoir plus d’attentions pour elle.
Zara a trop de cœur et d'amour pour lui pour ne pas lui demander pardon de sa conduite et ne pas lui offrir la liberté, comme le moindre des présents qu'elle peut lui faire.
Celle-ci une fois partie, Alméria arrive. Mais les deux amants ont à peine commencé leurs épanchements que Zara revient. A la vue
d'Alméria en larmes, Zara ne peut avoir que les soupçons les mieux
fondés. Osmyn ne peut non plus réussir à sauver la situation et, resté de nouveau seul avec la reine captive, il ne trouve nee elle que fureur au lieu de la tendresse de tout à l'heure.
Pour le moment elle se borne à commander aux gardes de le surveiller rigoureusement, d'empêcher surtout la princesse de le voir.