‹ Un Classique Moderne William Congreve Sa Vie, Son ŒuvreChapitre 31 sur 70 · N VA · texte numérisé non relu

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IV Sa 1601ère; est de calmée ; car, si elle calomnie de nouveau | Osmyn — en l’accusant même d'être pour quelque chose dans les 11e troubles de Valence — dès qu’elle apprend par son eunuque Selim que le roi a décidé de le faire mettre fe mort, elle ne songe bee ‘ms à 26 la, manière dede: sauver: CA on

La captive insinue que la node autour du prisonnier n’est D . pas assez sévère. Elle sait de source certaine que des gens à à la cour Der: ont été soudoyés pour favoriser sa fuite. Si le roi donc a autant Lee soin de son propre sort qu'elle en a elle-même, il donnera l'ordre = ‘ que seuls elle et ses muets puissent franchir le seuil de la prison FRE s’il faut que le rebelle meure, un seul signe de lui et un de ses escla-

ves dévoués, habitués à ces ROFIÈE d’exécutions, l'étranglera.

Le. jusque-là # est bien on que Porn n'y pénètrera, pas ; ou Ss même la princesse.

< Pas même la princesse ? s’exclament le roi et son conseiller étonnés. Et Zara s’empresse alors de dévoiler au roi la scène d’entre la princesse et l'étrange. prisonnier. Une fois qu'elle est sortie pour donner ses instructions à ses muets, Gonsalez reste pensif. Il croit à la véracité des paroles de Zara, mais, plus perspicace que le roi, à lä manière dont elle a prononcé le nom de la princesse, comme aussi : aux hésitations que sa conduite à trahies jusqu’à présent, il com- -mence à soupçonner sa duplicité. Pour le moment Alméria va être conduite. devant le roi: Malheureuse comme elle est et habilement circonvenue par son père et le ORPI, elle ne tarde pas à avouer même pis qu'ils ne s’attendaient à apprendre

Quand elle quitte la salle presque affolée, le courtisan, resté seul, ‘arrive bien vite à une décision. Le seul moyen de conserver la princesse à son fils est de faire périr sur le Champ le captif. Maïs, comme les dernières révélations de Zara ont montré sa duplicité, c’est luimême qui se chargera de l'exécution. Gonsalez donne donc l’ordre à son fidèle Alonzo de lui apporter, même au prix d’un meurtre, le costume de l’un des muets de Zara.

V. Quand dans la même salle nous apprenons par 1a conversation de Manuel, Perez et Alonso, que les muets de Zara ne se voient nulle part, pas plus que leur maîtresse, mais qu’Osmyn gît à terre ligotté et enchaîné, un muet apparaît, . mais en voyant le roi, il veut s’éclipser.

Alonzo met la main sur lui, le muet tire de son sein un billet qu'il froisse et veut avaler ; le capitaine le lui arrache au moment

à poignarde. cet tombe. Bonne occasion pour Gonsalez en quête d'un costume de muet | — mais, de mauvais augure pour le roi, car celui- -ci, en ouvrant la lettre, n'y trouve que des mots révélateurs de la trahison de Zara, mots adressés à son bien-aimé qu'elle voulait LA faire ‘éc apper. Perez, le capitaine, reçoit l'ordre d'aller directement tuer Osmyn et d'en apporter au roi le costume et le turban à ses

pi ieds. Il s’accoutrera lui-même de ce costume et, chargé de fers, il se sis couchera sur le sol de l’obscure prison. Quand. Zara viendra sauver Le son adoré, l'y trouvera ! > ES

RE. Zara arrive pientôt avec Selim : : “he s'étonne que le roi, en passant, n' ’ait cru devoir que froncer le. sourcil, ‘et tourner la tête. Mauvais signe |! Elle soupçonne un malheur prochain pour Osmyn et pense à “mourir avec lui. Elle dit à Selim de lui amener ses deux derniers

ruêts avec deux coupes" empoisonnées.

É Revenus à la prison, nous y voyons He en muet. Couvert

de sang, il a dû commettre le meurtre. Mais quelle n est pas. son

;- étonnement quand Garcia et Alonzo viennent lui aporendre qu'’Al-

= phonso, échappé depuis un certain temps de la prison, est prêt, avec

le traître Perez, le souffleté, à donner l'assaut à la ville de Grenade.

Gonsalez proteste : « Alphonso ? Il vient de le tuer ! » Mais, examiné

de plus près, on voit que le cadavre est celui du roi, déguisé en

Osmyn. D'autre part, au dehors les gardes, sous la menace des enne-

. mis qui approchent, demandent leur roi. Garcia va se mettre à leur

tête, pendant qu’Alonzo, pour cacher le plus possible l'erreur de Gonsalez, détache la tête in tronc et la cache dans un coin.

Le - Dans la prison ainsi restée vide, Zara, avec Seth et ses deux | muets entre silencieuse. A la vue du cadavre elle roignarde son fidèle sujet qu’elle accuse de l'avoir trahie auprès du roi. Celui-ci expirant n’a que le temps de lui révéler le sort du muet surpris avec

la lettre. Zara n’a donc plus qu’à prendre une coupe de la main de l’esclave et elle tombe foudroyée à côté de son adorée. C’est le moment

où Alméria entre. Elle voit. les deux cadavres et croit tout comprendre.

Comme les muets-lui montrent la coupe vide, Alméria veut embrasser une dernière fois Alphonso avant de boire aussi, quand... celui-ci entre suivi de Héli et de Perez, amenant Garcia et sa garde pri- sonniers. pe

Surprise encore ee grande que dans la scèrie du tombeau, Mais une surprise plus heureuse, cette fois. car la situation étant facilement éclaircie, il ne restera plus au nouveau roi qu'à régner à côté

de son Alméria.

Le L'intéiine de «e “The Mourning Bride » est évidemment en <a ë

qui peu auparavant avait enthousiasmé le public en Angleterre

grande partie conventionnelle. Le nœud en est un lieu commun du roman héroïque de l’école de La Calprenède- -Seudéry-d’ Urfé: 2

comme en France et avait fini par faire de Dryden bon gré mal F

gré un poète tragique. - SES N.

Le thème de la pièce dont l’action n + pas du tout « origi- ;

nale (1), comme nous allons le voir, se trouve dans « The Indian Emperor », le grand succès dans ce genre de l’auteur qui devait au bout de deux ans être poussé par ce même succès aux excès de « Tyrannic Love or the Royal Martyr » et d’ « Alman-

zor and Almahide or the SOUSSE of Granada by the Spaniards ».

Après avoir eu le soin de sauver, ‘dans «e Indian. Queen Ve Mon- | tezuma et Orazia, Dryden a songé à à faire reparaître l’ancien général comme empereur du Mexique, en lui donnant deux fils, Odmar et Guyomar, et une fille, Cydaria. Celle-ci tombe amoureuse de Hernando Cortez, le général espagnol qui, aidé des Indiens rebelles au chef Montezuma, envahit le Mexique. Cortez de son côté aime Cydaria, mais il arrive qu'il inspire aussi de l’amour à la fille de la feue reine des Indiens, pue dont

- Montezuma lui-même est épris.

Avec quelques changements de pays, l’intervertissement d’un nom propre et l’omission d’Alibech, sœur d’Alméria, qui de son côté est aimée des deux fils de Montezuma, la trame de la pièce de Congreve est donc de Dryden. Nous ne louerons pas l’auteur d’avoir trop fait d'efforts d’adaptation. Le thème était

(1) Cf. From what source Congreve borrowed the plot of the « Mourning Bride » does not appear to be KnOwn ; perhaps he invented it himself. Gosse, « Life of Congreve. »

e LS ADT = un si grand favori à cette époque que son succès était plus assuré sans changements que s’il y en eût apporté.

; Congreve naturellement a changé le scénario et l’agencement épisodique, inventant, d’après un autre modèle cette foisci, le conflit d’entre Grenade et Valence avec les péripéties qui

is ensuivent. : è

Mais ce dont nous ne pouvons pas trop louer le poète, c’est d’avoir donné à un thème emprunté directement au drame héroïque un admirable canevas tragique. En effet, il fait précéder l’action d’un évènement tragique dont elle devient la résultante, de sorte que tout le drame de Congreve n’est qu’un vaste dénouement. Il a commencé bien avant le lever du rideau, entre Alméria et Alphonse. Or, unis pour la vie par les liens du cœur et de la loi, ils sont tout aussi irrémédiablement séparés. Ce qui va arriver lorsque ces deux malheureux jeunes gens voni être remis en présence l’un de l’autre, voilà le vrai problème, le vrai drame auquel vise Congreve. -

Nous ne pouvons pas dire qu’il ait aussi emprunté cette idée à Dryden. Elle est le produit naturel de sa logique dramatique. Et nous ne pouvons pas assez apprécier le génie du poète qui, au dire du Dr. Johnson, a voulu prouver dans cette pièce qu’il possède tous les secrets de l’art, alors qu’il réhabilite un lien commun de drame à l’aide des procédés des grands tragiques. Car ce n’est en effet que chez les anciens que nous trouvons le système du drame anticipé. Pour ne prendre comme exemple qué l’ « Orestie », nous nous souvenons que le destin de ses héros est préexistant à l’action proprement dite. Il a commencé par la décision des dieux et la prédiction des oracles. Ce que nous voyons sur la scène n’est à proprement parler que la catastrophe, c'est-à-dire lé lutte de ces héros contre leur destin

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