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(1) De Grisy (op. cit., p. 163) dit que « le même poète tragique non content ‘d’avoir écrit la « Fiancée en deuil » se proposa un jour d'écrire la Veuve en deuil, dessein qu’il n’a pu réaliser. » Nous n’avons pas pu trouver la source
de cette information. Au contraire, nous croyons qu'une pièce dans ce genre à suffi à l'auteur de « The Mourning Bride », — comme à nous !
| | Congrève à l'apogée de : sa gloire, à Ja veille d’une « catastrophe »
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«The Mourning Bride » n’a pas résisté à la critique dutemps, mais sur le moment elle a été, malgré l’enflure du style et les artifices, un véritable évènement pour un public dont lappetit moral, plutôt que le sentiment tue manquait à à cette époque de pâture.
L'héroïsme exalté des da amants, les souffrances d’une
princesse idéale, un vers plein des meilleures intentions, tout.
cela réhabilitait en quelque sorte Congreve des excès de ses
deux comédies, et le haussait sur un piédestal moral où il ne s'était pas trop soucié de se placer.
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La dédicace de la pièce contribuait énormément à cet effet... Elle était adressée à la Princesse Royale Anne de Danemark. |
« Si dans cette pièce, » dit-il, « que j’offre humblement à Votre Altesse Royale, la ressemblance avec une des nombreuses: qualités que vous possédez à un si haut degré, est exprimée de manière à obtenir tant soi peu de |’ approbation de Votre Altesse.
Royale, mon but est atteint, mon ambition est satisfaite.
La pièce fut jouée avec autant de succès. que « Love for Love », et la représentation, dont Congreve n’espérait pas retirer peu de profit, trouva un public avide de. vertus imaginaires, l'espérance de l’auteur ne fut pas déçue car les bénéfices.
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> matériels ne pnout: Surpassée: que par les avantages d'ordre moral et littéraire qui en découlèrent.
Sa | Caprice du temps ! Alors que sa meilleure comédie, de
l'avis des critiques modernes, avait failli échouer, par « The Mourning Bride » l auteur tragique chez see se trouva être
aus égal, sinon supérieur d’après quelques-uns, à l’auteur comique
et la plus mauvaise de ses pièces fut estimée me plus parfaite des tragédies écrites à cette époque.
Pour nous faire une idée exacte de l'importance de la date de « The Mourning Bride » dans la carrière de Congreve, il nous va falloir revenir à son premier chroniqueur, tant de fois Cité, qui deux ans après la pièce pouvait encore dire art Cette Diéee a eu le plus grand succès, non seulement de toutes les pièces de -Congreve, mais encore de toutes les pièces dont je puisse me souvenir sur la scène sans en excepter même une seule de É incomparable Otway.
La première édition de la pièce fut vite enlevée et Congreve - pouvait à juste titre, avec son génie si varié, passer maintenant pour le plus grand auteur de sa génération.
Rien de plus caractéristique que la manière dont le on parmi ses contemporains, celui qui devait être le leader de la génération suivante. : ee
Dans l’ « Epistola Latina Honoratissima viro Carolo Montague Armigero, Scacharii Cancellario, Aerarïi praefecto » (4),
à qui il envoie d'Oxford son poème latin relatif à « Pax Gulielmi Auspiciis Europae reddita », Addison, ayant mal traité le sujet qui d’ailleurs avait été aussi néfaste à la muse de Congreve, trouve cependant à propos, en dépit des pamphlétaires rebelles,
(1) Pas encore Lord Hafifax.
son éloge d avril 1698, ‘termes suivants : su 4 ls STE PR AE ÿ
Quod si Gongrevus ille uns pr quo sole, pu ne Cor- UE reptus, materiam hanc non exornasset, vix tanti esset ipsa Pax ne ut illa laetaremus tot perditissimus Poetis tam misére €
en part de notre > pote ‘dans es
D’ autres jeunes écrivains se rangent autour dp Los pour le fêter de leur mieux. Voici Catharine Trotter, celle qui . es dès l’âge de quatorze ans (c’est à dire en 1693) avait envoyé Ce Mr. Bevill Higgons (1) des vers sur son heureuse guérison de la € 1
petite vérole. Récemment couverte des lauriers de la Tragédie Agnes de Castro (1695-96), la précoce panégyriste envoie en 1697, à Mr. Congreve, on his Tragedy, « The Mourning Bride » des vers qu'a on n adresse seulement à un chef d’ école. | :
Had Heav'n bestow'd on me half Sappho’s flame
This noble theme had gain’d me larger fame Re For none can think great Congreve's to extend Or praising thee, ought but their own intend. Boundless thy fame does as thy genius flow,
Which spread so far, can now no limits know.
È This only part Was wanting to thy name
That wit’s whole empire ihou might justly claim,
Beaucoup ont tâché de Tubtret sur ce thème. Mais il n one fait que « le gâter ». Congreve seul
as its undoubted native lord Has to its ancient beauty thus restor'd, etc. Where can mfÿ praise begin or admiration cease | Sublime thy thoughts, easy thy numbers flow etc. Nor dare I aim at such à dangerous height, eut A task which well might Dryden’s muse engage, :Worthy the first, best poet of the age etc.
Re ’ (1) Greatly esteemed at that time for his wit and poetical talents (Dr. Birch).
ë tu Thou sov’ reign o’er the vast poetic land Se Unaided as uorivald do’ st command.
And not oblig’ d for fame, which cod give,
in thy own works thou shalt for ever live. LA
Assez flatté, rs Poète lui répond dans une lettre très COUTne — à l'avis du Dr. Kippis, en lui offrant sa potes ce avec encore une promesse : em as
« Je ne sais pas quand la princesse 1 m 'accordera . permis- sion de lui offrir ma pièce, dédiée à elle; mais dès que les formalités en seront prêtes, je prendrai le courage de vous en | envoyer une, » AA sa ee
Mais tandis que la pièce arrivait ct à sa seconde on “ un autre éloge, plus important encore, est adressé à Congreve d’une autre part, éloge d’autant plus significatif qu’il était
75 unique et le moins attendu. | :
Le sympathique « membre du: Collège des docténe de Londres » Dr. Richard Blackmore, n’était pas à cette époque précisément sympathique.
. Contrairement à. l° Arétin, il avait débuté — non poussé par la faim mais par la soif de la gloire — en 1695, par les dix livres du « Prince Arthur » l’ennuyeux poème héroïque destiné. à plusieurs éditions. Cette gloire, acquise en deux ans par trois éditions de son poème, avait fomenté contre lui une espèce de ligue des « Wits ». De l’arrière, Dennis et Dryden, les vieux adversaires, conduisaient l'artillerie lourde. | | de
Mais le bon docteur ne s’en émeut pas, et s’il critique ce dernier dans sa préface parce qu’il patronne l’immoralité sur Ja scène, il ne le fait qu'avec la même objectivité avec laquelle il dira plus tard dans la préface d’Alfred : « Mr. Dennis est supé-
rieur à Mr. Boileau en habileté critique. »
premier nie dans le ne. La the “pige cb an | second ripostera dans Ÿ Epistle to John Dryden.
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Il est bizarre cependant que malgré ce conflit qui. j souleva PE
tout le Will’s Coffee House contre le docteur, les rapports d’en- 1 tre Blackmore et Congreve, le plus pieux des fidèles, ‘le. plus
assidu des disciples de Dryden | n’en | restaient pas moins ami- Re
Caux. RER
Blackmore Al à se mettre SOUS la protection dé plus puissant des jeunes ou bien était-ce pure admiration pour un. poète, du camp adverse, mais qui était une exception comme mœurs et comme talent ? (1)
L'une et l’autre Dhs sont également en faveur de Congreve. En tout cas Blackmore adresse un éloge chaleureux à « The Mourning Bride » dans la préface aux 12 livres du Roi Arthur de 1697, peu après avoir été crée Chevalier par Guillaume et médecin médaillé du palais. Dans cette préface il place la pièce de Congreve bien au-dessus de l'Ecole de Dryden Ë avec laquelle elle formerait même un contraste frappant. PER
. Le moment est important et nous sommes reconnaissant au chroniqueur de 1699 d'avoir saisi ce moment et, satisfait de la. critique du docteur, d’avoir reproduit tout le pre
Le docteur dit que « The Mourning Bride » est la tragédie la plus parfaite qui ait été écrite à cette époque. Ce qui le charme ce n’est pas tant que la trame en soit, autant qu'il en puisse juger, d’une combinaison très artistique et magistrale,
(1) In his preface to « King Arthur » he endeavoured to gain at least one friend and propitiated Congreve by higher praise of his « MARens Bride » than it has obtained from any other crtick (Dr. Johnson).
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et que be caractères soient bien choisis et vigoureusement des- | sinés; mais plutôt c’est que « le vers en est approprié et que la F2 nature y apparaît heureusement imitée, sans images ou expres- | sions licensieuses, sans déclamation violente et: forcée ; car hormis quelques “exceptions, tout y est chaste, juste, décent: Cette tragédie a réussi admirablement et cela « Sans artificielle et stupide combinaison de farce et de bouffonnerie, sans tant de chant et de danse pour la rendre plus agréable ». « Cette pièce est donc une preuve qu’on peut écrire ainsi; que le génie ne justifie pas la prostitution de l’art et que cette tragédie décente et réglée deviendra un modèle à suivre par les génies honteux d’avoir écrit jusqu’à présent à la manière licencieuse introduite dans les dernières années et trop longtemps encouragée »,
C'était une vraie chance pour Congreve que, dans l’année où il était tant loué par le promoteur des attaques contre la scène, il ne se fût pas aliéné l’amitié de celui qui les avait causées ; car il ne faut pas oublier que c’est Juste cette même année que Dryden publie enfin la traduction de Virgile, préparée depuis deux ou trois ans. Comme une révélation d’un nouveau côté de l'heureux poète, Dryden y fera, tout aussi cordialement,
- l'éloge de l’érudit classique qu'était Congreve. Quel lustre ne devaient pas donner à l'autorité d’un poète mondain — poète comique, tragique et épique à l’occasion — des paroles comme celles-ci ? .
«Mr. Congreve m'a fait la faveur de revoir l’Enéide, et de comparer la version avec l’original. Je n’ai pas honte d’avouer
que cet excellent jeune poète m'a montré plusieurs fautes, que je me suis efforcé de corriger. Il est vrai qu'il aurait pu facile-
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AE nous. ne terminerons 1 ;
que les excès “raviront éertôs à. Atnd'e et FE a
devons le > portrait h littéraire de us S hrs l
< beaux succès, il n'hésite pas à drone tabté rase | des a itres poètes " ss Qu'il avait chantés dans l’Epître à Moyle ou à Hammond et se x st donne comme disciple exclusif du Cast Congreve. PRES ; jee À
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QE Let ter Poëts other Patio nr AE N ei .
__ Get their best prize and prostitude their muse US CU MTIAT On you my surer nobler hopes depend ; foi you are all I wish : ; you are à friend, LS : From you my muse her inspiration drew ; 5 re NÉ RRRE À AI she performs, I consecrate to you. des 08 You taught me first my Genius and my. Power, Taught me to Know my own, but gave me most.
Others may sparingly their wealth impart * ARMES But he gives Noblest, who bestows an art Nature and you alone can that confer | And I owe you what yourself owe. her.
O ! Congreve, could I write in verse like thine, Then in each Page, in every charming line =.
Should gratitude and sacred friendship shine. Re Your lines run all on easy, even feet ; ; À REA Clear is your sense and your expression sweet. Rich is your Fancy and your numbers go a Serene and smooth as crystall waters flow. ..Nor does your verse alone our passions move : à Le Beyond the poet, we the person love. er
(1) Dédicace à John Marquis of Normandy, Earl of Mulgrave.
mi * of wit Ar andour the mind ; have thei charms and both give that dclignt ; S pity that you should or should not write.
But your. strong genius Fortune’s PONR, deties And in despight ‘of Poetry, you rise." !”) To you the favour of the World is ns RU ce
$ Enough for any. merit but your own. “re es ci = Se fortune rises equal with your Fame
- The best of Poets, but above the: name,
— Ft L'auteur termine la louange qe poète par celle de l’ami | . qu ‘il possède en Congreve, en, disant que € est à Jui qu de est I de ce qu s est et qu A ne peut lui rendre. ue
> por rait « « full -size », l'éloge le plus risqué qu ‘ait jamais ; fait à un poète jeune un autre poète, ne S ’adresse pas à un. : simple é écrivain mais à un chef d’Ecole qui, du haut de son trône,
k ; reçoit les adorations et l’encens du prêtre et des néophytes.
# Mais le « vœu » du fervent Hopkins
Fur A Qt May you never miss deserv'd success. ie But raise your Fortunes ’till I wish them less.